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{"id":3462,"date":"2025-07-11T07:10:50","date_gmt":"2025-07-11T10:10:50","guid":{"rendered":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/?p=3462"},"modified":"2025-07-11T07:10:50","modified_gmt":"2025-07-11T10:10:50","slug":"mouvement-liturgique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/?p=3462","title":{"rendered":"Mouvement liturgique"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Sommaire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Introduction<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 \u00c9tapes historiques du mouvement liturgique<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>1.1 Pr\u00e9-histoire du Mouvement liturgique<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>1.2 D\u00e9but et th\u00e9ologie du Mouvement liturgique<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>1.3 D\u00e9veloppement du Mouvement liturgique<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>1.4 Le Mouvement liturgique au Br\u00e9sil<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 La contestation du Mouvement liturgique<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3 Nouvelle phase du Mouvement liturgique<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Conclusion<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9f\u00e9rences<\/p>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Introduction <\/strong><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">En jetant un bref regard sur l&#8217;histoire de la liturgie, nous nous rendons compte qu&#8217;il y a toujours eu des p\u00e9riodes historiques o\u00f9 la liturgie a \u00e9t\u00e9 reconnue avec une attention particuli\u00e8re, au point de se caract\u00e9riser dans toute la vie de l&#8217;\u00c9glise et \u00e0 toutes les \u00e9poques comme source et sommet de la vie chr\u00e9tienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, un grand mouvement de renouveau liturgique prend de l&#8217;ampleur dans l&#8217;\u00c9glise d&#8217;Occident. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle le Mouvement liturgique, qui a eu sa pr\u00e9-histoire \u00e0 l&#8217;\u00e9poque des Lumi\u00e8res (XVIIIe si\u00e8cle) et de la restauration catholique (XIXe si\u00e8cle). Le Mouvement liturgique est n\u00e9 de la n\u00e9cessit\u00e9 pour l&#8217;\u00c9glise de retrouver son identit\u00e9. Souffrant de l&#8217;influence de l&#8217;individualisme et du rationalisme modernes, le culte de l&#8217;\u00c9glise, ses formes de c\u00e9l\u00e9bration et sa th\u00e9ologie avaient \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9s au second plan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la tourmente de la R\u00e9volution fran\u00e7aise et l&#8217;\u00e9chec des id\u00e9es des Lumi\u00e8res, la p\u00e9riode suivante, le Romantisme, a eu une influence positive sur la liturgie. En effet, cette p\u00e9riode a \u00e9veill\u00e9 le sens de l&#8217;histoire et a conduit de nombreux clercs et simples fid\u00e8les \u00e0 rechercher l&#8217;origine et la signification des gestes, des v\u00eatements, des rites, des objets et des f\u00eates dans la liturgie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9sir de renouveau contamine bient\u00f4t les \u00c9glises europ\u00e9ennes. En Allemagne, les \u00e9tudes de th\u00e9ologie sont promues par les professeurs de l&#8217;Universit\u00e9 de T\u00fcbingen. La r\u00e9flexion th\u00e9ologique de ces professeurs, centr\u00e9e sur l&#8217;\u00c9glise comme corps mystique du Christ, a \u00e9t\u00e9 une pr\u00e9cieuse pr\u00e9paration pour le Mouvement liturgique. Nous examinerons ici de mani\u00e8re essentielle quelques personnages, \u00e9v\u00e9nements et probl\u00e8mes qui ont caract\u00e9ris\u00e9 le Mouvement liturgique et l&#8217;av\u00e8nement de Vatican II. Nous nous attarderons sur la pens\u00e9e de quelques personnes dont la r\u00e9flexion th\u00e9ologique a eu d&#8217;importantes implications dans la compr\u00e9hension et la conception de la liturgie et continue d&#8217;influencer encore aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>1 \u00c9tapes historiques du Mouvement liturgique<\/strong><\/h5>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><strong><em>1.1 Pr\u00e9-histoire du Mouvement liturgique<\/em> <\/strong><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au XVIIe si\u00e8cle s&#8217;inaugure le mouvement philosophico-culturel appel\u00e9 les Lumi\u00e8res, en nette opposition \u00e0 la vision et aux affirmations du Baroque, opulent et th\u00e9\u00e2tral dans ses formes. Les Lumi\u00e8res privil\u00e9gient l&#8217;essentiel et la sobri\u00e9t\u00e9 : \u00ab Dans la vision des Lumi\u00e8res de l&#8217;\u00e9poque, les \u00e9v\u00e9nements sont examin\u00e9s \u00e0 la lumi\u00e8re de la raison, sans exc\u00e8s de sentiment et en luttant contre l&#8217;ignorance et la superstition \u00bb (CONTE, 1992, p. 61). Les Lumi\u00e8res se sont oppos\u00e9es \u00e0 toutes les formes de pi\u00e9t\u00e9 populaire, consid\u00e9r\u00e9es par elles comme pleines de superstitions et de fanatisme. Elles critiquaient aussi s\u00e9v\u00e8rement les c\u00e9l\u00e9brations pompeuses et demandaient une liturgie plus sobre et essentielle, attentive \u00e0 favoriser la participation des fid\u00e8les. Des instances qui n&#8217;ont pas toujours \u00e9t\u00e9 accueillies par les eccl\u00e9siastiques, qui, au lieu du renouveau, pr\u00e9f\u00e9raient tout ce qui ne troublait pas la tranquillit\u00e9 de leur vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 cette p\u00e9riode, un grand int\u00e9r\u00eat est \u00e9galement n\u00e9 pour l&#8217;\u00e9tude des sources liturgiques anciennes, ni\u00e9es par les r\u00e9formateurs protestants. Parmi les grands, le cardinal th\u00e9atin Giuseppe Maria Tomasi (1649-1713), connu comme le \u00ab prince de la liturgie d&#8217;Occident \u00bb, m\u00e9rite une attention particuli\u00e8re ; il souhaitait ramener \u00e0 leur \u00ab forme originelle les offices et les rites en g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;\u00c9glise \u00bb (cf. DI PIETRO, 1986, p. 11).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Lumi\u00e8res ont \u00e9galement eu une grande influence sur la liturgie. Ce mouvement a d\u00e9clench\u00e9 un processus contre la centralit\u00e9 tridentine et l&#8217;ext\u00e9riorisation baroque exag\u00e9r\u00e9e. Les catholiques exigeaient une liturgie plus simple, adapt\u00e9e \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du peuple et comprise par lui. Le probl\u00e8me \u00e9tait que le clerg\u00e9 voyait la liturgie davantage comme une fonction \u00e9ducative du peuple que comme une c\u00e9l\u00e9bration du myst\u00e8re du Christ, ce qui a compromis le travail de r\u00e9forme. En tout cas, ce mouvement peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le d\u00e9but du Mouvement liturgique, qui culminera avec la r\u00e9forme liturgique de Vatican II. Et c&#8217;est \u00e0 partir de l\u00e0 que nous comprendrons que la liturgie est la source primordiale de la vie chr\u00e9tienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, en tant que tel, le Mouvement liturgique peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s r\u00e9cent, que ce soit par sa d\u00e9nomination ou par son contenu. L&#8217;expression \u00ab Mouvement liturgique \u00bb appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois en Allemagne, dans le <em>Vesperale<\/em> d&#8217;A. Schott, \u00e9dit\u00e9 en 1894, et a \u00e9t\u00e9 accueillie pour indiquer un ph\u00e9nom\u00e8ne historico-culturel typique de notre temps, bien que, tout au long de l&#8217;histoire, il y ait toujours eu des mouvements qui ont successivement abouti \u00e0 une transformation de la liturgie. Il est ardu, voire impossible, comme c&#8217;est le cas pour tout mouvement, de lui attribuer une d\u00e9finition synth\u00e9tique et compl\u00e8te. La meilleure est peut-\u00eatre celle que nous trouvons dans les mots de Neunheuser :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">un courant qui rassemble de vastes milieux dans la recherche d&#8217;un renouveau, en premier lieu, de la vie spirituelle elle-m\u00eame, en se laissant toucher par la force de la liturgie et, en second lieu, de la liturgie en