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{"id":3434,"date":"2025-07-08T09:26:39","date_gmt":"2025-07-08T12:26:39","guid":{"rendered":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/?p=3434"},"modified":"2025-07-08T09:26:39","modified_gmt":"2025-07-08T12:26:39","slug":"christianisme-moderne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/?p=3434","title":{"rendered":"Christianisme Moderne"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Sommaire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 La p\u00e9riode moderne<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 Les d\u00e9couvertes et l&#8217;expansion de la chr\u00e9tient\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3 L&#8217;\u00e9vang\u00e9lisation des populations non chr\u00e9tiennes<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3.1 Les Am\u00e9rindiens<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3.2 Les peuples d&#8217;Afrique<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3.3 L&#8217;esclavage colonial et le catholicisme<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4 Les R\u00e9formes<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4.1 Les r\u00e9formes protestantes<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4.2 Les \u00c9glises Chr\u00e9tiennes<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4.3 La R\u00e9forme catholique<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4.4 Nouveaux et anciens ordres et congr\u00e9gations<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5 La religiosit\u00e9 populaire latino-am\u00e9ricaine<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">6 R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1 La p\u00e9riode moderne<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l&#8217;aube de ce que nous appelons la p\u00e9riode moderne (\u00e0 partir du XVe si\u00e8cle), une s\u00e9rie d&#8217;aspects de la vie sociale, \u00e9conomique et politique a radicalement chang\u00e9. Depuis le schisme engendr\u00e9 par la papaut\u00e9 en Avignon, l&#8217;autorit\u00e9 des papes \u00e9tait min\u00e9e par le d\u00e9sir d&#8217;autonomie des souverains nationaux dans leurs \u00c9tats en formation. Cette transformation politique, qui remplace la d\u00e9centralisation caract\u00e9ristique du syst\u00e8me f\u00e9odal par une centralisation, d\u00e9passe la sph\u00e8re de la politique \u00e9tatique et se d\u00e9ploie dans d&#8217;autres domaines. Des exemples de l&#8217;action de l&#8217;\u00c9tat dans d&#8217;autres sph\u00e8res sont le mercantilisme \u00e9conomique, qui repose sur la pr\u00e9rogative royale de structurer l&#8217;\u00e9conomie par l&#8217;octroi de monopoles et la pr\u00e9servation de domaines royaux ; et le contr\u00f4le que, progressivement, les monarques ont exerc\u00e9 sur le catholicisme ou sur le processus de R\u00e9forme dans leurs domaines (en le dirigeant, comme en Angleterre, en l&#8217;administrant, comme en France, ou en l&#8217;emp\u00eachant, comme dans le cas des Ib\u00e9riques). On peut penser que m\u00eame la g\u00e9ographie et la d\u00e9mographie ont chang\u00e9 de mani\u00e8re abyssale avec l&#8217;int\u00e9gration des Am\u00e9riques et de l&#8217;Afrique dans le syst\u00e8me politique, \u00e9conomique et religieux de l&#8217;Occident moderne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette p\u00e9riode se termine avec l&#8217;av\u00e8nement du lib\u00e9ralisme r\u00e9publicain, enfant des Lumi\u00e8res qui commence d\u00e8s le XVIIe si\u00e8cle, avec des philosophes comme John Locke et Thomas Hobbes, en Angleterre. Ces penseurs finissent par rompre avec l&#8217;aura divine qui l\u00e9gitimait le pouvoir des rois absolutistes. Dans leurs textes, le gouvernement monarchique appara\u00eet comme une n\u00e9cessit\u00e9 de la vie en soci\u00e9t\u00e9 \u2013 Hobbes \u2013 et les distinctions nobiliaires ne sont plus produites par des diff\u00e9rences inn\u00e9es, mais par des constructions sociales \u2013 Locke. Le travail de ces philosophes pr\u00e9parera et aidera \u00e0 fonder la pens\u00e9e des Lumi\u00e8res du si\u00e8cle suivant. Bien que l&#8217;on en parle peu, les deux groupes, les Anglais du XVIIe si\u00e8cle et les Fran\u00e7ais du XVIIIe, op\u00e8rent avec des concepts d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9s par des th\u00e9ologiens du XVIe si\u00e8cle, comme le dominicain Francisco de Vitoria, consid\u00e9r\u00e9 comme le fondateur du droit international, et le j\u00e9suite Lu\u00eds de Molina (ZERON, 2011, p.203 et suiv.). Tous deux, ainsi que d&#8217;autres th\u00e9ologiens de leur \u00e9poque, utilisaient largement l&#8217;id\u00e9e de droits naturels, comme des droits inh\u00e9rents \u00e0 tous les hommes. Les j\u00e9suites ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s de propager le r\u00e9gicide, pour avoir d\u00e9fendu le droit de s&#8217;opposer \u00e0 la tyrannie, ce qui a sans aucun doute contribu\u00e9 \u00e0 leur suppression. (ANDR\u00c9S-GALLEGO, s.d., p.168 et suiv.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2 Les d\u00e9couvertes et l&#8217;expansion de la chr\u00e9tient\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La p\u00e9riode moderne a sans aucun doute \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par le changement de la port\u00e9e des relations de la chr\u00e9tient\u00e9 avec le monde ext\u00e9rieur. Si, aux d\u00e9buts du christianisme et au Moyen \u00c2ge, le th\u00e9\u00e2tre de ces relations \u00e9tait la M\u00e9diterran\u00e9e, les espaces privil\u00e9gi\u00e9s pour ces rencontres seront d\u00e9sormais l&#8217;Atlantique et l&#8217;oc\u00e9an Indien. C&#8217;est par l\u00e0 que les \u00e9changes marchands et culturels se feront de plus en plus fr\u00e9quents. De nouveaux peuples seront connus, une nouvelle g\u00e9ographie sera dessin\u00e9e et de nouveaux d\u00e9fis pour le christianisme appara\u00eetront \u00e9galement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les nouveaux contacts seront, en r\u00e9alit\u00e9, le fruit de vieilles connaissances. L&#8217;expansion europ\u00e9enne commence avec les Portugais apr\u00e8s l&#8217;expulsion des Maures qui habitaient leur territoire sur la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique depuis environ sept si\u00e8cles. De l\u00e0 \u00e0 Ceuta, en 1415, pr\u00e9sentant d\u00e9j\u00e0 le mod\u00e8le de conjonction de l&#8217;action militaire, de l&#8217;expansion de la foi et des objectifs marchands qui ont marqu\u00e9 les conqu\u00eates de la modernit\u00e9 ib\u00e9rique. Ceuta, une place commerciale de grande importance \u00e0 l&#8217;extr\u00eame nord de l&#8217;Afrique, dans le d\u00e9troit de Gibraltar, \u00e9tait la confluence entre la mer connue et la nouvelle, une sorte de carrefour entre la p\u00e9ninsule et les nouvelles possibilit\u00e9s africaines. C&#8217;est pourquoi elle a \u00e9t\u00e9 le fer de lance de la recherche de nouvelles r\u00e9gions avec des gains potentiels plus au sud. On passait ainsi des Maures aux peuples animistes, aussi appel\u00e9s pa\u00efens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c&#8217;est sans aucun doute avec l&#8217;infant D. Henrique, le navigateur, que l&#8217;expansion portugaise a connu son plus grand essor. Ce fils du roi D. Jo\u00e3o I, fondateur de la dynastie d&#8217;Avis (1385-1581), fut l&#8217;artisan de la prise de Ceuta et de la s\u00e9rie de conqu\u00eates qui s&#8217;ensuivit. Vinrent ensuite : les \u00eeles de l&#8217;Atlantique (l&#8217;archipel de Mad\u00e8re, les A\u00e7ores et d&#8217;autres \u00eeles plus petites) et le passage du cap Bojador par Gil Eanes en 1434, puis l&#8217;embouchure du fleuve S\u00e9n\u00e9gal et l&#8217;archipel du Cap-Vert en 1456. Son nom appara\u00eet explicitement dans la bulle <em>Romanus Pontifex<\/em> de Nicolas V, dat\u00e9e de 1455, qui, encore impr\u00e9gn\u00e9e de l&#8217;esprit des Croisades, l&#8217;autorise \u00e0 la conqu\u00eate militaire comme m\u00e9canisme d&#8217;expansion de la foi sur les Sarrasins (musulmans) et autres infid\u00e8les (peuples animistes subsahariens).