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{"id":3442,"date":"2025-07-10T12:07:39","date_gmt":"2025-07-10T15:07:39","guid":{"rendered":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/?p=3442"},"modified":"2025-07-10T12:07:39","modified_gmt":"2025-07-10T15:07:39","slug":"histoire-du-christianisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/?p=3442","title":{"rendered":"Histoire du christianisme"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Sommaire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 Th\u00e8mes, processus et p\u00e9riodes<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 Un sain relativisme<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3 R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;histoire du christianisme est diff\u00e9rente de l&#8217;eccl\u00e9siologie, qui est la r\u00e9flexion th\u00e9ologique sur l&#8217;\u00c9glise. Curieusement, cette histoire est un champ de savoir commun aux croyants et aux non-croyants. Les croyants peuvent produire une historiographie du christianisme, \u00e0 condition de faire preuve de rigueur dans la m\u00e9thode et de ne pas se laisser emporter par des \u00e9lans apolog\u00e9tiques acritiques. Les non-croyants peuvent \u00e9galement en produire, \u00e0 condition de poss\u00e9der la culture religieuse n\u00e9cessaire pour comprendre cette croyance, une affinit\u00e9 avec ses th\u00e8mes et la m\u00eame rigueur m\u00e9thodologique. Les croyants peuvent \u00eatre perplexes face \u00e0 certaines r\u00e9alit\u00e9s du pass\u00e9, lorsqu&#8217;elles sont connues plus en profondeur. Mais s&#8217;ils accueillent leur propre perplexit\u00e9, ils peuvent surmonter les na\u00efvet\u00e9s et parvenir \u00e0 une foi plus m\u00fbre. Les non-croyants, quant \u00e0 eux, peuvent aller au-del\u00e0 d&#8217;un agnosticisme de sens commun, qui se base non rarement sur des simplifications du pass\u00e9. Tous deux peuvent \u00e9largir leurs horizons, en grandissant en connaissance et en sagesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&#8217;est au fil de l&#8217;histoire que les personnes et les collectivit\u00e9s, y compris les chr\u00e9tiens et leurs institutions, sont devenues ce qu&#8217;elles sont aujourd&#8217;hui. C&#8217;est pourquoi on peut beaucoup apprendre d&#8217;elle. Cependant, aujourd&#8217;hui, on ne consid\u00e8re pas rigoureusement l&#8217;histoire comme une ma\u00eetresse, car elle n&#8217;a pas un sens univoque comme une professeure qui enseigne des le\u00e7ons en classe. Il existe de nombreuses perspectives possibles, qui peuvent \u00eatre \u00e9galement valables. Toute histoire na\u00eet toujours des questions formul\u00e9es dans le pr\u00e9sent \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du pass\u00e9. Sans interrogations, il n&#8217;y a pas d&#8217;histoire. Ses divers champs sont intimement li\u00e9s. C&#8217;est pourquoi l&#8217;histoire du christianisme est li\u00e9e \u00e0 l&#8217;histoire sociale, culturelle et des mentalit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1 Th\u00e8mes, processus et p\u00e9riodes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours du XXe si\u00e8cle, l&#8217;\u00e9criture de l&#8217;histoire a connu des changements dans ses th\u00e8mes et ses int\u00e9r\u00eats. Elle s&#8217;est d&#8217;abord tourn\u00e9e vers les grands \u00e9v\u00e9nements, les biographies de personnalit\u00e9s illustres et la chronique politique, en se concentrant sur des sujets et des \u00e9v\u00e9nements qui attiraient beaucoup l&#8217;attention. Ensuite, elle s&#8217;est tourn\u00e9e vers les structures de la vie quotidienne, comme les soci\u00e9t\u00e9s, les gens