soi, \u00e0 partir d&#8217;une compr\u00e9hension plus profonde de son esprit et des lois intimes qui la r\u00e9gissent. (NEUNHEUSER, 1992, p. 787)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">De cela, nous pouvons, pour simplifier, indiquer deux objectifs du Mouvement liturgique : faire de la liturgie la nourriture de la vie chr\u00e9tienne ; r\u00e9pondre \u00e0 la question : \u00ab Qu&#8217;est-ce que la liturgie ? \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut parler de deux instances : l&#8217;instance historico-herm\u00e9neutique et l&#8217;instance spirituelle. En elles sont implicites, et doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es, l&#8217;instance th\u00e9ologique et l&#8217;instance pastorale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La restauration liturgique tridentine a abouti \u00e0 un attachement tenace aux formes h\u00e9rit\u00e9es d&#8217;un Moyen \u00c2ge o\u00f9 la liturgie \u00e9tait devenue une affaire cl\u00e9ricale et \u00e9loign\u00e9e du peuple. La th\u00e9ologie du culte chr\u00e9tien, celle des P\u00e8res, avait \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9e et l&#8217;\u00e9v\u00e9nement du salut, op\u00e9rant dans l&#8217;action liturgique, restait totalement absent.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><em><strong>1.2 D\u00e9but et th\u00e9ologie du Mouvement liturgique<\/strong><\/em><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous n&#8217;avons pas l&#8217;intention d&#8217;entrer dans la discussion sur la p\u00e9riodisation du Mouvement liturgique ; pour notre propos, nous accueillons les phases indiqu\u00e9es par R. Guardini : \u00ab Le Mouvement liturgique a d&#8217;abord d\u00e9velopp\u00e9 une <em>phase restauratrice<\/em> ; puis une phase <em>acad\u00e9mique<\/em> ; enfin une phase <em>r\u00e9aliste<\/em> \u00bb (cf. GRILLO, 2007, p. 31), mais nous sommes d&#8217;avis que le Mouvement liturgique se poursuit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9but du Mouvement liturgique du XXe si\u00e8cle \u2013 pr\u00e9par\u00e9 dans les milieux monastiques et, surtout, \u00e0 Solesmes avec l&#8217;abb\u00e9 P. Gu\u00e9ranger \u2013 co\u00efncide g\u00e9n\u00e9ralement avec ce que l&#8217;on appelle l&#8217;\u00ab \u00e9v\u00e9nement de Malines \u00bb, une conf\u00e9rence tenue le 23 septembre 1909, au cours du Congr\u00e8s National des \u0152uvres Catholiques, par Lambert Beauduin (1873-1960), b\u00e9n\u00e9dictin de l&#8217;abbaye du Mont-C\u00e9sar, en Belgique, sur \u00ab La vraie pri\u00e8re de l&#8217;\u00c9glise \u00bb (cf. BEAUDUIN, 2010). Dans cette conf\u00e9rence, L. Beauduin a observ\u00e9 que dans le culte divin r\u00e9gnait l&#8217;individualisme religieux, que les assembl\u00e9es liturgiques avaient perdu leur caract\u00e8re communautaire, que les fid\u00e8les ne cherchaient Dieu que sous une forme d\u00e9votionnelle, ce qui appauvrissait de plus en plus la liturgie.\u00a0 Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 une affirmation tir\u00e9e du motu proprio <em>Tra le sollecitudini<\/em>, dans lequel le pape Pie X d\u00e9crivait la liturgie comme la source la plus importante et indispensable de l&#8217;\u00c9glise, L. Beauduin a affirm\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait n\u00e9cessaire d&#8217;entreprendre un chemin de renouveau liturgique, par lequel la c\u00e9l\u00e9bration communautaire de la liturgie retrouverait sa signification profond\u00e9ment eccl\u00e9siale. L&#8217;\u00c9glise en tant que <em>Corpus Christi mysticum<\/em>, que L. Beauduin avait mis en relation avec le renouveau liturgique, deviendra le th\u00e8me dominant de l&#8217;eccl\u00e9siologie de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle (cf. GOPEGUI, 2008, p. 18-26).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;av\u00e8nement de la papaut\u00e9 de Pie X (4 ao\u00fbt 1903) a marqu\u00e9 pour le ML le d\u00e9but d&#8217;un premier accueil officiel des demandes de renouveau. Avec sa premi\u00e8re encyclique, le pape annon\u00e7ait le programme de son pontificat : <em>Instaurare omnia in Christo<\/em>, et, entre-temps, par diff\u00e9rentes interventions, il a initi\u00e9 une premi\u00e8re r\u00e9forme de la liturgie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le motu proprio <em>Tra le sollecitudini<\/em>, du 22 novembre 1903, le pape d\u00e9clarait :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9tant en effet notre plus vif d\u00e9sir que l&#8217;esprit chr\u00e9tien refleurisse en tout et se maintienne chez tous les fid\u00e8les, il est n\u00e9cessaire de pourvoir avant tout \u00e0 la saintet\u00e9 et \u00e0 la dignit\u00e9 du temple, o\u00f9 les fid\u00e8les se r\u00e9unissent pr\u00e9cis\u00e9ment pour puiser cet esprit \u00e0 sa source premi\u00e8re et indispensable : la <em>participation active<\/em> aux tr\u00e8s saints myst\u00e8res et \u00e0 la pri\u00e8re publique et solennelle de l&#8217;\u00c9glise. (PIE X, 1903, dans l&#8217;Introduction)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;action de Pie X en faveur de la liturgie a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme une contribution tr\u00e8s importante au d\u00e9fi relev\u00e9 par le Mouvement liturgique. Les interventions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es pour la r\u00e9vision des livres de chant liturgique, pour la r\u00e9forme du psautier, sur la communion fr\u00e9quente, orientaient de mani\u00e8re d\u00e9cisive l&#8217;\u00c9glise vers une liturgie qui commen\u00e7ait \u00e0 retrouver sa juste place. Rousseau l&#8217;affirme \u00e9galement :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reconstruire la communaut\u00e9 des fid\u00e8les autour de la vie paroissiale ; r\u00e9veiller la ferveur du peuple par la participation active au saint sacrifice de la messe ; appr\u00e9cier la richesse des f\u00eates eccl\u00e9siales, la valeur des sacrements, des sacramentaux ; donner aux chr\u00e9tiens le go\u00fbt des saints myst\u00e8res, en les restaurant dans l&#8217;atmosph\u00e8re de l&#8217;\u00e2ge d&#8217;or de la foi, en les buvant \u00e0 grandes gorg\u00e9es \u00e0 tous les canaux de la gr\u00e2ce : voil\u00e0 ce qu&#8217;\u00e9tait, par excellence, son programme d&#8217;apostolat. Cette phrase a \u00e9t\u00e9 souvent cit\u00e9e : Il n&#8217;est pas n\u00e9cessaire de chanter ou de prier pendant la messe, mais nous devons chanter et prier la messe, ce qui contient d\u00e9j\u00e0 une attitude de pi\u00e9t\u00e9 liturgique, que ses actes ult\u00e9rieurs ne feront qu&#8217;amplifier. (ROUSSEAU, 1961, p. 236)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peu ont r\u00e9ussi \u00e0 saisir le contenu th\u00e9ologique des paroles du pape sur la <em>participation active des fid\u00e8les<\/em> \u00e0 la pri\u00e8re publique et solennelle de l&#8217;\u00c9glise. Peut-\u00eatre m\u00eame pour Pie X la question \u00e9tait-elle beaucoup plus sur le plan ext\u00e9rieur que th\u00e9ologique. Avec son discours, le pape cherchait \u00e0 surmonter la participation passive du peuple chr\u00e9tien aux c\u00e9l\u00e9brations liturgiques. Il n&#8217;en demeure pas moins que ses affirmations, gr\u00e2ce \u00e0 quelques th\u00e9ologiens du Mouvement liturgique de l&#8217;\u00e9poque, ont eu une r\u00e9percussion notable sur la vie de l&#8217;\u00c9glise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 partir des affirmations de Pie X que le Mouvement liturgique \u2013 qui s&#8217;est ins\u00e9r\u00e9 dans une vision renouvel\u00e9e de l&#8217;\u00c9glise port\u00e9e par quelques th\u00e9ologiens, parmi lesquels surtout J. A. M\u00f6hler \u2013 se proposait essentiellement trois objectifs : 1) favoriser et accro\u00eetre la participation active des fid\u00e8les \u00e0 la liturgie ; 2) revaloriser l&#8217;art sacr\u00e9 ; 3) red\u00e9couvrir la vision th\u00e9ologique de la liturgie et sa dimension pastorale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La liturgie a d\u00fb se lib\u00e9rer de l&#8217;image juridique, surmonter la phase historiciste pour atteindre une base th\u00e9ologique sur laquelle ont \u00e9t\u00e9 greff\u00e9es les r\u00e9formes de type pastoral. Par cons\u00e9quent, une nouvelle vision de l&#8217;\u00c9glise a caract\u00e9ris\u00e9 les d\u00e9buts du Mouvement liturgique. Tout