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la M\u00e9diterran\u00e9e, le commerce des articles venant d&#8217;Asie \u00e9tait le monopole des Italiens depuis la quatri\u00e8me croisade (1202-1204), date de la fondation du royaume latin de Constantinople \u2013 aujourd&#8217;hui Istanbul. Ainsi, dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVe si\u00e8cle, l&#8217;Europe \u00e9tait inond\u00e9e de produits venant d&#8217;Afrique, par la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique, et d&#8217;Asie, par la p\u00e9ninsule Italique. Cependant, ce tableau change radicalement apr\u00e8s que les Turcs de l&#8217;Empire ottoman ont conquis la place marchande de Constantinople en 1453, date longtemps utilis\u00e9e comme jalon fondamental du passage du Moyen \u00c2ge \u00e0 l&#8217;\u00e2ge moderne. \u00c0 partir de ce moment, l&#8217;incertitude de l&#8217;approvisionnement et la hausse des prix s&#8217;empar\u00e8rent des principaux march\u00e9s de consommation de produits asiatiques (\u00e9pices, porcelaines, soies et autres produits de luxe).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S&#8217;ouvre ainsi la demande de nouvelles routes commerciales vers l&#8217;Orient, que ce soit par l&#8217;Atlantique sud \u2013 en passant le Cap des Temp\u00eates \u2013, avec les Portugais, ou en cherchant la circumnavigation de la terre avec les Espagnols. Ces derniers, n&#8217;ayant achev\u00e9 le processus d&#8217;expulsion des Maures et l&#8217;unification des maisons d&#8217;Aragon et de Castille qu&#8217;en 1492, ann\u00e9e o\u00f9 la mosqu\u00e9e de Cordoue tombe aux mains des Espagnols, se trouvaient dans un d\u00e9savantage consid\u00e9rable par rapport aux Lusitaniens. C&#8217;est certainement pour cette raison que la Couronne espagnole a mis\u00e9 une petite somme d&#8217;argent, compar\u00e9e aux d\u00e9penses consid\u00e9rables de la cour madril\u00e8ne, sur une exp\u00e9dition de trois navires dirig\u00e9e par Christophe Colomb, qui partit vers l&#8217;ouest cette m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;objectif de l&#8217;exp\u00e9dition de Colomb \u00e9tait d&#8217;atteindre le royaume du Grand Khan, pr\u00e9sent\u00e9 par Marco Polo dans ses chroniques. Le plan \u00e9tait simple : atteindre le parall\u00e8le des \u00eeles Canaries, marque de division de l&#8217;oc\u00e9an Atlantique entre Portugais et Espagnols depuis le trait\u00e9 d&#8217;Alc\u00e1\u00e7ovas de 1479, et se diriger vers l&#8217;ouest jusqu&#8217;aux dites Indes. La base des calculs de Colomb \u00e9tait compl\u00e8tement erron\u00e9e. D&#8217;ailleurs, les g\u00e9ographes de l&#8217;Universit\u00e9 de Salamanque l&#8217;en avaient averti. Il faut dire que, bien que ces \u00e9rudits catholiques soient souvent pr\u00e9sent\u00e9s comme \u00e9tant dans l&#8217;erreur et \u00e0 l&#8217;esprit \u00e9troit face au visionnaire Colomb, la r\u00e9alit\u00e9 fut tout autre. Loin de croire que la terre \u00e9tait plate, les professeurs de Salamanque s&#8217;appuyaient sur les calculs d&#8217;\u00c9ratosth\u00e8ne, de la Gr\u00e8ce antique, qui avait calcul\u00e9 la circonf\u00e9rence de la Terre \u00e0 l&#8217;\u00e9quateur comme \u00e9quivalant \u00e0 environ 40 000 km (la mesure exacte est de 40 072 km). Tandis que Colomb s&#8217;appuyait sur des calculs de Ptol\u00e9m\u00e9e d&#8217;Alexandrie, qui utilisa une m\u00e9thode qui l&#8217;induisit en erreur et arriva \u00e0 une valeur environ 20 % inf\u00e9rieure \u00e0 celle d&#8217;\u00c9ratosth\u00e8ne. Ainsi, le d\u00e9bat qui pr\u00e9c\u00e9da le d\u00e9part des navires vers l&#8217;orient par l&#8217;occident portait sur la faisabilit\u00e9 du voyage en termes de dur\u00e9e ; du temps qu&#8217;ils resteraient \u00e0 la merci des vents et des vagues, sans eau potable et sans postes de ravitaillement. Cependant, c&#8217;est \u00e0 partir de cette erreur que les Europ\u00e9ens entr\u00e8rent en contact avec une nouvelle gamme de populations dont les individus furent g\u00e9n\u00e9riquement appel\u00e9s \u00ab Indiens \u00bb, car, confirmant l&#8217;erreur commise par le c\u00e9l\u00e8bre navigateur, celui-ci crut \u00eatre arriv\u00e9 \u00e0 l&#8217;archipel du Japon (toute la partie du monde \u00e0 l&#8217;est de J\u00e9rusalem \u00e9tait d\u00e9sign\u00e9e par le terme Indes).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quoi qu&#8217;il en soit, un fait m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre soulign\u00e9 : l&#8217;expansion de la foi catholique, encore sur le mod\u00e8le des Croisades, a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente dans les voyages de l&#8217;Expansion ib\u00e9rique ; de l&#8217;autorisation papale aux dizaines de mentions de la foi et de Dieu dans le journal de Colomb, il existe de nombreuses preuves que l&#8217;\u00e9largissement du monde chr\u00e9tien, par la croissance des domaines des Rois catholiques, a toujours plan\u00e9 dans l&#8217;imaginaire et les c\u0153urs des personnes impliqu\u00e9es dans ce processus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3 L&#8217;\u00e9vang\u00e9lisation des populations non chr\u00e9tiennes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>3.1 Les Am\u00e9rindiens<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le processus de colonisation a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par une s\u00e9rie d&#8217;ambigu\u00eft\u00e9s, l&#8217;int\u00e9r\u00eat pour la colonisation n&#8217;\u00e9tant que l&#8217;une d&#8217;entre elles. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, de nombreux Europ\u00e9ens qui ont d\u00e9barqu\u00e9 en Am\u00e9rique \u00e9taient impr\u00e9gn\u00e9s de l&#8217;id\u00e9al d&#8217;obtenir des gains mat\u00e9riels et sociaux, comme des titres et des postes dans la gouvernance du Nouveau Monde, en utilisant comme toile de fond l&#8217;expansion de la foi catholique autoris\u00e9e par Nicolas V. De l&#8217;autre, la bulle <em>Sublimis Deus<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/em>, du pape Paul III, de 1537, le m\u00eame qui a approuv\u00e9 l&#8217;institut de la Compagnie de J\u00e9sus, indiquait une autre directive g\u00e9n\u00e9rale pour le contact avec les habitants des nouvelles terres. Selon cette bulle, la vie, la libert\u00e9 et les biens de tous les peuples contact\u00e9s par les Europ\u00e9ens devaient \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9s et le processus de conversion ne pouvait se faire que par la pr\u00e9dication et le bon exemple. Ainsi, d\u00e9barquent en Am\u00e9rique des conquistadors et des missionnaires avec des perceptions distinctes de la terre et de ses habitants, et avec des objectifs \u00e9galement distincts pour eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cas de l&#8217;Am\u00e9rique espagnole, bien que les j\u00e9suites aient jou\u00e9 un r\u00f4le important, les premiers missionnaires \u00e0 arriver furent les p\u00e8res des ordres mendiants, en particulier les franciscains. Cependant, ce sont les fr\u00e8res dominicains, notamment Pedro de C\u00f3rdoba, Antonio Montesinos, Juli\u00e1n Garc\u00e9s (\u00e9v\u00eaque de Tlaxcala) et Bartolom\u00e9 de las Casas, qui se sont le plus distingu\u00e9s dans la d\u00e9fense de la vie et de la libert\u00e9 des indig\u00e8nes, ce qui pr\u00e9occupait le pape Paul III. Les deux premiers se sont rendus \u00e0 Saint-Domingue, sur l&#8217;\u00eele <em>La Espa\u00f1ola<\/em>, en 1510, fondant la premi\u00e8re maison de l&#8217;ordre dans les Am\u00e9riques. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment une pr\u00e9dication tr\u00e8s dure en faveur des Indiens, prononc\u00e9e par le fr\u00e8re Antonio de Montesinos au nom de tous ses compagnons en 1511, qui a eu un impact sur las Casas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Celui-ci, jusqu&#8217;alors, avait particip\u00e9 \u00e0 des combats contre des groupes indig\u00e8nes qui ont entra\u00een\u00e9 la mort de dizaines d&#8217;Espagnols et de milliers de natifs, il avait poss\u00e9d\u00e9 des Indiens comme esclaves (en r\u00e9alit\u00e9, en <em>encomienda<\/em>, une modalit\u00e9 de travail non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 impos\u00e9e aux indig\u00e8nes), bien qu&#8217;il se consacr\u00e2t d\u00e9j\u00e0 au travail d&#8217;\u00e9vang\u00e9lisation et de bapt\u00eame de la population locale. Selon Carlos Josaphat, dans l&#8217;\u00e9valuation m\u00eame que las Casas fait des r\u00e9sultats de la pr\u00e9dication de Montesinos, il les place dans une sorte de gradation : \u00ab il y eut ceux qui rest\u00e8rent \u2018stup\u00e9faits\u2019, d&#8217;autres \u2018endurcis\u2019 et quelques-uns \u2018contrits\u2019, mais personne de converti \u00bb (JOSAPHAT, 2000, p.59). Si cela s&#8217;est r\u00e9ellement produit, las Casas \u00e9tait au moins parmi les contrits, car il ne tarda pas \u00e0 se convertir en un grand d\u00e9fenseur des peuples natifs d&#8217;Am\u00e9rique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La croyance qui a perdur\u00e9 du XIXe si\u00e8cle jusqu&#8217;\u00e0 une \u00e9poque tr\u00e8s r\u00e9cente, selon laquelle les peuples pouvaient \u00eatre class\u00e9s entre avanc\u00e9s et primitifs, a \u00e9t\u00e9 largement utilis\u00e9e pour expliquer le ph\u00e9nom\u00e8ne de la conqu\u00eate. Ce n&#8217;est qu&#8217;\u00e0 partir des ann\u00e9es 1980 que les chercheurs \u2013 historiens, sociologues et anthropologues \u2013 se sont d\u00e9pouill\u00e9s du vieux mythe eurocentrique qui mesurait le degr\u00e9 d&#8217;\u00e9volution de chaque culture \u00e0 sa ressemblance avec la culture occidentale de l&#8217;\u00e9poque. La grande question historiographique \u00e0 laquelle il fallait r\u00e9pondre \u00e9tait de savoir comment un groupe si restreint de colonisateurs avait pu d\u00e9cimer une population si importante de natifs (ROMANO, 1972, p.97-106). En r\u00e9alit\u00e9, cela a peu \u00e0 voir avec le fait que certaines cultures poss\u00e9daient un \u00c9tat avec un pouvoir coercitif et d&#8217;autres non. Cela est bien plus d\u00fb \u00e0 la caract\u00e9ristique am\u00e9ricaine de sa population de ne pas constituer une totalit\u00e9, s&#8217;organisant donc en groupes aux int\u00e9r\u00eats sp\u00e9cifiques qui, pour les atteindre, \u00e9tablissent leurs propres strat\u00e9gies, comme des alliances avec les colonisateurs. C&#8217;est ce qui s&#8217;est pass\u00e9 avec les peuples tributaires des Azt\u00e8ques, se r\u00e9p\u00e9tant de mani\u00e8re similaire dans toute l&#8217;Am\u00e9rique, y compris dans les alliances entre Fran\u00e7ais et Tamoios, dans la baie de Guanabara. C&#8217;est dans ce sc\u00e9nario de diversit\u00e9 et de conflits, potentialis\u00e9 par la pr\u00e9sence d&#8217;Europ\u00e9ens int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 tirer profit des disputes entre les peuples natifs, qu&#8217;ont agi les missionnaires ; tant\u00f4t de mani\u00e8re pacifique, tant\u00f4t en soutenant l&#8217;un des camps bellig\u00e9rants, au nom de ce qu&#8217;ils croyaient \u00eatre l&#8217;implantation de la foi sur une terre \u00e0 la merci du d\u00e9mon. L&#8217;\u00e9quation \u00e9tait simple : perdre des corps (y compris les leurs) pour sauver des \u00e2mes (y compris les leurs).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand les j\u00e9suites sont arriv\u00e9s en Am\u00e9rique espagnole, ils ont trouv\u00e9 toute une \u0153uvre de cat\u00e9ch\u00e8se et de conversion des indig\u00e8nes d\u00e9j\u00e0 entreprise par les mendiants. Dans le cas des domaines portugais, les missionnaires de la Compagnie de J\u00e9sus ont \u00e9t\u00e9 les protagonistes de ce processus de christianisation. Au Br\u00e9sil, les membres des ordres mendiants ont agi \u00e0 une plus petite \u00e9chelle. On sait seulement que le c\u00e9l\u00e9brant de la premi\u00e8re messe au Br\u00e9sil, et donc l&#8217;aum\u00f4nier de la flotte de Cabral, \u00e9tait l&#8217;\u00e9v\u00eaque franciscain Dom frei Henrique de Coimbra, qui se rendait \u00e0 Calicut comme missionnaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les p\u00e8res j\u00e9suites, quant \u00e0 eux, arriv\u00e8rent avec le premier gouverneur g\u00e9n\u00e9ral, Tom\u00e9 de Souza, en 1549. C&#8217;\u00e9tait un petit groupe dirig\u00e9 par le p\u00e8re Manuel da N\u00f3brega, qui commen\u00e7a imm\u00e9diatement \u00e0 parcourir les villages pour cat\u00e9chiser et baptiser les Indiens. R\u00e9pondant \u00e0 une demande de N\u00f3brega, alors d\u00e9j\u00e0 conscient de l&#8217;ampleur de la t\u00e2che \u00e9vang\u00e9lisatrice, un nouveau groupe arriva quelques ann\u00e9es plus tard avec Jos\u00e9 de Anchieta, lors de l&#8217;arriv\u00e9e du deuxi\u00e8me gouverneur g\u00e9n\u00e9ral, Duarte da Costa. Ce nouveau groupe se d\u00e9pla\u00e7a vers le sud, en direction de la capitainerie de S\u00e3o Vicente, y fondant le coll\u00e8ge S\u00e3o Paulo de Piratininga.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&#8217;apr\u00e8s ce que l&#8217;on per\u00e7oit dans les lettres envoy\u00e9es par les missionnaires, l&#8217;\u00e9vang\u00e9lisation de ces peuples \u00e9tait de courte dur\u00e9e, consistant en une acceptation initiale effusive, suivie d&#8217;un abandon complet d\u00e8s que les pr\u00eatres quittaient la tribu (CASTELNAU-L\u2019ESTOILE, 2006, p.109). La solution \u00e0 ce dilemme de la \u00ab vigne st\u00e9rile \u00bb fut la cr\u00e9ation de l&#8217;aldeamento (village). Par le biais desdits <em>descimentos<\/em> (d\u00e9placements forc\u00e9s) et d&#8217;adh\u00e9sions volontaires ou forc\u00e9es par le risque d&#8217;esclavage par les <em>bandeirantes<\/em>, les Indiens s&#8217;int\u00e9graient dans des communaut\u00e9s contr\u00f4l\u00e9es par les p\u00e8res j\u00e9suites, constituant un espace de civilisation et d&#8217;ordre, qui garantissait une plus grande durabilit\u00e9 de leur christianisation. Dans les <em>aldeamentos<\/em>, les natifs s&#8217;organisaient autour de la direction des p\u00e8res de la Compagnie, adoptant les coutumes chr\u00e9tiennes, apprenant des m\u00e9tiers et se s\u00e9dentarisant. Cet ensemble d&#8217;\u00e9l\u00e9ments repr\u00e9sentait, du point de vue des pr\u00eatres, le support d&#8217;une conversion plus durable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les missions j\u00e9suites devinrent c\u00e9l\u00e8bres comme des lieux de refuge pour la population indig\u00e8ne au Br\u00e9sil, mais elles \u00e9taient fr\u00e9quemment des fournisseurs de force militaire et de main-d&#8217;\u0153uvre lou\u00e9e par les pr\u00eatres aux Chambres municipales, aux particuliers qui en faisaient la demande ou aux autres ordres qui en avaient besoin. Lors de l&#8217;expulsion des Fran\u00e7ais qui aboutit \u00e0 la fondation de la ville de Rio de Janeiro en 1555, les Indiens des villages furent d&#8217;une importance capitale du point de vue militaire. De m\u00eame, les Indiens \u00e9tablis dans des villages par les j\u00e9suites dans la r\u00e9gion amazonienne, d\u00e8s la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVIIe si\u00e8cle, constitu\u00e8rent la main-d&#8217;\u0153uvre pr\u00e9dominante dans la collecte desdites <em>drogas do sert\u00e3o<\/em> (drogues de l&#8217;arri\u00e8re-pays). Aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles, la production artistique des Indiens des villages dans diverses parties de l&#8217;Am\u00e9rique \u2013 sculpture, peinture, musique et fabrication d&#8217;instruments de musique \u2013, qui n&#8217;\u00e9tait initialement qu&#8217;un des m\u00e9canismes de la cat\u00e9ch\u00e8se, acquit ses propres caract\u00e9ristiques, devenant connue sous le nom d&#8217;art missionnaire ou de baroque missionnaire. L&#8217;une des caract\u00e9ristiques de cet art est l&#8217;influence d&#8217;\u00e9l\u00e9ments esth\u00e9tiques indig\u00e8nes dans les productions. Avec l&#8217;expulsion des j\u00e9suites de l&#8217;Empire portugais en 1759 et de l&#8217;Empire espagnol en 1767, les missions furent confi\u00e9es \u00e0 d&#8217;autres ordres \u2013 g\u00e9n\u00e9ralement mendiants \u2013 ou \u00e0 des administrateurs civils.