ordinaires, les \u00e9conomies, la vie mat\u00e9rielle et les mentalit\u00e9s. Des th\u00e8mes comme l&#8217;alimentation, l&#8217;habillement, le logement, les transports, la vie priv\u00e9e, les femmes, l&#8217;enfance, la peur, la s\u00e9curit\u00e9 et l&#8217;esp\u00e9rance ont commenc\u00e9 \u00e0 int\u00e9resser l&#8217;histoire. Ce changement de perspective affecte \u00e9galement l&#8217;histoire du christianisme. Elle s&#8217;est beaucoup int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 l&#8217;institution eccl\u00e9siastique, aux conciles \u0153cum\u00e9niques, aux documents pontificaux, \u00e0 la cr\u00e9ation d&#8217;\u00e9v\u00each\u00e9s et aux hagiographies (vies de saints). L&#8217;autocompr\u00e9hension de l&#8217;\u00c9glise comme soci\u00e9t\u00e9 parfaite, une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 aucun \u00e9l\u00e9ment ne manque pour \u00eatre compl\u00e8te, y a contribu\u00e9. La composante institutionnelle a pr\u00e9valu. Mais avec le Concile Vatican II (1962-1965), qui a d\u00e9fini l&#8217;\u00c9glise comme peuple de Dieu, le la\u00efcat et le christianisme v\u00e9cu ont pris plus d&#8217;importance. Des th\u00e8mes comme la religiosit\u00e9 populaire, les associations de la\u00efcs et la r\u00e9ception des conciles dans les \u00c9glises locales ont gagn\u00e9 en importance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les processus de permanences et de changements dans les soci\u00e9t\u00e9s et les civilisations, largement \u00e9tudi\u00e9s par l&#8217;historien Fernand Braudel, s&#8217;appliquent \u00e9galement au christianisme. Il a d\u00e9velopp\u00e9 le concept de \u00ab longue dur\u00e9e \u00bb. Au centre de la r\u00e9alit\u00e9 sociale, il y a une opposition vivante, intime, r\u00e9p\u00e9t\u00e9e sans cesse entre ce qui change et ce qui insiste \u00e0 demeurer, une dialectique de la dur\u00e9e (BRAUDEL, 1992a, p.41-78). Dans les mouvements qui affectent la masse de l&#8217;histoire actuelle, il y a un h\u00e9ritage fantastique du pass\u00e9. Le pass\u00e9 barbouille le temps pr\u00e9sent. Toute soci\u00e9t\u00e9 est touch\u00e9e par les eaux du pass\u00e9. Ce mouvement n&#8217;est pas une force consciente, il est, d&#8217;une certaine mani\u00e8re, inhumain, l&#8217;inconscient de l&#8217;histoire. Le pass\u00e9, surtout le pass\u00e9 ancien, envahit le pr\u00e9sent et d&#8217;une certaine mani\u00e8re s&#8217;empare de notre vie. Le pr\u00e9sent est, en grande partie, la proie d&#8217;un pass\u00e9 qui s&#8217;obstine \u00e0 survivre ; et le pass\u00e9, par ses r\u00e8gles, ses diff\u00e9rences et ses ressemblances, est la cl\u00e9 indispensable \u00e0 toute compr\u00e9hension s\u00e9rieuse du temps pr\u00e9sent. En g\u00e9n\u00e9ral, il n&#8217;y a pas de changements sociaux rapides. Les r\u00e9volutions elles-m\u00eames ne sont pas des ruptures totales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une r\u00e9volution aussi profonde que la R\u00e9volution fran\u00e7aise est loin d&#8217;avoir tout chang\u00e9 du jour au lendemain. Le changement compose toujours avec le non-changement. Comme les eaux d&#8217;un fleuve condamn\u00e9 \u00e0 couler entre deux rives, passant par des \u00eeles, des bancs de sable et des obstacles, le changement est surpris dans un pi\u00e8ge. S&#8217;il parvient \u00e0 supprimer une partie consid\u00e9rable du pass\u00e9, il faut que cette partie n&#8217;ait pas une r\u00e9sistance trop forte et qu&#8217;elle soit d\u00e9j\u00e0 us\u00e9e par elle-m\u00eame. Le changement adh\u00e8re au non-changement, suit ses faiblesses et utilise ses lignes de moindre r\u00e9sistance. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des querelles et des conflits, il y a des compromis, des coexistences et des ajustements. Dans les fr\u00e9quentes divisions entre le pour et le contre, il y a, d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, ce qui bouge ; de l&#8217;autre, ce qui s&#8217;obstine \u00e0 rester au m\u00eame endroit (BRAUDEL, 1992b, p.356-7). Dans le christianisme, les permanences et les changements sont toujours pr\u00e9sents et interagissent mutuellement, tant\u00f4t en s&#8217;opposant, tant\u00f4t en s&#8217;articulant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la p\u00e9riodisation de l&#8217;histoire du christianisme, on peut adopter la division en quatre unit\u00e9s de Hubert Jedin sur l&#8217;histoire de l&#8217;\u00c9glise :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 \u2013 le christianisme dans la sph\u00e8re culturelle hell\u00e9nistico-romaine (Ier au VIIe si\u00e8cle) ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 \u2013 le christianisme comme fondement des peuples chr\u00e9tiens occidentaux (environ 700 \u00e0 1300) ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3 \u2013 la dissolution du monde chr\u00e9tien occidental et le passage \u00e0 la mission universelle (1300 \u00e0 1750) ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4 \u2013 le christianisme \u00e0 l&#8217;\u00e8re industrielle (XIXe et XXe si\u00e8cles).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autre p\u00e9riodisation similaire est celle de Marcel Chappin :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 \u2013 jusqu&#8217;\u00e0 400 : un christianisme distant du monde ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 \u2013 Entre 400 et 1800 : un christianisme presque pleinement identifi\u00e9 au monde ; que l&#8217;on peut subdiviser :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a) 400-1000 : les empereurs et les rois dominent ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">b) 1000-1500 : le clerg\u00e9 domine ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">c) 1500-1800 : l&#8217;\u00c9tat absolu domine ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3 \u2013 1800-1960 : un certain isolement face \u00e0 un monde hostile \u00e0 l&#8217;\u00c9glise, avec le r\u00eave d&#8217;un retour \u00e0 la situation ant\u00e9rieure ;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4 \u2013 \u00c0 partir de Vatican II : insertion dans le monde comme instance critique (CHAPPIN, 1990, p.127-8).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2 Un sain relativisme<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le regard r\u00e9trospectif de l&#8217;histoire montre les diff\u00e9rentes compr\u00e9hensions d&#8217;un m\u00eame concept au fil du temps. La saintet\u00e9, par exemple, qui est la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 Dieu dans l&#8217;accomplissement de Sa Parole, \u00e9tait comprise dans l&#8217;ancien Isra\u00ebl comme la stricte observance de la Loi de Mo\u00efse, y compris l&#8217;abstention de la chair d&#8217;animaux, de reptiles et d&#8217;oiseaux consid\u00e9r\u00e9s comme impurs (L\u00e9v 20, 25-26). Dans le Nouveau Testament, en revanche, la saintet\u00e9 est la vie en Christ, accessible aux pa\u00efens convertis, sans avoir besoin de cette Loi. Au Moyen \u00c2ge, saint Louis, roi de France, se lan\u00e7a dans les croisades contre les Maures, o\u00f9 il trouva la mort. Saint Ignace de Loyola, au XVIe si\u00e8cle, fut un farouche opposant \u00e0 la R\u00e9forme protestante, exhortant les gouvernants \u00e0 appliquer toutes les lois existantes contre les h\u00e9r\u00e9sies, y compris la peine de mort l\u00e0 o\u00f9 