le climat de transformation politique, philosophique, th\u00e9ologique et historico-culturelle qui s&#8217;est cr\u00e9\u00e9 entre la p\u00e9riode du Romantisme et des Lumi\u00e8res a aid\u00e9 les la\u00efcs catholiques \u00e0 acqu\u00e9rir une plus grande conscience de leur appartenance \u00e0 l&#8217;\u00c9glise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette situation historique, culturelle et religieuse qui avait cr\u00e9\u00e9 et diffus\u00e9 l&#8217;image de l&#8217;\u00c9glise comme soci\u00e9t\u00e9 juridiquement parfaite \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9e. Ce fut le Mouvement liturgique, conjointement \u00e0 l&#8217;\u00e9panouissement des \u00e9tudes sur les P\u00e8res de l&#8217;\u00c9glise, qui a contribu\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9cisive et profonde \u00e0 red\u00e9couvrir des images, des mod\u00e8les et des interpr\u00e9tations de l&#8217;\u00c9glise auxquels on n&#8217;avait accord\u00e9 aucune attention jusqu&#8217;alors. Dans la conviction de fond que le divorce entre le peuple et l&#8217;\u00c9glise provenait principalement de la d\u00e9saffection pour la liturgie, P. Parsch et son collaborateur J. Casper se sont engag\u00e9s dans la promotion de la <em>Volksliturgie<\/em> dans les paroisses fr\u00e9quent\u00e9es par les intellectuels et le peuple en g\u00e9n\u00e9ral. Leur \u0153uvre sera poursuivie plus tard par les j\u00e9suites H. Rahner et J. A. Jungmann, \u00e0 travers ce qu&#8217;on a appel\u00e9 la <em>th\u00e9ologie k\u00e9rygmatique<\/em>. De mani\u00e8re particuli\u00e8re, Jungmann, avec la red\u00e9couverte de la centralit\u00e9 du myst\u00e8re pascal, concentrera sa r\u00e9flexion sur le caract\u00e8re k\u00e9rygmatique de la liturgie, conjugu\u00e9 \u00e0 une conception de l&#8217;\u00c9glise comme <em>plebs sancta<\/em>, o\u00f9 l&#8217;id\u00e9e de l&#8217;\u00c9glise comme corps mystique est orient\u00e9e vers une eccl\u00e9siologie fortement communautaire et eucharistique (cf. PAIANO, 1993, p. 72).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Mouvement liturgique pr\u00e9sentait aux hommes de son temps<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Non pas un nouveau visage de l&#8217;\u00c9glise, mais plut\u00f4t un visage qui \u00e9tait rest\u00e9 longtemps dans l&#8217;ombre ; en effet, il cherchait \u00e0 les rapprocher le plus possible de ce que l&#8217;\u00c9glise \u00e9tait dans sa nature la plus profonde, c&#8217;est-\u00e0-dire de son \u00eatre sacramentel et de ses c\u00e9l\u00e9brations liturgiques, tout en leur enseignant que l&#8217;\u00c9glise est le \u00ab corps mystique \u00bb du Christ, c&#8217;est-\u00e0-dire le myst\u00e8re du Christ qui prolonge son existence humaine. Et de cette nouvelle communaut\u00e9 eccl\u00e9siale red\u00e9couverte dans les <em>circunstantes<\/em> (les participants), qui sont pr\u00e9cis\u00e9ment les participants \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration, le point central est l&#8217;autel (NEUNHEUSER, 1987, p. 22).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Romano Guardini comprenait la relation entre le Mouvement liturgique et l&#8217;\u00c9glise en d\u00e9crivant le premier comme un courant tr\u00e8s vigoureux du mouvement eccl\u00e9sial, allant jusqu&#8217;\u00e0 affirmer qu&#8217;il \u00e9tait \u00ab le mouvement eccl\u00e9sial dans son aspect contemplatif. L\u00e0, l&#8217;\u00c9glise est ins\u00e9r\u00e9e comme une r\u00e9alit\u00e9 religieuse dans la vie de pri\u00e8re. La vie personnelle fera partie de la vie eccl\u00e9siale \u00bb (GUARDINI, 1989, p. 39). L&#8217;interp\u00e9n\u00e9tration vitale entre l&#8217;\u00c9glise et la liturgie est mise en \u00e9vidence de mani\u00e8re embl\u00e9matique ainsi : \u00ab la liturgie est la cr\u00e9ation r\u00e9demptrice et priante, parce qu&#8217;elle est l&#8217;\u00c9glise priante \u00bb (GUARDINI, 1989, p. 39).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce nouvel ordre d&#8217;id\u00e9es s&#8217;affirmait de plus en plus, surtout en Belgique, gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;\u0153uvre de L. Beauduin qui, avec les moines du monast\u00e8re du Mont-C\u00e9sar, promouvait les fameuses <em>Semaines et conf\u00e9rences liturgiques<\/em>, avec l&#8217;apparition des grandes revues liturgiques. Parmi les nombreuses, nous rappelons particuli\u00e8rement la revue <em>Les questions liturgiques<\/em>, dont Beauduin fut le fondateur, et qui devint tr\u00e8s rapidement <em>Les questions liturgiques et paroissiales<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le programme de restauration liturgique du pape Pie X devient en quelque sorte le programme de dom L. Beauduin. Il comprit que pour la sanctification du peuple de Dieu, il \u00e9tait n\u00e9cessaire de commencer par une formation ad\u00e9quate du clerg\u00e9 qui, ensuite, travaillerait pastoralement dans les paroisses, lieu o\u00f9 le peuple de Dieu est rassembl\u00e9 et organis\u00e9 (cf. BEAUDUIN, 1914).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l&#8217;introduction au recueil des \u0153uvres de L. Beauduin, publi\u00e9 \u00e0 l&#8217;occasion de ses 80 ans, trois m\u00e9rites fondamentaux de l&#8217;\u0153uvre du moine b\u00e9n\u00e9dictin belge ont \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9s : avoir initi\u00e9 le Mouvement liturgique gr\u00e2ce \u00e0 la richesse des initiatives promues ; avoir fourni un programme et une doctrine au m\u00eame mouvement, qui ont d\u00e9montr\u00e9 son engagement pour que les activit\u00e9s d\u00e9velopp\u00e9es puissent avoir un impact sur le terrain proprement pastoral ; l&#8217;int\u00e9r\u00eat pour l&#8217;eccl\u00e9siologie ainsi qu&#8217;une grande sensibilit\u00e9 et ouverture \u0153cum\u00e9nique, r\u00e9sultant d&#8217;une intense r\u00e9flexion th\u00e9ologique sur la liturgie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Beauduin, la liturgie est le culte de l&#8217;\u00c9glise<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toute la force novatrice de cette simple d\u00e9finition r\u00e9side dans le mot \u00ab \u00e9glise \u00bb, qui sp\u00e9cifie au sens formellement chr\u00e9tien le \u00ab culte \u00bb. Celui-ci, en effet, re\u00e7oit de l&#8217;\u00ab \u00e9glise \u00bb son caract\u00e8re \u00ab public \u00bb et \u00ab communautaire \u00bb, non pas, cependant, dans un sens qui rendrait le culte chr\u00e9tien semblable \u00e0 n&#8217;importe quel culte, provenant de n&#8217;importe quelle \u00ab soci\u00e9t\u00e9 \u00bb qui l&#8217;\u00e9tablirait par la loi, mais bien dans le sens que l&#8217;\u00ab \u00e9glise \u00bb, \u00e9tant dans le monde la continuation du Christ, exerce ce culte tout sp\u00e9cial et parfait que le Christ a rendu au P\u00e8re dans sa vie terrestre. Le culte de l&#8217;\u00e9glise est donc, avant tout, un culte chr\u00e9tien au sens \u00e9minent, car en lui s&#8217;exprime la nature propre de l&#8217;\u00e9glise, qui est une communaut\u00e9 visiblement r\u00e9unie autour du Christ. (MARSILI, 1992, p. 640)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la d\u00e9finition de la liturgie de Beauduin, l&#8217;eccl\u00e9sialit\u00e9 ressort comme l&#8217;aspect dominant de la liturgie. Est donc liturgie, tout et seulement ce que l&#8217;\u00c9glise reconna\u00eet comme sien dans les actes de culte, parce que l&#8217;\u00c9glise est la continuation du Christ. En effet, le sujet unique et universel du culte de l&#8217;\u00c9glise est le Christ ressuscit\u00e9 et glorieux. C&#8217;est Lui qui exerce notre culte et accomplit ici sur terre toute notre liturgie. Et c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment en vertu de cette pr\u00e9sence active du Christ dans l&#8217;histoire, par le biais de son \u00c9glise, que la liturgie peut \u00eatre d\u00e9finie comme l&#8217;exercice du sacerdoce du Christ, moment par lequel Il nous constitue en sa communaut\u00e9 et nous transforme en son corps mystique. Un tel sacerdoce<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) est <em>personnel<\/em>, et cela veut dire que c&#8217;est le sacerdoce personnel du Christ qui agit par l&#8217;interm\u00e9diaire de ceux qui sont ses <em>ministres<\/em> en vertu d&#8217;un sacrement ; b) est <em>collectif<\/em> (nous dirions \u00ab communautaire \u00bb) tandis que le Christ, r\u00e9unissant en lui toute l&#8217;humanit\u00e9 rachet\u00e9e, exerce \u00ab une action sacerdotale collective et solidaire, en faveur et au profit de toute sa communaut\u00e9 \u00bb ; c) est <em>hi\u00e9rarchique<\/em>, c&#8217;est-\u00e0-dire que, bien que ce soit \u00ab le Christ lui-m\u00eame qui exerce ici sur terre son sacerdoce \u00bb, n\u00e9anmoins, voulant le rendre visible, il choisit pour lui des \u00ab ministres, des instruments qui agissent en son nom et avec son pouvoir, et c&#8217;est l\u00e0 le sacerdoce catholique, transmission sacramentelle de l&#8217;unique sacerdoce du Christ \u00bb. (MARSILI, 1987, p. 91)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marsili a observ\u00e9 qu&#8217;\u00ab aujourd&#8217;hui, il est facile d&#8217;\u00e9valuer cette synth\u00e8se de la th\u00e9ologie de la Liturgie pr\u00e9sent\u00e9e dans les lointaines ann\u00e9es 1912-1920, (&#8230;), mais \u00e0 cette \u00e9poque, ce fut un fait vraiment extraordinaire et tous ne l&#8217;ont pas compris dans sa pleine valeur \u00bb (MARSILI, 1987, p. 91-92).