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>3.2 Les peuples d&#8217;Afrique<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tant les missionnaires mendiants que les p\u00e8res de la Compagnie de J\u00e9sus ont particip\u00e9 aux tentatives r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de christianisation de l&#8217;Afrique. Les r\u00e9sultats de ce processus ont beaucoup vari\u00e9 d&#8217;une r\u00e9gion \u00e0 l&#8217;autre, toujours avec des avanc\u00e9es et des reculs. Pour pouvoir aborder un minimum cette histoire, il faut comprendre que l&#8217;Afrique est un continent extr\u00eamement vaste et que ses habitants sont diff\u00e9rents d&#8217;une r\u00e9gion \u00e0 l&#8217;autre et d&#8217;un peuple \u00e0 l&#8217;autre. Il existe au moins deux grandes matrices religieuses en Afrique, mais une immensit\u00e9 de possibilit\u00e9s de combinaisons et d&#8217;interactions entre elles : l&#8217;islamique et l&#8217;animiste. La matrice islamique s&#8217;est install\u00e9e avec l&#8217;expansion de l&#8217;islam dans le nord du continent, puis avec les vagues d&#8217;expansion intracontinentale \u00e0 travers le Sahara. Quant \u00e0 la matrice animiste, plus caract\u00e9ristique des peuples subsahariens, elle est profond\u00e9ment li\u00e9e \u00e0 la nature et \u00e0 ses ph\u00e9nom\u00e8nes, leur attribuant des esprits. De plus, elle incorpore des \u00e9l\u00e9ments sociaux divinis\u00e9s, comme des chefs, des guerriers ou des personnalit\u00e9s tr\u00e8s marquantes, qui, avec les mythes de la cr\u00e9ation et de la construction du monde, composent le panth\u00e9on des orix\u00e1s. On peut ainsi comprendre l&#8217;immense t\u00e2che de christianiser une zone qui est presque quatre fois plus grande que le Br\u00e9sil d&#8217;aujourd&#8217;hui. Nous pr\u00e9senterons, \u00e0 titre d&#8217;exemple seulement, les cas de l&#8217;Angola, du Congo et de la Guin\u00e9e, r\u00e9gions qui ont le plus subi les effets des contacts avec les Europ\u00e9ens, parmi lesquels se d\u00e9tache de mani\u00e8re d\u00e9plorable le trafic d&#8217;esclaves.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les facilit\u00e9s ou difficult\u00e9s pour l&#8217;\u00e9vang\u00e9lisation de la c\u00f4te sud-occidentale du continent, qui est aujourd&#8217;hui l&#8217;Angola, d\u00e9coulaient des alliances entre les Portugais et les chefs locaux, les <em>sobas<\/em>, subordonn\u00e9s au grand souverain Ngola, qui gouvernait le royaume Ndongo. Ces alliances reposaient tant sur des gains politiques et commerciaux que sur des int\u00e9r\u00eats religieux. Selon la convenance du moment, les <em>sobas<\/em> se convertissaient au catholicisme, revenaient \u00e0 l&#8217;animisme ou se rapprochaient des r\u00e9form\u00e9s. L&#8217;un des plus grands int\u00e9r\u00eats de la proximit\u00e9 avec les sobas \u00e9tait que, en raison de la grande autonomie avec laquelle ils gouvernaient leurs territoires, c&#8217;\u00e9taient eux qui contr\u00f4laient une grande partie du trafic d&#8217;esclaves de l&#8217;Angola vers l&#8217;Am\u00e9rique. Leur conversion a toujours \u00e9t\u00e9 vue avec une certaine m\u00e9fiance par les j\u00e9suites, car, tr\u00e8s souvent, elle n&#8217;\u00e9tait pas durable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Portugais sont arriv\u00e9s sur la c\u00f4te du Congo dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du XVIe si\u00e8cle, marquant le d\u00e9but du processus d&#8217;\u00e9vang\u00e9lisation de la r\u00e9gion. Dans la <em>Cronica d\u2019el Rei D. Jo\u00e3o II<\/em>, datant d&#8217;environ 1502, son auteur Rui de Pina rapporte que tant le chef local, le <em>mani Soyo<\/em>, avec certains de ses ministres, que le chef de la r\u00e9gion, le <em>mani Congo<\/em>, avec de nombreux partisans, ont accept\u00e9 promptement le bapt\u00eame et la foi catholique, donnant lieu \u00e0 tout un processus syncr\u00e9tique qui implique non seulement la religion, mais aussi la politique et les alliances commerciales. Pour commencer, de nombreux auteurs, comme Marina Melo de Souza, estiment que la croix \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pour la culture du Congo un symbole mystique et divinatoire, ce qui aurait facilit\u00e9 l&#8217;absorption du crucifix catholique comme symbole religieux, ainsi que l&#8217;association des images de saints et des chapelets aux <em>minkisi<\/em>, d\u00e9nomination g\u00e9n\u00e9rique des objets magiques ou de culte religieux dans cette r\u00e9gion (SOUZA, 2005). Une autre illustration de cette symbiose est qu&#8217;\u00e0 partir de 1509, les souverains congolais ont commenc\u00e9 \u00e0 porter des noms portugais associ\u00e9s aux leurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cas de la Guin\u00e9e, encore plus au nord, le j\u00e9suite Baltazar Barreira, responsable de la mission d&#8217;Angola et fondateur du coll\u00e8ge du Cap-Vert, assume au d\u00e9but du XVIIe si\u00e8cle la mission d&#8217;\u00e9vang\u00e9liser le peuple de ces terres. Barreira et ses compagnons ont d\u00fb faire face \u00e0 la concurrence des <em>bexerins<\/em>, nom donn\u00e9 aux pr\u00eatres islamiques, et des <em>jambacouse<\/em>, nom d\u00e9signant les pr\u00eatres locaux charg\u00e9s d&#8217;identifier les sorciers et les mangeurs d&#8217;\u00e2mes qui, selon la croyance locale, provoquaient maladies et morts. Comme on pouvait s&#8217;y attendre, avec tant de matrices religieuses se disputant une place dans les c\u0153urs et les esprits des habitants, le syncr\u00e9tisme fut tel qu&#8217;en peu de temps, les j\u00e9suites furent appel\u00e9s les \u00ab bexerins des chr\u00e9tiens \u00bb (SANTOS, 2011, p.187-213). L\u00e0 aussi, rapporta Barreira, les chr\u00e9tiens, par manque de doctrine et par contact \u00e9troit avec les animistes, retournaient facilement \u00e0 leurs anciens cultes. Outre cette concurrence, il y avait les probl\u00e8mes li\u00e9s au trafic d&#8217;esclaves. Les pr\u00eatres animistes et les bexerins agissaient \u00e9galement comme agents et interm\u00e9diaires dans le commerce d&#8217;esclaves transsaharien, qui emmenait des esclaves \u2013 principalement des femmes comme futures \u00e9pouses \u2013 vers les r\u00e9gions islamiques (LOVEJOY, 2011, p.32). \u00c0 tout cela s&#8217;ajoute le trafic d&#8217;esclaves vers l&#8217;Am\u00e9rique, qui suscitait de nombreuses critiques de la part des j\u00e9suites envers les autres religieux catholiques, les accusant de ne pas pr\u00eacher, ni cat\u00e9chiser, mais seulement de trafiquer. Cependant, les p\u00e8res j\u00e9suites poss\u00e9daient \u00e9galement des esclaves. Bien que l&#8217;on sache peu de choses quantitativement sur leur participation au commerce d&#8217;Africains, il est certain qu&#8217;elle a exist\u00e9. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la forte mortalit\u00e9 des pr\u00eatres, la concurrence avec d&#8217;autres groupes religieux mieux structur\u00e9s et soutenus par la soci\u00e9t\u00e9 locale, ainsi que le faible investissement de la Couronne portugaise, peuvent expliquer l&#8217;\u00e9chec relatif de la mission de conversion des Africains sur le littoral atlantique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, la pr\u00e9sence europ\u00e9enne en Afrique fut, comme au d\u00e9but de la colonisation en Am\u00e9rique, c\u00f4ti\u00e8re. Le christianisme, enchev\u00eatr\u00e9 dans le m\u00eame processus, le fut \u00e9galement. La diff\u00e9rence est qu&#8217;en Am\u00e9rique, la colonisation s&#8217;est progressivement \u00e9tendue vers l&#8217;int\u00e9rieur. Occupant, bien que de fa\u00e7on limit\u00e9e, des zones de plus en plus \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur des terres, elle emportait avec elle la cat\u00e9ch\u00e8se et la Croix, un ph\u00e9nom\u00e8ne qui ne s&#8217;est pas produit en Afrique, o\u00f9 l&#8217;int\u00e9r\u00eat principal \u00e9tait l&#8217;administration des zones c\u00f4ti\u00e8res pour contr\u00f4ler le commerce, principalement celui des esclaves.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>3.3 L&#8217;esclavage colonial et le Catholicisme<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut clarifier, avant d&#8217;aborder un sujet aussi d\u00e9licat, que pendant une bonne partie de sa dur\u00e9e, l&#8217;esclavage n&#8217;\u00e9tait pas seulement l\u00e9gal, mais aussi moralement licite. Cela ne signifie pas que, du point de vue actuel, on puisse le consid\u00e9rer, ou toute condition de travail analogue, comme un tant soit peu acceptable. Ce que l&#8217;on constate ici se limite \u00e0 la p\u00e9riode qui se termine au milieu du XIXe si\u00e8cle, voire avant. Cette constatation est n\u00e9cessaire pour comprendre comment il \u00e9tait possible que des esclaves affranchis ach\u00e8tent \u00e9galement des esclaves pour travailler \u00e0 leur place, et comment un petit groupe de contrema\u00eetres pouvait contr\u00f4ler un nombre d&#8217;esclaves souvent dix fois sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant de penser \u00e0 la passivit\u00e9, il faut consid\u00e9rer l&#8217;autonomie que ces personnes asservies avaient pour d\u00e9finir leurs propres strat\u00e9gies quotidiennes, qui n&#8217;\u00e9taient pas n\u00e9cessairement la r\u00e9volte ouverte et le recours \u00e0 la violence, bien que les innombrables r\u00e9bellions d&#8217;esclaves attestent que ce recours \u00e9tait viable non seulement pour les ma\u00eetres, mais aussi pour les esclaves. Cependant, le nombre de fois o\u00f9 les esclaves ont eu recours \u00e0 la violence de la r\u00e9bellion a \u00e9t\u00e9 bien inf\u00e9rieur au nombre de fois o\u00f9 le calcul des pertes et profits les a conduits \u00e0 emprunter une autre voie, certainement moins risqu\u00e9e. Il faut consid\u00e9rer que, fr\u00e9quemment, les historiens et autres auteurs mettent dans la t\u00eate et la bouche de personnages historiques des discours qui ne leur sont parvenus que bien plus tard. Dans le cas de l&#8217;esclavage, le concept de libert\u00e9 des Lumi\u00e8res n&#8217;est arriv\u00e9 en Am\u00e9rique pour les lettr\u00e9s qu&#8217;entre la fin du XVIIIe et le d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, et il signifiait l&#8217;autonomie \u00e9conomique et le droit \u00e0 la participation politique. La signification de la libert\u00e9 change avec le temps. Ainsi, lorsque nous parlons d&#8217;esclavage colonial, nous traitons d&#8217;une coutume ou d&#8217;une r\u00e8gle tacite de la soci\u00e9t\u00e9 qui la traversait de haut en bas. De nombreuses r\u00e9bellions ont \u00e9t\u00e9 apais\u00e9es lorsque certaines conditions de travail ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies (REIS e SILVA, 1989, p.103).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&#8217;est \u00e0 cet esclavage que se r\u00e9f\u00e8rent les textes du clerg\u00e9 colonial catholique. En fait, ce ne sont pas des textes libertaires, et ils n&#8217;auraient pas pu l&#8217;\u00eatre. Ils seraient mieux class\u00e9s comme utopiques, traitant d&#8217;un esclavage o\u00f9 le ma\u00eetre remplit des fonctions paternelles : enseigner, tutoyer, nourrir et corriger. Voyons ce que dit le j\u00e9suite Jorge Benci, dans son livre intitul\u00e9 <em>Economia Crist\u00e3 dos Senhores no Governo dos Escravos<\/em>, \u00e9crit vers 1700 : \u00ab Le ma\u00eetre doit au serviteur le pain pour qu&#8217;il ne d\u00e9faille pas \u00bb (BENCI, 1977, p.53). Dans le premier des quatre discours du livre, l&#8217;auteur place sous la rubrique <em>pain<\/em> une s\u00e9rie d&#8217;obligations du ma\u00eetre envers son esclave : nourriture, v\u00eatement et soins en cas de maladie.\u00a0 Dans le deuxi\u00e8me discours, l&#8217;argumentation commence par l&#8217;affirmation suivante : \u00ab comme les serviteurs sont des cr\u00e9atures rationnelles, compos\u00e9es de corps et d&#8217;\u00e2me, le ma\u00eetre ne doit pas seulement leur donner le soutien corporel pour que leur corps ne p\u00e9risse pas, mais aussi le spirituel pour que leurs \u00e2mes ne d\u00e9faillent pas \u00bb (BENCI, 1977, p.83). Cela nous permet de percevoir que le mythe affirmant que le clerg\u00e9 catholique d\u00e9fendait la th\u00e9orie selon laquelle les esclaves n&#8217;avaient pas d&#8217;\u00e2me est compl\u00e8tement infond\u00e9. L&#8217;effort du clerg\u00e9 catholique pour cat\u00e9chiser, conform\u00e9ment \u00e0 ses croyances, baptiser, marier sacramentellement et ensevelir les esclaves selon le rite chr\u00e9tien, est une preuve plus que suffisante pour montrer que la position g\u00e9n\u00e9rale au sein du clerg\u00e9 catholique \u00e9tait tout \u00e0 fait oppos\u00e9e. De plus, Benci attire aussi avec v\u00e9h\u00e9mence l&#8217;attention des ma\u00eetres sur leur obligation religieuse envers leurs esclaves.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pens\u00e9e coloniale catholique sur l&#8217;esclavage semble avoir commenc\u00e9 avec Alonso de Sandoval, recteur du coll\u00e8ge j\u00e9suite de Carthag\u00e8ne des Indes (1605-1617). Dans son livre <em>Un trait\u00e9 sur l&#8217;esclavage<\/em>, il pr\u00e9sente une longue \u00e9tude visant \u00e0 la compr\u00e9hension et \u00e0 l&#8217;enseignement des peuples fra\u00eechement arriv\u00e9s d&#8217;Afrique au port de Carthag\u00e8ne. En r\u00e9alit\u00e9, plus qu&#8217;un programme cat\u00e9ch\u00e9tique, Sandoval d\u00e9veloppe une v\u00e9ritable \u00ab sot\u00e9riologie \u00bb des esclaves. Le premier pas de cette \u00ab sot\u00e9riologie \u00bb a \u00e9t\u00e9 de classer tous les Noirs africains et des \u00eeles de l&#8217;oc\u00e9an Indien comme \u00c9thiopiens, qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 associ\u00e9s \u00e0 la descendance de Cham, maudite pour le p\u00e9ch\u00e9 de celui-ci contre son p\u00e8re, No\u00e9. C&#8217;est \u00e0 partir de l\u00e0 que se d\u00e9veloppe la pens\u00e9e de Sandoval, soulignant que, selon Isidore de S\u00e9ville, dans la division du monde, l&#8217;Afrique correspondait aux descendants de Cham. Par cons\u00e9quent, l&#8217;esclavage selon le mod\u00e8le chr\u00e9tien, o\u00f9 les ma\u00eetres assument des fonctions paternelles envers leurs esclaves, repr\u00e9senterait la r\u00e9demption de la mal\u00e9diction de Cham. Cela parce qu&#8217;il repr\u00e9sentait l&#8217;insertion des \u00ab \u00c9thiopiens \u00bb dans le nouveau peuple \u00e9lu : l&#8217;\u00c9glise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 