elle existait (LOYOLA, 1963, p. 877-84). Le pape Jean XXIII, r\u00e9cemment canonis\u00e9, a affirm\u00e9 la \u00ab tr\u00e8s haute pertinence \u00bb de la D\u00e9claration universelle des droits de l&#8217;homme, faite par les Nations unies en 1948, contenant la libert\u00e9 de conscience et la libert\u00e9 religieuse (JEAN XXIII, 1963, n.141-144). Ce pape a contredit l&#8217;enseignement de beaucoup de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. En tout cela, il est clair que l&#8217;esprit authentique de l&#8217;\u00c9vangile est compris diff\u00e9remment \u00e0 chaque \u00e9poque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La science historique permet de d\u00e9passer le sens commun concernant les croisades, la colonisation, l&#8217;inquisition et les guerres de religion. Le juste encadrement des lois, des soci\u00e9t\u00e9s et des mentalit\u00e9s dans leurs \u00e9poques respectives \u00e9vite l&#8217;anachronisme pervers, la surveillance id\u00e9ologique du pass\u00e9 et le lynchage moral des individus. Pour la th\u00e9ologie, l&#8217;histoire est un \u00ab lieu th\u00e9ologique \u00bb, une source de connaissance dans ce domaine du savoir. Selon Yves Congar, l&#8217;histoire ouvre la voie \u00e0 un \u00ab sain relativisme \u00bb. C&#8217;est quelque chose de bien diff\u00e9rent du scepticisme ; c&#8217;est la juste perception de la relativit\u00e9 de ce qui est effectivement relatif, afin de ne qualifier d&#8217;absolu que ce qui l&#8217;est v\u00e9ritablement. Gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;histoire, on peut comprendre l&#8217;exacte proportion des choses, en \u00e9vitant de consid\u00e9rer comme <em>la Tradition<\/em> ce qui date d&#8217;avant-hier, et qui a chang\u00e9 plus d&#8217;une fois au cours des temps. On peut affronter le drame de nombreuses inqui\u00e9tudes suscit\u00e9es par l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;id\u00e9es et de formes nouvelles. Avec l&#8217;histoire, il est possible de mieux se situer dans le pr\u00e9sent, avec une conscience plus lucide de ce qui se d\u00e9roule r\u00e9ellement, et de la signification des tensions que l&#8217;on vit (CONGAR, 1970, p.886-94).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9v\u00e9lation biblique du nom de Dieu, Yahv\u00e9 (Ex 3,14), signifie \u00ab je serai l\u00e0 avec vous \u00bb. Dieu est le Dieu vivant, qui se manifeste dans ses \u0153uvres, dans l&#8217;histoire qui ne s&#8217;ach\u00e8vera qu&#8217;\u00e0 la fin. Le Christ n&#8217;est pas seulement l&#8217;Alpha, il est aussi l&#8217;Om\u00e9ga (Ap 1,8). Sa v\u00e9rit\u00e9 est encore \u00e0 accomplir. Il y a quelque chose d&#8217;inexprim\u00e9, de non-dit, de sa Parole qui, pour \u00eatre dit, requiert la vari\u00e9t\u00e9 de l&#8217;histoire et des peuples, vari\u00e9t\u00e9 qui n&#8217;est pas encore acquise. La Parole divine, en gestes ou exprim\u00e9e, comporte un approfondissement illimit\u00e9. Elle est propos\u00e9e aux \u00eatres humains dans la diversit\u00e9 des temps et des lieux, des exp\u00e9riences, des probl\u00e8mes et des cultures. L&#8217;histoire humaine, avec sa nouveaut\u00e9 et son in\u00e9dit permanent, d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, r\u00e9clame toujours une r\u00e9ponse \u00e0 des questions encore inconnues et, de l&#8217;autre, contribue avec des moyens d&#8217;expression qui n&#8217;existaient pas encore (CONGAR, <em>ibidem<\/em> d\u00e9c 8, 2014). La pl\u00e9nitude du Christ se manifeste au fil de l&#8217;histoire et exige l&#8217;histoire pour se manifester. D&#8217;o\u00f9 l&#8217;importance de reconna\u00eetre les \u00ab signes des temps \u00bb, comme l&#8217;enseigne le Concile Vatican II (<em>Gaudium et Spes<\/em>, 1965, n.44).