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la lumi\u00e8re de la r\u00e9flexion liturgique et eccl\u00e9siologique actuelle, cependant, une critique peut \u00eatre adress\u00e9e \u00e0 l&#8217;explication de la nature sacerdotale de la liturgie offerte par Beauduin. Quand il parle de la liturgie comme de l&#8217;<em>exercice du sacerdoce du Christ dans l&#8217;\u00c9glise<\/em>, ici, l&#8217;<em>\u00e9glise<\/em> n&#8217;est que la hi\u00e9rarchie. Le Christ exerce bien une action sacerdotale en faveur et au b\u00e9n\u00e9fice de toute sa communaut\u00e9, mais il le r\u00e9alise par l&#8217;interm\u00e9diaire de ses ministres. De la pr\u00e9misse sur la nature <em>collective<\/em> du <em>sacerdoce du Christ<\/em>, Beauduin n&#8217;arrive pas \u00e0 la conclusion que tous les fid\u00e8les agissent dans le Christ en exer\u00e7ant leur sacerdoce commun. Il a clairement affirm\u00e9 qu&#8217;il faut dire avec beaucoup de prudence que <em>dans le Christ tous ont un v\u00e9ritable sacerdoce<\/em> \u2013 le sacerdoce universel \u2013 et ce, parce que, en raison du mouvement protestant qui niait le sacerdoce minist\u00e9riel, cela pouvait cr\u00e9er de la confusion dans les esprits (BEAUDUIN, 1954, p. 87).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que Beauduin ne soit pas parvenu \u00e0 approfondir la r\u00e9flexion th\u00e9ologique sur le sacerdoce commun des fid\u00e8les, il faut reconna\u00eetre que sa pens\u00e9e est celle qui a p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 le plus profond\u00e9ment le Mouvement liturgique, et ce \u00ab peut-\u00eatre en raison de son traditionalisme et de sa nouveaut\u00e9 r\u00e9unis, peut-\u00eatre en raison de son ouverture \u00e0 la dimension eccl\u00e9siologique, peut-\u00eatre en raison de sa capacit\u00e9 \u00e0 \u2018unir\u2019 le moment sanctificateur et cultuel de la liturgie, peut-\u00eatre en raison des \u2018retomb\u00e9es\u2019 \u00e9videntes d&#8217;une telle vision sur le plan de la spiritualit\u00e9 et des pastorales \u00bb (CATELLA, 1998, p. 32). C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment la r\u00e9flexion th\u00e9ologico-liturgique de Beauduin qui a favoris\u00e9 la r\u00e9\u00e9valuation de la liturgie, en lui donnant un caract\u00e8re th\u00e9ologique, et a encore accru son lien avec la christologie et l&#8217;eccl\u00e9siologie<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">En pourvoyant \u2013 par cons\u00e9quent \u2013 \u00e0 la vision de la relation intrins\u00e8que entre Christ-\u00c9glise-Liturgie et \u00e0 l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une red\u00e9couverte\/r\u00e9v\u00e9lation\/r\u00e9forme de la praxis et de la spiritualit\u00e9 liturgique, on aurait produit une r\u00e9forme\/renaissance de l&#8217;\u00c9glise elle-m\u00eame. Non seulement cela, mais cette synth\u00e8se sera accueillie dans l&#8217;encyclique <em>Mediator Dei<\/em> (1947) par le pape Pie XII, qui sera ressentie comme la <em>magna charta<\/em> du mouvement liturgique. (CATELLA, 1998, p. 32)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre point pertinent de la vision liturgique de L. Beauduin est sa pens\u00e9e sur la relation existante entre l&#8217;eccl\u00e9siologie et l&#8217;eucharistie. L&#8217;eucharistie est la conjonction du ciel et de la terre, elle est le symbole de l&#8217;\u00c9glise \u00e9difi\u00e9e sans cesse. Quand le chr\u00e9tien vit authentiquement la liturgie et, de mani\u00e8re particuli\u00e8re, la c\u00e9l\u00e9bration de la messe, \u00e0 ce moment-l\u00e0, il d\u00e9veloppe l&#8217;esprit d&#8217;appartenance \u00e0 l&#8217;\u00c9glise. La red\u00e9couverte de la th\u00e9ologie liturgique pr\u00e9suppose et comporte une nouvelle conception de l&#8217;\u00c9glise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En Rh\u00e9nanie, le monast\u00e8re de Maria Laach cherchait \u00e0 poursuivre le chemin entam\u00e9, en se consacrant avant tout \u00e0 la formation du milieu universitaire, des professeurs et du clerg\u00e9 \u2013 dans l&#8217;espoir que ces derniers pourraient faire avancer l&#8217;id\u00e9al d&#8217;une vie chr\u00e9tienne comme vie liturgique \u2013, se transformant en un centre de formation et de r\u00e9forme liturgique allemande. En 1913, avant d&#8217;\u00eatre nomm\u00e9 abb\u00e9, dom Ildefons Herwegen a rencontr\u00e9 un petit groupe de la\u00efcs (avec H. Br\u00fcning et R. Schumann) qui a exprim\u00e9 le d\u00e9sir d&#8217;une plus grande participation aux c\u00e9l\u00e9brations liturgiques. L&#8217;ann\u00e9e suivante, le jeune abb\u00e9 a invit\u00e9 un groupe un peu plus nombreux au monast\u00e8re pour la Semaine Sainte de 1914, au cours de laquelle, pour la premi\u00e8re fois, la messe dialogu\u00e9e a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9e. Sous la direction de l&#8217;abb\u00e9 Herwegen, avec deux autres moines, Cunibert Mohlberg et Odo Casel, et en collaboration avec Romano Guardini, F. R. Dolger et Anton Baumstark, ils ont ouvert la voie au Mouvement liturgique allemand. En 1918, ils ont organis\u00e9 une triple s\u00e9rie de publications : le premier volume de la collection <em>Ecclesia orans<\/em> est apparu, ainsi que les s\u00e9ries <em>Liturgiegeschichtliche Quellen<\/em> et <em>Liturgiegeschichtliche Forschungen<\/em> (1919). Trois ans plus tard, ils ont lanc\u00e9 le p\u00e9riodique <em>Jahrbuch fur Liturgiewissenschaft<\/em> (NEUNHEUSER, 1987, p. 25).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l&#8217;int\u00e9rieur de ce nouvel ordre d&#8217;id\u00e9es, la contribution d&#8217;O. Casel, philologue des langues classiques anciennes, fut grande. Amoureux des sources, il a construit toute sa doctrine th\u00e9ologique sur la Sainte \u00c9criture et sur les P\u00e8res de l&#8217;\u00c9glise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Casel, l&#8217;\u00c9glise est le corps mystique du Christ qui se r\u00e9alise lui-m\u00eame dans le culte qu&#8217;il offre au P\u00e8re. Le sujet de chaque action liturgique est donc le corps du Christ. Et c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui conf\u00e8re \u00e0 la liturgie une sup\u00e9riorit\u00e9 par rapport aux autres d\u00e9votions ou pratiques pieuses. C&#8217;est dans la liturgie que se produit la pr\u00e9sence active et vivifiante du Seigneur ressuscit\u00e9. Par le biais de la liturgie, en effet, le myst\u00e8re du Christ devient le myst\u00e8re de l&#8217;\u00c9glise, et l&#8217;\u00c9glise existe dans le temps et l&#8217;espace comme myst\u00e8re du Christ. Ainsi, dans la liturgie, l&#8217;\u00c9glise n&#8217;annonce pas seulement le salut, mais elle l&#8217;actualise, le rendant pr\u00e9sent aux hommes aujourd&#8217;hui r\u00e9unis pour la c\u00e9l\u00e9bration des divins myst\u00e8res. Cela se produit sp\u00e9cialement pendant la c\u00e9l\u00e9bration de l&#8217;eucharistie. C&#8217;est dans <em>Il mistero della Chiesa<\/em> que l&#8217;auteur exprime clairement cette ligne de pens\u00e9e :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">ceci est le sacrifice des chr\u00e9tiens : nous, les nombreux, nous sommes un seul corps dans le Christ. L&#8217;<em>ecclesia<\/em> c\u00e9l\u00e8bre ce sacrifice dans