Carthag\u00e8ne des Indes \u00e9galement, a \u0153uvr\u00e9 saint Pierre Claver, qui y a v\u00e9cu et \u00e9vang\u00e9lis\u00e9 pendant presque toute la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVIIe si\u00e8cle. Dans la zone portuaire de la ville, il accueillait, nourrissait et r\u00e9confortait les Africains esclaves qui d\u00e9barquaient, sans compter les d\u00e9penses (SPLENDIANI et ARISTIZABAL, 2002, p.86). Il v\u00e9rifiait leurs connaissances doctrinales pour savoir s&#8217;ils avaient \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s en Afrique et si ce bapt\u00eame \u00e9tait valide<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, cat\u00e9chisait tout le monde et baptisait, parfois \u00ab sous condition \u00bb, les esclaves, en leur mettant au cou une petite m\u00e9daille de plomb, qui portait d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 le visage de J\u00e9sus et de l&#8217;autre celui de Marie, afin de pouvoir reconna\u00eetre ses baptis\u00e9s dans la ville. Dans son proc\u00e8s de b\u00e9atification, il est mentionn\u00e9 qu&#8217;il avait de constants d\u00e9saccords avec les dames de la ville, car il rassemblait les Noirs des rues et des places pour la c\u00e9l\u00e9bration de la messe, malgr\u00e9 la mauvaise odeur qu&#8217;ils d\u00e9gageaient en raison de leurs blessures et des conditions d&#8217;hygi\u00e8ne pr\u00e9caires qui leur \u00e9taient impos\u00e9es (SPLENDIANI et ARISTIZABAL, 2002, p.90 et suiv.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4 Les R\u00e9formes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le terme \u00ab r\u00e9forme \u00bb, bien que son contenu s\u00e9mantique soit peu d\u00e9limit\u00e9, a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 tout au long du Moyen \u00c2ge comme un appel au changement et \u00e0 la correction tant des fid\u00e8les, dans le sens de la conversion et de la saintet\u00e9, que de la correction des probl\u00e8mes de discipline et d&#8217;\u00e9thique au sein du clerg\u00e9 catholique. Dans divers contextes m\u00e9di\u00e9vaux, l&#8217;usage du terme \u00ab r\u00e9forme \u00bb \u00e9tait li\u00e9 \u00e0 la recherche de la purification et de la sanctification au sein de l&#8217;\u00c9glise. Ce n&#8217;est qu&#8217;apr\u00e8s l&#8217;\u00e9mergence et l&#8217;affirmation politique du mouvement luth\u00e9rien que le terme a pris un aspect de rupture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Traditionnellement, le ph\u00e9nom\u00e8ne de l&#8217;\u00e9mergence de la R\u00e9forme protestante est expliqu\u00e9 \u00e0 partir de ses causes internes. Les plus anciennes approches historiographiques situent le foyer explicatif de la R\u00e9forme en Luther et dans les 95 th\u00e8ses publi\u00e9es dans la cath\u00e9drale de Wittenberg. Par la suite, l&#8217;historiographie marxiste a incorpor\u00e9 la vente des indulgences par le clerg\u00e9 allemand, extrapolant le ph\u00e9nom\u00e8ne comme une pratique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du catholicisme, et a transform\u00e9 Luther en une sorte de r\u00e9volutionnaire se lan\u00e7ant contre les structures oppressives du pouvoir financier eccl\u00e9siastique. Dans l&#8217;une comme dans l&#8217;autre perspective, le poids de la rupture retombait enti\u00e8rement sur les d\u00e9viations et les \u00ab abus \u00bb comportementaux du clerg\u00e9 catholique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, pour une meilleure compr\u00e9hension du ph\u00e9nom\u00e8ne, les raisons de l&#8217;\u00e9mergence et de l&#8217;affirmation de la R\u00e9forme doivent \u00eatre pens\u00e9es de mani\u00e8re plus large. Premi\u00e8rement, les \u00ab abus \u00bb du clerg\u00e9 ne sont pas une cause suffisante pour la R\u00e9forme ; apr\u00e8s tout, le mouvement r\u00e9formateur existait d\u00e9j\u00e0 au sein m\u00eame de l&#8217;\u00c9glise depuis le Moyen \u00c2ge et on n&#8217;avait jamais vu de groupes proposer des ruptures de l&#8217;ampleur de celles qui commencent \u00e0 \u00e9merger avec des voix comme Luther et les anabaptistes. De plus, les principales r\u00e9f\u00e9rences aux abus dans les textes des r\u00e9formateurs concernent les pratiques liturgiques et les coutumes catholiques, comme la communion sous une seule esp\u00e8ce, et non les \u00e9ventuelles pratiques priv\u00e9es du clerg\u00e9. De nombreux critiques n&#8217;\u00e9taient pas s\u00e9paratistes, comme \u00c9rasme de Rotterdam, par exemple. Enfin, on peut penser que, quelques ann\u00e9es plus tard, lorsque la R\u00e9forme catholique a corrig\u00e9 une grande partie des \u00e9carts de conduite g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s parmi les clercs, les r\u00e9formateurs n&#8217;ont pas propos\u00e9 de retour (DELUMEAU, 1989, p.59 et suiv.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certainement, les causes les plus profondes de la R\u00e9forme sont li\u00e9es aux angoisses collectives de la fin du Moyen \u00c2ge. La principale d&#8217;entre elles \u00e9tait la mort et le voyage cons\u00e9cutif en enfer. Ce n&#8217;est pas un hasard si les conciles de la fin du Moyen \u00c2ge \u2013 Lyon (1274) et Florence (1438-1445) \u2013 et du d\u00e9but de l&#8217;\u00e8re moderne \u2013 Trente (1545-1563) \u2013 se sont occup\u00e9s de ce point doctrinal. Des ph\u00e9nom\u00e8nes tels que la peste noire, la guerre de Cent Ans, le Grand Schisme d&#8217;Occident, qui a engendr\u00e9 trois hommes pr\u00e9tendant \u00eatre le vrai pape, et la menace des Turcs ottomans, ont \u00e9t\u00e9, en somme, une s\u00e9rie de probl\u00e8mes qui ont \u00e9branl\u00e9 et d\u00e9sorient\u00e9 la conscience de l&#8217;Europ\u00e9en en g\u00e9n\u00e9ral. L&#8217;horreur du p\u00e9ch\u00e9 et la peur de la mort ont \u00e9t\u00e9 quelques-unes des cons\u00e9quences de ce processus, pour lequel la solution pr\u00e9sent\u00e9e par les courants r\u00e9formateurs \u00e9tait plus accessible que le purgatoire catholique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, selon la th\u00e9ologie r\u00e9form\u00e9e, le pessimisme dominant g\u00e9n\u00e9rait une solution simplifi\u00e9e pour le bin\u00f4me p\u00e9ch\u00e9\/enfer : la Gr\u00e2ce issue de la foi, qui \u00e9tait amplement suffisante pour rendre juste l&#8217;homme, en soi intrins\u00e8quement p\u00e9cheur. La nouveaut\u00e9 des r\u00e9formateurs \u00e9tait de proposer une foi individuelle qui sauvait individuellement du p\u00e9ch\u00e9. La cons\u00e9quence de ce postulat \u00e9tait que chaque individu \u00e9tait son propre pr\u00eatre, r\u00e9duisant au minimum l&#8217;eccl\u00e9siologie et supprimant pratiquement les minist\u00e8res ordonn\u00e9s. Comme de nombreux pr\u00eatres menaient une vie condamnable, et que depuis la propagation de la <em>Devotio Moderna<\/em> de nombreux la\u00efcs cherchaient une vie sanctifi\u00e9e, l&#8217;id\u00e9e r\u00e9form\u00e9e d&#8217;un sacerdoce universel n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 difficile \u00e0 propager. De m\u00eame, la lecture du texte biblique, qui \u00e0 cette p\u00e9riode n&#8217;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus rare en dehors du cadre liturgique, devient \u00e9galement une affaire de direction individuelle. Comme le souligne Jean Delumeau (1989, p.78), \u00ab les r\u00e9formateurs n&#8217;ont pas \u2018donn\u00e9\u2019 aux Chr\u00e9tiens les livres saints traduits en langue vulgaire que l&#8217;\u00c9glise leur aurait auparavant refus\u00e9s \u00bb. Ce qui s&#8217;est pass\u00e9, c&#8217;est que la profusion de copies dans des langues autres que le latin a engendr\u00e9 la familiarit\u00e9 et le d\u00e9sir de lire et d&#8217;interpr\u00e9ter les Saintes \u00c9critures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>4.1 Les r\u00e9formes protestantes<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ph\u00e9nom\u00e8ne des r\u00e9formes appel\u00e9es plus tard protestantes n&#8217;a pas commenc\u00e9 avec Luther, mais il en a sans aucun doute \u00e9t\u00e9 le premier grand protagoniste. Le moine augustin Martin Luther, entr\u00e9 dans l&#8217;ordre pour accomplir une promesse faite en danger de mort, devint un moine diligent et scrupuleux. Sa conscience \u00e9tait probablement d\u00e9j\u00e0 tourment\u00e9e par la grande question qui le m\u00e8nerait \u00e0 la rupture avec le catholicisme : la justification de l&#8217;homme. Outre une myriade de critiques comportementales, comme la vente des indulgences pratiqu\u00e9e par une partie du clerg\u00e9 de son propre pays, la grande question de Luther a toujours \u00e9t\u00e9 celle du salut ou de la damnation des \u00e2mes, ce qui \u00e9tait une question courante \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Au fond, les quatre-vingt-quinze th\u00e8ses g\u00e9n\u00e9ralement sur\u00e9valu\u00e9es, publi\u00e9es dans la cath\u00e9drale de Wittenberg, et le voyage \u00e0 Rome ne sont pas au centre de la R\u00e9forme luth\u00e9rienne. Contrairement \u00e0 ce que de nombreux auteurs affirment, Jean Delumeau, se basant sur les propres textes de Luther, dit que \u00ab ce voyage \u00e0 Rome ne semble pas avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant dans l&#8217;\u00e9volution int\u00e9rieure \u00bb du futur r\u00e9formateur (DELUMEAU, 1989, p.86). Quant aux th\u00e8ses qui ont \u00e9t\u00e9 copi\u00e9es et imprim\u00e9es dans toute l&#8217;Europe, il faut noter que, lorsqu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9 \u00e0 leur sujet lors du chapitre des Augustins r\u00e9uni \u00e0 Heidelberg (avril 1518), Luther a accord\u00e9 moins d&#8217;importance \u00e0 la question des indulgences qu&#8217;\u00e0 sa doctrine sur la justification (DELUMEAU, 1989, p.90).\u00a0 La vision de l&#8217;augustin allemand \u00e9tait fortement marqu\u00e9e par une lecture pessimiste de l&#8217;\u0153uvre de saint Augustin, d\u00e9calquant sur l&#8217;\u00eatre humain une totale inefficacit\u00e9 contre le p\u00e9ch\u00e9, celui-ci restant alors \u00e0 la merci de la Gr\u00e2ce divine et rien de plus. Ainsi, irr\u00e9m\u00e9diablement p\u00e9cheur, l&#8217;homme, en tant qu&#8217;individu, n&#8217;avait qu&#8217;une seule solution : la foi individuelle. Selon les propres mots de Luther : \u00ab Le libre arbitre apr\u00e8s la chute n&#8217;est plus qu&#8217;un mot vain ; en faisant ce qui lui est possible, l&#8217;homme p\u00e8che mortellement \u00bb (DELUMEAU, 1989, p.106).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, en persistant dans sa doctrine de la justification possible uniquement par la foi, Luther ouvre la porte \u00e0 d&#8217;autres penseurs pour proposer des doctrines autonomes et \u00e9tablir leurs propres confessions. Et c&#8217;est exactement ce que fit l&#8217;humaniste fran\u00e7ais Jean Calvin. Sur l&#8217;insistance de son p\u00e8re, il se forma d&#8217;abord en droit. Apr\u00e8s la mort de celui-ci, il devient th\u00e9ologien \u00e0 Paris, sans toutefois \u00eatre ordonn\u00e9 pr\u00eatre. Il adh\u00e8re \u00e0 la R\u00e9forme et est pour cela expuls\u00e9 de Paris avec d&#8217;autres huguenots. Il se rend \u00e0 B\u00e2le, puis \u00e0 Gen\u00e8ve, o\u00f9 il s&#8217;\u00e9tablit. Le point de d\u00e9part de la doctrine calviniste fut la publication, en 1536, encore \u00e0 B\u00e2le, de son \u0153uvre <em>Institutio Religionis Christianae<\/em>, o\u00f9 il commence \u00e0 se pr\u00e9senter effectivement comme un r\u00e9formateur. Calvin y suit l&#8217;eccl\u00e9siologie luth\u00e9rienne, enseignant que l&#8217;\u00c9glise est l&#8217;ensemble des \u00e9lus, dont seul Dieu conna\u00eet les noms, \u00e9tant donc essentiellement invisible. Mais dans une \u00e9dition ult\u00e9rieure (1541), il pr\u00e9sentera l&#8217;\u00c9glise visible comme un objet de grande estime et de communion obligatoire. Compte tenu de sa perception d&#8217;une distance incommensurable entre Dieu et l&#8217;homme, il encourage l&#8217;iconoclasme, r\u00e9affirmant que seules les \u00c9critures peuvent offrir un chemin pour conna\u00eetre Dieu. Partageant le pessimisme du r\u00e9formateur de Wittenberg, Calvin \u00e9largit sa r\u00e9flexion en publiant, en 1552, un trait\u00e9 sur la pr\u00e9destination, explorant le postulat selon lequel Dieu accorde sa gr\u00e2ce \u00e0 qui Il le souhaite. Les groupes qui adh\u00e8rent au calvinisme embrassent la pr\u00e9destination, car Dieu choisit \u00e0 qui il donne sa Gr\u00e2ce et qui, par cons\u00e9quent, sera sauv\u00e9. Pour ceux qui n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lus au salut, il ne resterait que l&#8217;enfer. Comme dans cette doctrine, l&#8217;un des moyens de rendre perceptible au monde le groupe des \u00e9lus \u00e9tait de faire fructifier le travail diligent et le comportement aust\u00e8re en richesses, cette croyance \u00e9tait tr\u00e8s attrayante pour les bourgeois \u2013 principalement les financiers \u2013, qui \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme des p\u00e9cheurs par le catholicisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La derni\u00e8re des trois grandes branches de r\u00e9formateurs est l&#8217;anglicane. Le roi Henri VIII \u00e9tait un catholique fervent, ayant m\u00eame \u00e9crit un manifeste contre les erreurs de Luther. Il semble que cette d\u00e9votion ne se soit maintenue que tant que le roi croyait que le pape lui serait toujours favorable. Lorsque le pape Cl\u00e9ment VII refusa la demande d&#8217;annulation du mariage pour laquelle Henri avait demand\u00e9 une dispense \u00e0 Jules II, le roi comprit qu&#8217;il n&#8217;avait pas en Cl\u00e9ment l&#8217;alli\u00e9 inconditionnel dont il avait besoin. Pour lui, un second mariage \u00e9tait n\u00e9cessaire dans la qu\u00eate d&#8217;un h\u00e9ritier m\u00e2le, ce qui \u00e9viterait le retour des guerres et des conflits pour le tr\u00f4ne anglais. De l\u00e0 na\u00eet la rupture de l&#8217;Angleterre, par une loi \u2013 l&#8217;Acte de Supr\u00e9matie (1534) \u2013 sans aucune question th\u00e9ologique ou disciplinaire \u00e0 proposer au catholicisme. Cette r\u00e9forme \u00e9tait simplement une question d&#8217;ob\u00e9issance et de juridiction. Au roi revenait d\u00e9sormais la double juridiction qui avait caus\u00e9 tant de conflits au Moyen \u00c2ge : la temporelle et la religieuse, la mitre et la couronne reposant sur la m\u00eame t\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>4.2 Les \u00c9glises Chr\u00e9tiennes<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En cons\u00e9quence du mouvement r\u00e9formiste initi\u00e9 au XVIe si\u00e8cle, on observe sur la sc\u00e8ne religieuse un approfondissement des ruptures entre les diff\u00e9rentes branches du christianisme. \u00c0 l&#8217;ancienne division entre l&#8217;Orient et l&#8217;Occident, pour laquelle, malgr\u00e9 les tentatives faites \u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge, peu de progr\u00e8s concrets ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s vers une r\u00e9unification, s&#8217;ajoute la fracture de la R\u00e9forme et les multiples divisions collat\u00e9rales \u00e0 la doctrine de la libre interpr\u00e9tation des \u00c9critures. Ce point sp\u00e9cifique, commun \u00e0 la grande majorit\u00e9 des courants doctrinaux, associ\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9mergence de l&#8217;individu comme r\u00e9f\u00e9rence et agent pertinent, a engendr\u00e9 la prolif\u00e9ration et la fragmentation des courants r\u00e9formateurs en une myriade de croyances. Ainsi, au cours des cent ann\u00e9es qui ont suivi les processus fondateurs r\u00e9formistes, les communaut\u00e9s confessionnelles se sont multipli\u00e9es en Europe (JEDIN, 1972, p. 577).