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;exp\u00e9rience des si\u00e8cles pass\u00e9s, les progr\u00e8s scientifiques, les richesses culturelles des divers peuples, qui manifestent la condition humaine et ouvrent de nouvelles voies \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, b\u00e9n\u00e9ficient \u00e9galement \u00e0 l&#8217;\u00c9glise. Depuis le d\u00e9but de son histoire, l&#8217;\u00c9glise formule le message du Christ \u00e0 travers les concepts et les langues des peuples, recourant m\u00eame au savoir philosophique, dans le but d&#8217;adapter l&#8217;\u00c9vangile \u00e0 la capacit\u00e9 de compr\u00e9hension des gens et aux exigences des sages. Une telle mani\u00e8re adapt\u00e9e de propager le message chr\u00e9tien, affirme le Concile, doit \u00eatre la loi de toute \u00e9vang\u00e9lisation. De cette mani\u00e8re, dans chaque nation surgit la possibilit\u00e9 d&#8217;exprimer ce message \u00e0 sa mani\u00e8re, favorisant un \u00e9change intense entre l&#8217;\u00c9glise et les diverses cultures des peuples. Pour cet \u00e9change, qui se fait au long de l&#8217;histoire, l&#8217;\u00c9glise a besoin de personnes ins\u00e9r\u00e9es dans le monde qui connaissent bien l&#8217;esprit et le contenu des diverses institutions et savoirs, qu&#8217;elles soient croyantes ou non (<em>GS n.44<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le peuple chr\u00e9tien, en particulier ses pasteurs et ses th\u00e9ologiens, est exhort\u00e9 \u00e0 \u00e9couter, discerner et interpr\u00e9ter les divers langages et expressions des temps actuels, et \u00e0 les juger \u00e0 la lumi\u00e8re de la parole de Dieu, avec l&#8217;aide de l&#8217;Esprit Saint, afin que la R\u00e9v\u00e9lation divine puisse \u00eatre de plus en plus intimement per\u00e7ue, mieux comprise et pr\u00e9sent\u00e9e de mani\u00e8re convenable. Comme l&#8217;\u00c9glise a une structure sociale visible, elle peut aussi s&#8217;enrichir de l&#8217;\u00e9volution de la vie sociale dans l&#8217;histoire. Tous ceux qui promeuvent le bien de la communaut\u00e9 humaine dans divers domaines aident \u00e9galement la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale, dans la mesure o\u00f9 celle-ci d\u00e9pend des r\u00e9alit\u00e9s ext\u00e9rieures. En tout cela, reconna\u00eet le Concile, il y a une aide que l&#8217;\u00c9glise re\u00e7oit du monde. De plus, elle a beaucoup b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, et peut encore b\u00e9n\u00e9ficier, de l&#8217;opposition de ses adversaires et de ses pers\u00e9cuteurs (<em>GS n.44<\/em>). Cette riche interaction entre l&#8217;\u00c9glise et le monde, au cours du temps, est un vaste champ de recherche et d&#8217;\u00e9tude pour l&#8217;historien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le sain relativisme de Congar concerne \u00e9galement la mutabilit\u00e9 des formulations doctrinales. Pour lui, la seule mani\u00e8re de dire la m\u00eame chose dans un contexte qui a chang\u00e9 est de la dire diff\u00e9remment (CONGAR, 1984, p.6). Cette m\u00eame id\u00e9e est exprim\u00e9e par le pape Jean XXIII, qui a ouvert le Concile en proposant que l&#8217;enseignement de l&#8217;\u00c9glise soit approfondi et expos\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9pondre aux exigences des temps actuels. Une chose sont les v\u00e9rit\u00e9s contenues dans la doctrine, et une autre est la formulation avec laquelle elles sont \u00e9nonc\u00e9es, en leur conservant le m\u00eame sens et la m\u00eame port\u00e9e. Il faudrait accorder beaucoup d&#8217;importance \u00e0 cette forme et