le myst\u00e8re de l&#8217;autel bien connu des fid\u00e8les ; ici, il lui est montr\u00e9 comment, dans la chose qu&#8217;elle sacrifie, elle-m\u00eame est sacrifi\u00e9e. [\u2026] La t\u00eate s&#8217;est d&#8217;abord sacrifi\u00e9e elle-m\u00eame, afin que le corps p\u00fbt s&#8217;unir \u00e0 elle. En vertu de son sacrifice, nous pouvons maintenant aussi sacrifier ; dans l&#8217;eucharistie, nous nous sacrifions avec le Christ, qui pr\u00e9sente au P\u00e8re sa nature humaine et nous tous en elle. Ce sacrifice de l&#8217;<em>ecclesia<\/em>, l&#8217;eucharistie, est la pr\u00e9sentation quotidienne du myst\u00e8re du sacrifice du Christ qui inclut en lui le sacrifice de tous les membres. L&#8217;<em>ecclesia<\/em> s&#8217;offre elle-m\u00eame par le Christ et dans le Christ ; elle ne sacrifie pas par son propre pouvoir, ni selon un mode propre, mais par le Seigneur ; plus pr\u00e9cis\u00e9ment, elle s&#8217;offre ainsi dans toute son essence, car elle est incluse dans la r\u00e9alit\u00e9 du Seigneur, c&#8217;est-\u00e0-dire dans son corps immol\u00e9 et glorifi\u00e9. (CASEL, 1965, p. 408-409)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Il ne nous semble pas risqu\u00e9 d&#8217;affirmer que c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment en raison d&#8217;une telle vision de l&#8217;\u00c9glise, et en particulier du myst\u00e8re de la pr\u00e9sence active du Christ dans la liturgie, qu&#8217;elle est devenue l&#8217;id\u00e9e centrale de la Constitution liturgique. Cela constituerait \u2013 apr\u00e8s une p\u00e9riode de dure opposition \u00e9galement de la part du magist\u00e8re \u2013 une tr\u00e8s haute reconnaissance de la r\u00e9flexion et de l&#8217;\u0153uvre du moine b\u00e9n\u00e9dictin.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><em><strong>1.3 D\u00e9veloppement du Mouvement liturgique<\/strong><\/em><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le renouveau liturgique ne fut pas un courant de pens\u00e9e limit\u00e9 seulement \u00e0 la Belgique, \u00e0 l&#8217;Allemagne et \u00e0 la France, mais il se diffusa dans d&#8217;autres r\u00e9gions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1911, a eu lieu aux Pays-Bas, \u00e0 Br\u00e9da, le congr\u00e8s liturgique qui a conduit en 1912 et en 1914 \u00e0 la fondation de la Soci\u00e9t\u00e9 liturgique respectivement des dioc\u00e8ses de Haarlem et d&#8217;Utrecht, et de la F\u00e9d\u00e9ration liturgique n\u00e9erlandaise, en 1915.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En Autriche, le Mouvement liturgique s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9 sous la direction de l&#8217;augustin Pio Parsch de Klosterneuburg, qui a publi\u00e9 <em>Das Jahr des Heils<\/em> (1923), un commentaire du missel et du br\u00e9viaire pour toute l&#8217;ann\u00e9e liturgique, et la revue <em>Bibel und Liturgie<\/em> (1926).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Mouvement liturgique a \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 prendre forme dans d&#8217;autres pays europ\u00e9ens avec des accents divers selon le climat culturel et eccl\u00e9sial propre \u00e0 chaque pays. Il y eut une \u00e9volution significative en Espagne, dirig\u00e9e principalement par le monast\u00e8re de Montserrat, au Portugal, en Suisse, en Angleterre, dans l&#8217;ancienne Tch\u00e9coslovaquie, en Hongrie et en Pologne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En Italie, les personnes et les milieux qui, vers ces ann\u00e9es-l\u00e0, vivaient et participaient \u00e0 l&#8217;\u00e9veil liturgique et eccl\u00e9siologique en cours ne manquaient pas. Cependant, selon le jugement d&#8217;E. Cattaneo, le Mouvement liturgique en Italie n&#8217;a pas eu le m\u00eame succ\u00e8s que dans d&#8217;autres pays. Deux raisons expliquent cette circonstance :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re \u00e9tait constitu\u00e9e par le traditionalisme spirituel ancr\u00e9 \u00e0 un cat\u00e9chisme ancien et \u00e0 une pi\u00e9t\u00e9 d\u00e9votionnelle [&#8230;], la seconde fut l&#8217;absence, dans le mouvement, des \u00e9v\u00eaques italiens \u2013 \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s [&#8230;] \u2013 explicable par la coutume de notre maison d&#8217;attendre le verbe de Rome par un hommage d\u00e9di\u00e9 au Primat d&#8217;Italie, le Souverain Pontife, et par une d\u00e9pendance accentu\u00e9e vis-\u00e0-vis des organes de la curie romaine. (CATTANEO, 2003, p. 505-506)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 cette consid\u00e9ration, \u00e0 notre avis, l&#8217;\u0153uvre du Mouvement liturgique en Italie doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme importante, tant sur le plan th\u00e9ologique que pastoral. Sur le plan th\u00e9ologique, l&#8217;\u0153uvre d\u00e9velopp\u00e9e par M. Righetti fut remarquable, il s&#8217;est consacr\u00e9 surtout \u00e0 accro\u00eetre la r\u00e9flexion th\u00e9ologico-liturgique, en publiant des \u00e9tudes scientifiques d&#8217;un int\u00e9r\u00eat particulier. Une place de choix est \u00e9galement occup\u00e9e par la <em>Revista Liturgica<\/em>, fond\u00e9e en 1914 pr\u00e8s du monast\u00e8re b\u00e9n\u00e9dictin de Finalpia (Savone) et dont le premier directeur fut dom E. Caronti. Un collaborateur insigne de la revue fut le moine dom I. Schuster, qui devint plus tard \u00e9v\u00eaque de l&#8217;archidioc\u00e8se de Milan. Schuster a enrichi la revue par la publication de ses \u00e9tudes qui, recueillies et organis\u00e9es, sont devenues une partie fondamentale de son \u0153uvre <em>Liber sacramentorum<\/em>. Du point de vue pastoral, les semaines liturgiques organis\u00e9es, surtout \u00e0 l&#8217;initiative de G. Bevilacqua de l&#8217;Oratoire de Brescia, furent pertinentes. La premi\u00e8re semaine a eu lieu \u00e0 Brescia, en 1922.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La m\u00eame ann\u00e9e o\u00f9 fut fond\u00e9e la <em>Rivista Liturgica<\/em>, l&#8217;\u00e9v\u00eaque d&#8217;Ivr\u00e9e, dom Matteo Filippello, publia la lettre pastorale sur <em>La liturgia parrocchiale<\/em>, \u00ab un des t\u00e9moignages les plus significatifs du mouvement liturgique italien \u00bb (CATTANEO, 2003, p. 497). Dans cette lettre, l&#8217;\u00e9v\u00eaque invitait les fid\u00e8les de son dioc\u00e8se \u00e0 prendre conscience de leur appartenance eccl\u00e9siale et \u00e0 vivre la vie de l&#8217;\u00c9glise qui, \u00e9tant \u00ab essentiellement une soci\u00e9t\u00e9 religieuse \u00bb, s&#8217;exprime de mani\u00e8re sp\u00e9ciale dans la liturgie. Et \u00e0 la liturgie, le peuple doit participer non seulement par sa pr\u00e9sence physique, \u00ab mais avec la voix, avec l&#8217;esprit, avec le c\u0153ur, avec toute l&#8217;\u00e2me \u00bb (CATTANEO, 2003, p. 498).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Christ \u2013 \u00c9glise \u2013 liturgie : c&#8217;est le trin\u00f4me sur lequel se concentre la r\u00e9flexion du \u00e9galement b\u00e9n\u00e9dictin Salvador Marsili. La liturgie est le moment salvifique \u00e0 travers lequel l&#8217;action du Christ continue dans le monde et en chaque homme, une action qui est r\u00e9demptrice pour les hommes et glorificatrice envers Dieu. Ainsi comprise, la liturgie acquiert une base essentiellement christologique. Et, \u00e0 cette lumi\u00e8re, l&#8217;\u00c9glise r\u00e9sulte directement comme un effet de la liturgie, avant m\u00eame d&#8217;en \u00eatre l&#8217;ex\u00e9cutrice :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">De la liturgie na\u00eet et de la liturgie vit l&#8217;\u00c9glise. [&#8230;] Les sacrements ont assembl\u00e9 l&#8217;\u00c9glise. Sortis du corps tourment\u00e9 et \u00e9cartel\u00e9 du Christ, ils ont form\u00e9 un corps myst\u00e9rieux pour le Christ, capable de porter toute sa vie divine. [&#8230;] De la liturgie, l&#8217;\u00c9glise, cons\u00e9quence logique et ontologique, s&#8217;il est vrai que les sacrements r\u00e9alisent et appellent l&#8217;\u00c9glise \u00e0 l&#8217;existence pratique. C&#8217;est la liturgie qui sanctifie la soci\u00e9t\u00e9, qui rend la soci\u00e9t\u00e9 sainte, c&#8217;est-\u00e0-dire l&#8217;\u00c9glise. (MARSILI, 1938, p. 232)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">De sa vision th\u00e9ologique de la liturgie, Marsili fait jaillir une conclusion d&#8217;une consid\u00e9ration th\u00e9ologique notable : la liturgie n&#8217;est pas une r\u00e9alit\u00e9 accidentelle par rapport \u00e0 l&#8217;\u00c9glise, elle est, \u00e0 son tour<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le principe de base et constitutif, de sorte que sans la liturgie, il ne peut y avoir d&#8217;\u00c9glise [&#8230;]. Non pas dans le sens o\u00f9 l&#8217;existence de l&#8217;\u00c9glise revendique une liturgie pour satisfaire son devoir de culte envers la divinit\u00e9, mais dans le sens tr\u00e8s diff\u00e9rent que sans la liturgie, l&#8217;\u00c9glise ne peut, dans l&#8217;\u00e9conomie chr\u00e9tienne actuelle, exister. [&#8230;] La liturgie n&#8217;est pas \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;Incarnation. La liturgie est le \u00ab Myst\u00e8re du Christ \u00bb toujours vivant et actif. (MARSILI, 1939, p. 73-78)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">En termes encore plus explicites, Marsili affirme que \u00ab comprendre la liturgie, c&#8217;est comprendre l&#8217;\u00c9glise, et l&#8217;incompr\u00e9hension de l&#8217;une conduit fatalement \u00e0 une fausse valorisation de l&#8217;autre \u00bb (MARSILI, 1939, p. 17).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Mouvement liturgique se propage \u00e9galement aux Am\u00e9riques : le moine Virgil Michel a fond\u00e9, en 1925, le Mouvement liturgique aux \u00c9tats-Unis, au monast\u00e8re de Saint-Jean, \u00e0 Collegeville. Il est \u00e9galement le fondateur de la revue <em>Orate frates<\/em>, qui en 1951 a chang\u00e9 son nom en Worship (cf. NEUNHEUSER, 1987, p. 30).<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><em><strong>1.4<\/strong> <strong>Le Mouvement liturgique au Br\u00e9sil<\/strong><\/em><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au Br\u00e9sil, le Mouvement liturgique a vu le jour en 1933, \u00e0 Rio de Janeiro, et a eu pour figure de proue le moine b\u00e9n\u00e9dictin Martinho Micheler. R\u00e9cemment arriv\u00e9 d&#8217;Allemagne, il fut charg\u00e9 de donner un cours de Liturgie \u00e0 l&#8217;Institut Catholique d&#8217;\u00c9tudes Sup\u00e9rieures, fond\u00e9 sous l&#8217;inspiration et la direction d&#8217;Alceu Amoroso Lima, dans le but d&#8217;offrir des cours de th\u00e9ologie aux \u00e9tudiants universitaires catholiques. Ses cours eurent une grande r\u00e9percussion dans les milieux universitaires et intellectuels catholiques. Ils d\u00e9couvrirent avec admiration que la Liturgie est bien plus qu&#8217;un ensemble de rubriques, de gestes ou de rites : c&#8217;est la vie du Christ en nous, l&#8217;action de la Trinit\u00e9, la vie de l&#8217;\u00c9glise, Corps Mystique du Christ. Au sein de l&#8217;Action Universitaire Catholique se forme alors un Centre de Liturgie. Les travaux de ce centre sont inaugur\u00e9s par une retraite pour un groupe de six jeunes hommes, dirig\u00e9e par dom Martinho, dans une ferme de l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;\u00c9tat de Rio, sous le nom de \u00ab six jours de communaut\u00e9 \u00bb. Dans ce petit groupe se trouvera la figure du futur continuateur du Mouvement liturgique, avec la r\u00e9forme liturgique, D. Clemente Isnard. C&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;il c\u00e9l\u00e9bra la premi\u00e8re messe <em>versus populum<\/em>. La messe fut dialogu\u00e9e et c&#8217;\u00e9tait aussi une nouveaut\u00e9. En ces jours, ces jeunes hommes d\u00e9couvrirent \u00e9galement les richesses de l&#8217;Office Divin. Mais l&#8217;important n&#8217;\u00e9tait pas les innovations en mati\u00e8re de pratique de la c\u00e9l\u00e9bration, qui peuvent nous para\u00eetre aujourd&#8217;hui insignifiantes, mais l&#8217;esprit qu&#8217;elles supposaient : la red\u00e9couverte de la spiritualit\u00e9 centr\u00e9e sur la pri\u00e8re de l&#8217;\u00c9glise. C&#8217;est cet esprit que dom Martinho a cultiv\u00e9, lors d&#8217;une messe hebdomadaire c\u00e9l\u00e9br\u00e9e au Monast\u00e8re de S\u00e3o Bento pour un groupe d&#8217;universitaires. En 1935, fut fond\u00e9e l&#8217;Action Catholique, avec Alceu Amoroso Lima comme pr\u00e9sident, qui deviendra la grande protagoniste et diffuseuse du Mouvement liturgique dans tout le Br\u00e9sil. Que ce soit au Br\u00e9sil ou aux \u00c9tats-Unis, le mouvement avait une forte inclination pastorale, avec une attention particuli\u00e8re \u00e0 la dimension sociale de la c\u00e9l\u00e9bration (DA SILVA, 1983, p. 40-74).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout \u00e9tait tr\u00e8s nouveau : la liturgie \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e au-del\u00e0 des rubriques, bien plus que des all\u00e9gorismes. On a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir au Br\u00e9sil une th\u00e9ologie de la liturgie. Apr\u00e8s dom Martinho Michler, une s\u00e9rie de moines comme dom Beda Keckeisen, \u00e0 Bahia, dom Polycarpo Amstalden, \u00e0 S\u00e3o Paulo, dom Hidebrando Martins, \u00e0 Rio de Janeiro, l&#8217;abbesse Luzia Ribeiro de Oliveira, au monast\u00e8re f\u00e9minin de Belo Horizonte, ont fait progresser les id\u00e9es de la participation active des fid\u00e8les \u00e0 la liturgie, conscients, \u00e9videmment, que rien ne peut \u00eatre plac\u00e9 avant le Christ, le liturge par excellence. Nous aurons encore le P. Greg\u00f3rio Lutz, qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l&#8217;un des pionniers de la r\u00e9forme liturgique. Bien qu&#8217;il ait \u00e9tudi\u00e9 et ait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 avant le Concile Vatican II, la d\u00e9couverte de la liturgie pendant les ann\u00e9es 1960 lui a ouvert un monde nouveau. Avec dom Jos\u00e9 Clemente Isnard (1917\u20142011), ils peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme les v\u00e9ritables promoteurs de la R\u00e9forme liturgique du Concile Vatican II en terres br\u00e9siliennes (Cf. GOPEGUI, pp. 21-22).<\/p>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>2 La contestation du Mouvement liturgique<\/strong><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">La contestation du Mouvement liturgique ne s&#8217;est pas fait attendre. La controverse a eu lieu autour de la probl\u00e9matique liturgie-spiritualit\u00e9, d&#8217;une part, et liturgie-engagement chr\u00e9tien, d&#8217;autre part. Elle r\u00e9appara\u00eetra \u00e0 plusieurs reprises, jusqu&#8217;\u00e0 nos jours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s les ann\u00e9es 1913-1914, un d\u00e9bat v\u00e9h\u00e9ment a surgi entre le b\u00e9n\u00e9dictin Festugi\u00e8re, d\u00e9fenseur du Mouvement liturgique, et le j\u00e9suite Navatel, contestataire du Mouvement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au Br\u00e9sil, cette discussion s&#8217;est refl\u00e9t\u00e9e dans la pol\u00e9mique prolong\u00e9e entre l&#8217;Action Catholique, soutenue par les b\u00e9n\u00e9dictins, et les Congr\u00e9gations Mariales, soutenues par certains j\u00e9suites. Dans toute cette question, le S\u00e9minaire du C\u0153ur Eucharistique de l&#8217;Archidioc\u00e8se de Belo Horizonte a jou\u00e9 un r\u00f4le de premier plan (DA SILVA, 1983, p. 163-199).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La discussion se prolongera jusqu&#8217;\u00e0 la publication de l&#8217;encyclique <em>Mediator Dei<\/em>, en 1947, qui a officiellement adopt\u00e9 les grandes id\u00e9es du Mouvement liturgique. Mais, comme il arrive dans certains \u00e9crits du Magist\u00e8re, en m\u00ealant des louanges au Mouvement liturgique \u00e0 des avertissements sur ses possibles exc\u00e8s, elle n&#8217;\u00e9vitera pas la poursuite de la pol\u00e9mique, aliment\u00e9e par des lectures divergentes de l&#8217;encyclique papale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui est en jeu dans la discussion, c&#8217;est la conception de la Liturgie.