insister avec patience sur son \u00e9laboration (JEAN XXIII, 1962). Le dogme et l&#8217;histoire sont toujours intimement li\u00e9s. La formulation du dogme, la pr\u00e9servation et l&#8217;approfondissement de son sens, et les nouvelles formes de son \u00e9nonciation d\u00e9pendent de l&#8217;histoire et de ses contextes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne les personnes impliqu\u00e9es dans les drames et les conflits historiques, la r\u00e9flexion du cardinal Carlo M. Martini sur le jugement divin est pertinente. Il affirme qu&#8217;il existe un \u00ab relativisme chr\u00e9tien \u00bb, qui consiste \u00e0 comprendre toutes choses par rapport au moment o\u00f9 l&#8217;histoire sera ouvertement jug\u00e9e. Alors les \u0153uvres des hommes appara\u00eetront avec leur vraie valeur. Le Seigneur sera le juge des c\u0153urs, et chacun recevra de lui la louange qui lui est due. On ne sera plus sous les applaudissements et les sifflets, l&#8217;approbation ou la d\u00e9sapprobation des autres. Ce sera le Seigneur qui donnera le crit\u00e8re ultime et d\u00e9finitif de la r\u00e9alit\u00e9 de ce monde. Le jugement de l&#8217;histoire s&#8217;accomplira et l&#8217;on verra qui avait raison. Beaucoup de choses s&#8217;\u00e9clairciront, s&#8217;illumineront et se pacifieront, \u00e9galement pour ceux qui souffrent encore dans ce monde, plong\u00e9s dans l&#8217;obscurit\u00e9, sans encore comprendre le sens de ce qui leur arrive. C&#8217;est \u00e0 partir du moment culminant o\u00f9 l&#8217;histoire sera jug\u00e9e par Dieu que l&#8217;\u00eatre humain est invit\u00e9 \u00e0 interpr\u00e9ter sa petite histoire de chaque jour. L&#8217;histoire n&#8217;est pas un processus infini repli\u00e9 sur lui-m\u00eame, sans sens et d\u00e9bouchant sur le n\u00e9ant. C&#8217;est quelque chose que Dieu lui-m\u00eame rassemblera, jugera et p\u00e8sera avec la balance de son amour et de sa mis\u00e9ricorde, mais aussi de sa justice (MARTINI, 2005).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces consid\u00e9rations de Martini trouvent un appui dans l&#8217;exhortation de l&#8217;ap\u00f4tre Paul : ne pas juger avant le temps, mais attendre que vienne le Seigneur, car il mettra en lumi\u00e8re tout ce qui se cache dans les t\u00e9n\u00e8bres et manifestera les intentions des c\u0153urs. Alors, chacun recevra de Dieu la louange qui lui correspond (1 Co 4,5). Avec ce relativisme chr\u00e9tien, on peut regarder avec plus de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements complexes du pass\u00e9 et leurs imbrications, sans l&#8217;empressement de d\u00e9signer qui avait raison et qui ne l&#8217;avait pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De cette mani\u00e8re, Martini \u00e9nonce sous un autre nom le sain relativisme, en soulignant la pleine manifestation de l&#8217;absolu \u00e0 la fin de l&#8217;histoire. La juste perception de ce qui n&#8217;est pas absolu ou intouchable est une t\u00e2che n\u00e9cessaire pour ceux qui d\u00e9sirent montrer l&#8217;actualit\u00e9 permanente du myst\u00e8re chr\u00e9tien et le rendre cr\u00e9dible dans la soci\u00e9t\u00e9 s\u00e9cularis\u00e9e actuelle. Le sain relativisme est in\u00e9vitable si l&#8217;on admet que l&#8217;\u00c9glise a beaucoup b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, et peut encore b\u00e9n\u00e9ficier,\u00a0 de l&#8217;opposition de ses adversaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Lu\u00eds Corr\u00eaa Lima, SJ,<\/em> PUC-Rio, Br\u00e9sil. Texte original en portugais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a03 <\/strong><strong>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BRAUDEL, Fernand. <em>Escritos sobre a hist\u00f3ria<\/em><strong>.