\u00a0 Pour les contestataires du Mouvement liturgique, la liturgie n&#8217;est que le visage c\u00e9r\u00e9moniel et d\u00e9coratif de la messe, des sacrements et des sacramentaux, et cela est encore pr\u00e9sent dans l&#8217;esprit de nombreuses personnes. Pour les d\u00e9fenseurs du Mouvement liturgique, la Liturgie est la pr\u00e9sence sacramentelle de l&#8217;action salvifique de Dieu dans l&#8217;histoire humaine, c&#8217;est la pri\u00e8re du Christ avec son \u00c9glise. Ainsi comprise, la Liturgie ne peut repr\u00e9senter aucune menace pour la pi\u00e9t\u00e9 personnelle, qui ne peut \u00eatre con\u00e7ue sans elle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;autre aspect qui a conduit \u00e0 questionner le Mouvement liturgique fut la relation entre la c\u00e9l\u00e9bration liturgique et l&#8217;engagement dans la transformation des r\u00e9alit\u00e9s terrestres. Cette confrontation a eu lieu au sein de l&#8217;Action Catholique. Au Br\u00e9sil, cette opposition s&#8217;est produite de mani\u00e8re tr\u00e8s radicale, au rythme de la conscience croissante de l&#8217;urgence d&#8217;une action capable de transformer les situations d&#8217;injustice dans lesquelles vivait l&#8217;immense majorit\u00e9 de la population. Si, chez certains, cette conscience a entra\u00een\u00e9 une perte d&#8217;enthousiasme pour la vie liturgique, chez les plus conscients, elle fut la cause de son approfondissement, incitant le Mouvement liturgique \u00e0 faire en sorte que les situations concr\u00e8tes de la vie des hommes et des femmes configurent la forme de la c\u00e9l\u00e9bration. Ainsi, le Mouvement liturgique passait d&#8217;une phase tourn\u00e9e pr\u00e9f\u00e9rentiellement vers le pass\u00e9 \u00e0 une phase o\u00f9 l&#8217;on commence \u00e0 postuler des r\u00e9formes plus profondes, qui fassent de la c\u00e9l\u00e9bration liturgique l&#8217;expression des angoisses et des esp\u00e9rances des \u00eatres humains d&#8217;aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>3 Nouvelle phase du Mouvement liturgique<\/strong><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que dans les ann\u00e9es 1903-1914, les r\u00e9formes de Pie X avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 et suscit\u00e9 le Mouvement liturgique, \u00e0 partir de la Seconde Guerre mondiale, ce sont les d\u00e9veloppements du mouvement pastoral liturgique que le pape Pie XII a ratifi\u00e9s, en reprenant le projet de Pie X et en l&#8217;adaptant aux nouvelles conditions. Alors qu&#8217;avant 1940, il s&#8217;agissait de mettre la liturgie existante \u00e0 la port\u00e9e du peuple et de promouvoir le chant gr\u00e9gorien, par la suite, on percevra plus clairement la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une profonde r\u00e9forme des rites et d&#8217;une introduction partielle de la langue vernaculaire dans les c\u00e9l\u00e9brations (BUGNINI, 2018, p. 40-44).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1947, avant m\u00eame de consacrer \u00e0 la liturgie l&#8217;Encyclique <em>Mediator Dei<\/em>, le pape Pie XII institua, au sein de la Congr\u00e9gation des Rites, une commission charg\u00e9e de pr\u00e9parer une r\u00e9forme g\u00e9n\u00e9rale de la liturgie. Du reste, il avait d\u00e9j\u00e0 pris des mesures sp\u00e9cifiques pour att\u00e9nuer la loi du je\u00fbne eucharistique, afin de faciliter la c\u00e9l\u00e9bration de la Messe le soir et la communion dans les pays en guerre, mesures qu&#8217;il g\u00e9n\u00e9ralisa en 1953, avec la Constitution Apostolique <em>Christus Dominus<\/em>. D\u00e9sormais, l&#8217;usage de l&#8217;eau naturelle ne rompait plus en aucun cas le je\u00fbne eucharistique, et ce, par rapport \u00e0 tout autre aliment, en le fixant \u00e0 trois heures avant la communion (CATTANEO, 2003, p. 508-515).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier fruit de la r\u00e9forme souhait\u00e9e par Pie XII fut l&#8217;autorisation de c\u00e9l\u00e9brer la Vigile pascale au cours de la Nuit Sainte (1951). Quatre ans plus tard, c&#8217;\u00e9tait au tour de la r\u00e9forme de la Semaine Sainte (1955). Apr\u00e8s un certain temps, avec le d\u00e9veloppement du mouvement biblique, on accorda plus d&#8217;attention \u00e0 la parole de Dieu et \u00e0 son usage liturgique. Mais, pour que tous aient acc\u00e8s, pendant la c\u00e9l\u00e9bration, \u00e0 la table de la Parole, il \u00e9tait n\u00e9cessaire qu&#8217;elle soit proclam\u00e9e en langue vernaculaire. Pie XII ne crut pas que la question \u00e9tait suffisamment m\u00fbre pour prendre une initiative g\u00e9n\u00e9rale, se contentant d&#8217;offrir des autorisations partielles pour lire l&#8217;\u00c9p\u00eetre et l&#8217;\u00c9vangile pendant la liturgie solennelle (1953). Il permit cependant la publication de rituels bilingues, notamment en allemand et en fran\u00e7ais (1947). Comme premier pas vers la r\u00e9forme du Br\u00e9viaire, il op\u00e9ra une simplification des rubriques (1955) et fit \u00e9laborer un Code des rubriques, que Jean XXIII publia en 1960. C&#8217;est \u00e9galement Jean XXIII qui publia le rite simplifi\u00e9 de la D\u00e9dicace des \u00e9glises et des autels (1961). Mais il avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 de pr\u00e9senter au Concile en pr\u00e9paration les principes de la r\u00e9forme g\u00e9n\u00e9rale de la liturgie (CATTANEO, 2003, p. 508-515).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette p\u00e9riode constitue pour la th\u00e9ologie un moment assez singulier, caract\u00e9ris\u00e9 par une ferveur intense de recherches et d&#8217;\u00e9tudes dans divers domaines. Il s&#8217;agit du ph\u00e9nom\u00e8ne, ainsi appel\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9poque par Romano Guardini, de l&#8217;\u00ab \u00e9veil de l&#8217;\u00c9glise dans les \u00e2mes \u00bb (GUARDINI, 1989, p. 21). L&#8217;\u00c9glise, dans les multiples aspects de la vie, se rattachait au centre des int\u00e9r\u00eats religieux et th\u00e9ologiques. On assiste \u00ab \u00e0 une sorte de maturation collective de ce qui n&#8217;avait \u00e9t\u00e9, au XIXe si\u00e8cle, que l&#8217;intuition de quelqu&#8217;un, mais dans un nouveau contexte historique qui exigera, peu \u00e0 peu, une nouvelle r\u00e9\u00e9laboration du visage institutionnel de l&#8217;\u00c9glise \u00bb (FRISQUE, 1972, p. 214). Et c&#8217;est pourquoi le Mouvement liturgique doit \u00eatre pens\u00e9 \u00e9galement en conjonction avec d&#8217;autres mouvements qui cherchaient en m\u00eame temps \u00e0 repenser d&#8217;autres aspects de la praxis eccl\u00e9siale : le mouvement th\u00e9ologique et christologique avec les recherches sur le J\u00e9sus historique, le mouvement cat\u00e9ch\u00e9tique et le mouvement biblique sont quelques-uns des nombreux qui tentaient des changements.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Conclusion <\/strong><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le chemin du Mouvement liturgique ne fut pas du tout facile. Les attaques et les discussions de la part des fid\u00e8les et des \u00e9v\u00eaques qui n&#8217;\u00e9taient pas d&#8217;accord avec certaines tendances et certains choix faits par ceux qui promouvaient le mouvement n&#8217;ont pas manqu\u00e9 :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la pol\u00e9mique la plus importante (avec des cons\u00e9quences cependant tr\u00e8s positives) fut celle qui se d\u00e9veloppa sur le plan tant de la th\u00e9ologie que de la spiritualit\u00e9, autour de la vision \u00ab myst\u00e9rique \u00bb de la liturgie, telle qu&#8217;elle \u00e9tait propos\u00e9e et d\u00e9fendue par le b\u00e9n\u00e9dictin allemand O. Casel. (NEUNHEUSER, 1992, p. 797)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les b\u00e9n\u00e9fices et les intuitions proph\u00e9tiques sont \u00e9vidents aujourd&#8217;hui \u00e0 la lumi\u00e8re de la r\u00e9forme liturgique d\u00e9clench\u00e9e par le Concile Vatican II. Premi\u00e8rement, la red\u00e9couverte de la participation active du peuple \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration liturgique, la centralit\u00e9 du Myst\u00e8re Pascal, c\u0153ur de toute la vie liturgique, et la n\u00e9cessit\u00e9 de la formation liturgique des pasteurs et du peuple, tout cela bas\u00e9 sur une eccl\u00e9siologie solide et sur une recherche s\u00e9rieuse et profonde de la nature th\u00e9ologique et pastorale de la liturgie. D&#8217;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de rendre la c\u00e9l\u00e9bration de la Messe et des sacrements compr\u00e9hensible pour les fid\u00e8les, par la simplification des rites et l&#8217;usage de la langue locale. Avec le Mouvement liturgique rena\u00eet le d\u00e9sir de rendre aux fid\u00e8les l&#8217;Office Divin pour favoriser la connaissance de la Parole de Dieu et de la pri\u00e8re de l&#8217;\u00c9glise, et pour accro\u00eetre la vie spirituelle du clerg\u00e9 par l&#8217;engagement quotidien \u00e0 l&#8217;Office Divin. Le Mouvement n&#8217;a pas n\u00e9glig\u00e9 le grand domaine des arts, en d\u00e9finissant le principe de la beaut\u00e9, de la sobri\u00e9t\u00e9 et de la simplicit\u00e9.<\/p>\n<p>Brovelli a \u00e9crit que le Mouvement liturgique, aujourd&#8217;hui, est pour l&#8217;\u00c9glise<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">un patrimoine important : il incite \u00e0 la recherche du sens de la liturgie dans la vie de l&#8217;\u00c9glise et \u00e0 la compr\u00e9hension de ses fonctions sp\u00e9cifiques dans l&#8217;ensemble du d\u00e9veloppement de la mission. \u00c0 cette lumi\u00e8re et \u00e0 partir de cette perspective, nous croyons qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement \u00e9clairci l&#8217;affirmation qui parle d&#8217;un mouvement liturgique comme d&#8217;une r\u00e9alit\u00e9 qui n&#8217;est pas seulement partiellement int\u00e9gr\u00e9e dans la r\u00e9forme conciliaire ; en effet, il la traverse et la d\u00e9passe, offrant les d\u00e9lib\u00e9rations conciliaires et les futures sollicitations d&#8217;int\u00e9r\u00eat pour tous les chr\u00e9tiens. (BROVELLI, 1987, p. 74)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Washington da Silva Paranhos<\/em>. FAJE. Texte original en portugais. Soumis le 10\/10\/2020. Approuv\u00e9 le 30\/11\/2021. Publi\u00e9 le 30\/12\/2021.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>Sigles<\/strong><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">TS = <em>Tra le sollecitudini<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ML = Mouvement Liturgique<\/p>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">BEAUDUIN, L. <em>La pi\u00e9t\u00e9 de l\u2019\u00c9glise<\/em>. Louvain: Maredsous, 1914.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BEAUDUIN, L. <em>M\u00e9langes liturgiques recueillis parmi les ouvres de dom Lambert Beauduin \u00e0 l\u2019occasion de ses 80 ans (1873-1953)<\/em>. Louvain: Centre liturgique, Abbaye du Mont Cesar, 1954.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BEAUDUIN, L. <em>La vraie pri\u00e8re de l\u2019\u00c9glise<\/em>. Le VIII\u00aa congr\u00e8s national des \u0152uvres catholiques allait se tenir \u00e0 Malines du 23 au 26 Septembre 1909. <em>Questions Liturgiques<\/em>\/Studies in Liturgy, n. 91, p.37-41, 2010.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BROVELLI, F. <em>Radici, acquisizioni, istanze del movimento liturgico nel nostro secolo<\/em>. In: BROVELLI, F. (Ed.). <em>Assisi 1956-1986<\/em>: Il movimento liturgico tra riforma conciliare e attese del popolo di dio. Assisi: Cittadella, 1987. p.47-74.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BUGNINI, A. <em>A Reforma Lit\u00fargica<\/em> (1948-1975). S\u00e3o Paulo: Paulus, Paulinas, Loyola, 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CASEL, O. <em>Il mistero della chiesa<\/em>. Roma: Citt\u00e0 Nuova, 1965.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CATELLA, A. Dalla costituzione conciliare Sacrosanctum Concilium all\u2019enciclica Mediator Dei. Un percorso interpretativo. In: CATELLA, A. (Ed.). <em>La \u201cMediator Dei\u201d<\/em>. Il centro di azione liturgica. Cinquant\u2019anni alla luce del Movimento Liturgico. Roma: CLV &#8211; Ed. Liturgiche, 1998. p.11-44.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CATTANEO, E. <em>Il culto Cristiano in occidente<\/em>. Note storiche. Roma: CLV \u2013 Edizioni liturgiche, 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CONTE, N. <em>Benedetto Dio che ci ha benedetti in Cristo<\/em>. Introdu\u00e7\u00e3o alla Liturgia. Palermo: Edi Oftes, 1992.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DA SILVA, J. A. <em>O Movimento Lit\u00fargico no Brasil<\/em>. Estudo hist\u00f3rico. Petr\u00f3polis: Vozes, 1983.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DI PIETRO, P. <em>S. Giuseppe M. Tomasi<\/em>: il dotto, il santo, sacerdote teatino e cardinale. Vicenza: 1986.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">FRISQUE, J. <em>L\u2019ecclesiologia nel XX secolo<\/em>. In: VANDER GUCHT, R.; VORGRIMLER. H. (Eds.). <em>Bilancio della teologia del XX secolo<\/em>, III. Roma: Citt\u00e0 Nuova, 1972. p.2111-2262.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GOPEGUI, Juan A. R. <em>Eukharistia<\/em>. Verdade e caminho da Igreja. S\u00e3o Paulo: Loyola, 2008.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GRILLO, A. R. Guardini, anota\u00e7\u00f5es no di\u00e1rio de 26 de maio de 1953. In: GRILLO, A. <em>Oltre Pio V, La riforma liturgica nel conflito di interpretazioni<\/em>. Brescia: Queriniana, 2007.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GUARDINI, R. <em>La realt\u00e0 della chiesa<\/em>. Brescia: Morcelliana, 1989.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MARSILI, S. Liturgia e santit\u00e0. Divagazioni liturgiche. <em>Rivista Liturgica<\/em>, v. 25, p.231-233, 1938.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MARSILI, S. Il mistero di Cristo. <em>Rivista Liturgica<\/em>, v.26, p.73-78, 1939.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MARSILI, S. Il problema liturgico. <em>Rivista Liturgica<\/em>, v.26, p.15-19, 1939.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MARSILI, S. A liturgia momento hist\u00f3rico da salva\u00e7\u00e3o. In: NEUNHEUSER, B.; MARSILI, S.; AUG\u00c9, M.; CIVIL, R. (Eds.). <em>An\u00e1mnesis<\/em> 1. S\u00e3o Paulo: Paulinas, 1987. p.37-102.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MARSILI, S. Liturgia. In: SARTORE, D.; TRIACCA, A. M. (Eds.). <em>Dicion\u00e1rio de Liturgia<\/em>. S\u00e3o Paulo: Paulus, 1992. p.638-651.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">NEUNHEUSER, B. Movimento Lit\u00fargico. In: SARTORE, D.; TRIACCA, A. M. (Eds.). <em>Dicion\u00e1rio de Liturgia<\/em>. S\u00e3o Paulo, Paulus, 1992. p.787-799.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">NEUNHEUSER, B. O Movimento lit\u00fargico: panorama hist\u00f3rico e linhas teol\u00f3gicas. In: NEUNHEUSER, B.; MARSILI, S.; AUG\u00c9, M.; CIVIL, R. (Eds.). <em>An\u00e1mnesis<\/em> 1. S\u00e3o Paulo: Paulinas, 1986. p.8-36.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">PIO X. Motu proprio <em>Tra le sollecitudini<\/em>. AAS 36. 1903. p.329-331.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">PIO XII. Carta Enc\u00edclica <em>Mediator Dei et hominum<\/em>, 20 novembro de 1947. AAS 39. 1947. p.521-595.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">PAIANO, M. Il rinnovamento della liturgia: dai movimenti alla chiesa universale. In: ALBERIGO, G.; MELLONI, A. (Eds.). <em>Verso il concilio Vaticano II (1960-1962)<\/em>. Passaggi e problemi della preparazione conciliare. Genova: Marietti,1993. p.67-140.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ROUSSEAU, O. <em>Storia del movimento liturgico<\/em>. Lineamenti storici dagli inizi del sec. XIX fino ad oggi. Roma: Paoline, 1961.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sommaire Introduction 1 \u00c9tapes historiques du mouvement liturgique 1.1 Pr\u00e9-histoire du Mouvement liturgique 1.2 D\u00e9but et th\u00e9ologie du Mouvement liturgique 1.3 D\u00e9veloppement du Mouvement liturgique 1.4 Le Mouvement liturgique au Br\u00e9sil 2 La contestation du Mouvement liturgique 3 Nouvelle phase du Mouvement liturgique Conclusion R\u00e9f\u00e9rences Introduction En jetant un bref regard sur l&#8217;histoire de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1133],"tags":[],"class_list":["post-3462","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sacrement-et-liturgie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3462","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3462"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3462\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3463,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3462\/revisions\/3463"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3462"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3462"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3462"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}