<\/strong> S\u00e3o Paulo: Perspectiva, 1992.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">____. <em>Reflex\u00f5es sobre a hist\u00f3ria<\/em>. S\u00e3o Paulo: Martins Fontes, 1992.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CHAPPIN, Marcel. <em>Introdu\u00e7\u00e3o \u00e0 hist\u00f3ria da Igreja<\/em>. S\u00e3o Paulo: Loyola, 1990.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CONC\u00cdLIO VATICANO II, <em>Constitui\u00e7\u00e3o Pastoral Gaudium et spes sobre a Igreja no mundo actual<\/em>. Roma, 1965. Disponible sur : &lt;www.vatican.va&gt;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CONGAR, Yves-Marie. A hist\u00f3ria da Igreja, \u201clugar teol\u00f3gico\u201d. <em>Concilium<\/em>: revista internacional de teologia, 1970, n.7, p. 886-94.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">____. <em>La tradition et la vie de l\u2019\u00c9glise<\/em>. Paris: Cerf, 1984.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">FRANZEN, August. <em>Breve hist\u00f3ria da Igreja<\/em>. Lisboa: Presen\u00e7a, 1996.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">JO\u00c3O XXIII. <em>Discurso de sua santidade papa Jo\u00e3o XXIII na abertura solene do SS. Conc\u00edlio<\/em>. Roma, 1962. Disponible sur : &lt;www.vatican.va&gt;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">____. <em>Carta enc\u00edclica Pacem in terris<\/em>. Roma, 1963, n.141-144. Disponible sur : &lt;www.vatican.va&gt;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LIMA, Lu\u00eds Corr\u00eaa. The historian between faith and relativism. In: Ignacio Silva. (Org.). <em>Latin american perspectives on science and religion<\/em>. Londres: Pickering &amp; Chatto, 2014. p.43-55.<\/p>\n<p>LOYOLA, San Ignacio de. Al P. Pedro Canisio (Roma, 13 ago. 1554). In: <em>Obras<\/em> <em>completas de San Ignacio de Loyola<\/em>. Madri: Biblioteca de Autores Cristianos, 1963. p.877-84.<\/p>\n<p>ROGIER, L. J.; AUBERT, R.; KNOWLES, M. D. (org.). <em>Nova hist\u00f3ria da Igreja. <\/em>v.1 e 2. Petr\u00f3polis: Vozes, 1973-1976.<\/p>\n<p>BELLITTO, Christopher M. <em>Hist\u00f3ria dos 21 Conc\u00edlios da Igreja<\/em>: de Niceia ao Vaticano II. S\u00e3o Paulo: Loyola, 2010.<\/p>\n<p>FR\u00d6HLICH, Roland. <em>Curso b\u00e1sico de hist\u00f3ria da Igreja<\/em>. S\u00e3o Paulo: Paulinas, 1987.<\/p>\n<p>LINDBERG, Carter. <em>Uma breve hist\u00f3ria do cristianismo<\/em>. S\u00e3o Paulo: Loyola, 2008.<\/p>\n<p>MARTINI, Carlo Maria. <em>Omelia del cardinale Carlo Maria Martini per il XXV anniversario di episcopato<\/em>. Mil\u00e3o, 8 maio 2005. Disponible sur : .<\/p>\n<p>REMOND, Ren\u00e9 (org.). <em>As grandes descobertas do cristianismo<\/em>. S\u00e3o Paulo: Loyola, 2005.<\/p>\n<p><strong>Pour en savoir plus<\/strong>:<\/p>\n<p>COMBY, J.<\/p>\n<p><em>Para ler a hist\u00f3ria da Igreja<\/em>. v.I e II. S\u00e3o Paulo: Loyola, 1996.<\/p>\n<p>LENZENWEGER, J.; STOCKMEIER, P.; AMON, K.; ZINNHOBLER, R. <em>Hist\u00f3ria da Igreja Cat\u00f3lica<\/em>. S\u00e3o Paulo: Loyola, 2006.<\/p>\n<p>POTEST\u00c0, G. L.; VIAN, G. <em>Hist\u00f3ria do cristianismo.<\/em> S\u00e3o Paulo: Loyola, 2013.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sommaire 1 Th\u00e8mes, processus et p\u00e9riodes 2 Un sain relativisme 3 R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques L&#8217;histoire du christianisme est diff\u00e9rente de l&#8217;eccl\u00e9siologie, qui est la r\u00e9flexion th\u00e9ologique sur l&#8217;\u00c9glise. Curieusement, cette histoire est un champ de savoir commun aux croyants et aux non-croyants. 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