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De plus, les identit\u00e9s nationales naissantes se sont associ\u00e9es aux identit\u00e9s religieuses, ce qui a conduit \u00e0 des disputes et des guerres \u00e0 caract\u00e8re religieux, en particulier en France, avec le massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy, lorsque les catholiques ont massacr\u00e9 les protestants \u00e0 Paris, et la guerre de Trente Ans, qui avait, parmi les causes des conflits, des disputes entre catholiques et protestants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La multiplication des d\u00e9nominations \u00e9tait in\u00e9vitable et, dans une certaine mesure, pr\u00e9visible. La libre interpr\u00e9tation des \u00c9critures et une eccl\u00e9siologie qui attribue un r\u00f4le quasi nul \u00e0 l&#8217;\u00c9glise visible devaient in\u00e9vitablement aboutir \u00e0 des dissensions et \u00e0 des dissensions de dissensions. Outre le protestantisme classique de Luther, Calvin et Zwingli, s&#8217;ajoute l&#8217;anglicanisme. Et au sein de celui-ci, les fid\u00e8les d&#8217;influence calviniste, critiques des r\u00e9miniscences catholiques de l&#8217;anglicanisme, lancent le mouvement puritain, qui se d\u00e9ploiera parmi les colonisateurs d&#8217;Am\u00e9rique du Nord et ceux qui, en France, formeront les huguenots. \u00c9galement d\u00e9riv\u00e9s du groupe calviniste, les presbyt\u00e9riens sont apparus, se distinguant par le gouvernement des anciens (presbytres). Toujours d\u00e9riv\u00e9s des anglicans, les baptistes \u00e9mergent des Anglais vivant en Hollande, en 1608, se caract\u00e9risant par la d\u00e9fense de l&#8217;immersion pour le rituel du bapt\u00eame. Au cours des si\u00e8cles suivants, appara\u00eetront les pi\u00e9tistes, les m\u00e9thodistes, les adventistes, les pentec\u00f4tistes, ainsi que de nouvelles s\u00e9parations du catholicisme au XIXe si\u00e8cle : les \u00c9glises vieilles-catholiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>4.3 La R\u00e9forme Catholique<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du c\u00f4t\u00e9 catholique, il existait d\u00e9j\u00e0 un mouvement r\u00e9formiste initi\u00e9 au Moyen \u00c2ge, connu sous le nom de R\u00e9forme gr\u00e9gorienne, en allusion au pape Gr\u00e9goire VII (1073-1085), qui a connu des avanc\u00e9es et des reculs au fil des si\u00e8cles. Cependant, il \u00e9tait urgent que les r\u00e9formateurs obtiennent une r\u00e9ponse. C&#8217;\u00e9tait une demande du clerg\u00e9 catholique et une exigence de l&#8217;empereur Charles Quint. Ce dernier, pr\u00e9occup\u00e9 par la division de son Empire entre catholiques et r\u00e9form\u00e9s, cherchait \u00e0 imposer une solution conciliante qui pr\u00e9serverait l&#8217;unit\u00e9 de ses domaines. C&#8217;est dans cette tension que se c\u00e9l\u00e8bre le Concile de Trente, c\u0153ur de la R\u00e9forme catholique moderne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis la Di\u00e8te de Worms, r\u00e9unie en 1521, au cours de laquelle Luther a r\u00e9affirm\u00e9 sa doctrine sur la justification par la foi en pr\u00e9sence de l&#8217;empereur Charles Quint, la chr\u00e9tient\u00e9 r\u00e9clamait d\u00e9j\u00e0 un concile (ALBERIGO, 1995, p.325). Non seulement en raison de la gravit\u00e9 de la rupture qui mena\u00e7ait de s&#8217;\u00e9tendre, mais certainement aussi sous l&#8217;influence de la doctrine conciliariste, encore en vogue. L&#8217;un des plus grands d\u00e9fenseurs d&#8217;un nouveau concile g\u00e9n\u00e9ral \u00e9tait Luther lui-m\u00eame, bien que probablement pour gagner du temps dans son processus d&#8217;excommunication (JEDIN, 1960, p.99). Le choix de la ville o\u00f9 se tiendrait l&#8217;assembl\u00e9e fut difficile et complexe. Pour les luth\u00e9riens, grands promoteurs de l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un concile r\u00e9formateur, le si\u00e8ge du concile devait \u00eatre en Allemagne, l\u00e0 o\u00f9 le conflit \u00e9tait n\u00e9. Cependant, le temps passait, les papes se succ\u00e9daient, et l&#8217;opposition de Rome \u00e0 sa convocation \u00e9tait \u00e9vidente. Non seulement par aversion pour la doctrine conciliariste dont la proposition \u00e9tait impr\u00e9gn\u00e9e, mais aussi parce que, du moins en partie, une tentative similaire avait \u00e9chou\u00e9 \u00e0 Augsbourg. Le concile n&#8217;a commenc\u00e9 \u00e0 se configurer de mani\u00e8re effective qu&#8217;apr\u00e8s une rencontre entre Charles Quint et le Pape Paul III, qui a eu lieu \u00e0 Rome au printemps 1536.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y eut alors une premi\u00e8re convocation, l&#8217;ann\u00e9e suivante, pour la ville de Mantoue, qui ne fut pas possible en raison de la guerre entre Charles Quint et Fran\u00e7ois Ier et des exigences pos\u00e9es par le duc de Mantoue pour accueillir le concile. En octobre 1537, le concile fut transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Vicence, \u00e9galement sans succ\u00e8s. Lorsque l&#8217;expansion des doctrines r\u00e9form\u00e9es avait beaucoup progress\u00e9 et mena\u00e7ait de p\u00e9n\u00e9trer la p\u00e9ninsule italienne, une action de la part de la Curie romaine devint urgente. Cette action fut la convocation effective du Concile dans la ville de Trente, strat\u00e9giquement situ\u00e9e dans le Tyrol, appartenant encore \u00e0 l&#8217;Empire, mais d&#8217;acc\u00e8s facile pour les pr\u00e9lats italiens. Malgr\u00e9 cela, le Concile se d\u00e9roula dans une p\u00e9riode troubl\u00e9e, entrecoup\u00e9e de guerres qui firent suspendre et reprendre les travaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le d\u00e9but, la divergence entre la Curie et l&#8217;empereur fut claire : tandis que la Curie \u00e9tait int\u00e9ress\u00e9e par la condamnation imm\u00e9diate du luth\u00e9ranisme, l&#8217;empereur d\u00e9sirait la r\u00e9forme de la Curie pour ensuite entamer un dialogue avec le courant r\u00e9form\u00e9 et pr\u00e9server l&#8217;unit\u00e9 confessionnelle de l&#8217;Empire (ALBERIGO, 1995, p.334). La premi\u00e8re des trois \u00e9tapes du Concile (1545-1548) fut la plus importante. Dix sessions y furent c\u00e9l\u00e9br\u00e9es, au cours desquelles furent r\u00e9affirm\u00e9es les sources d&#8217;autorit\u00e9 dans le catholicisme \u2013 \u00c9critures et Tradition \u2013, la doctrine du p\u00e9ch\u00e9 originel, la justification par la foi et par les \u0153uvres, et la validit\u00e9 des sacrements. Dans la deuxi\u00e8me \u00e9tape (1551-1552), o\u00f9 eurent lieu six sessions, furent \u00e9tablis des canons sur l&#8217;eucharistie, la p\u00e9nitence et l&#8217;extr\u00eame-onction. Apr\u00e8s une longue interruption, le Pape Pie IV convoqua une troisi\u00e8me p\u00e9riode (1562-1563), au cours de laquelle neuf autres sessions furent c\u00e9l\u00e9br\u00e9es. Cette derni\u00e8re p\u00e9riode fut marqu\u00e9e par des d\u00e9crets disciplinaires visant \u00e0 une r\u00e9forme de la Curie, encore la cible de vives critiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;un des points centraux du Concile, principalement dans la premi\u00e8re \u00e9tape, fut la question de la justification de l&#8217;homme, th\u00e8me central de la r\u00e9forme luth\u00e9rienne. Pour Charles Quint et ses alli\u00e9s au sein du Concile, la d\u00e9finition catholique devait admettre deux formes alternatives de justification : la foi et les \u0153uvres, qui pouvaient aller de pair ou, de pr\u00e9f\u00e9rence, la foi seule. Ainsi, les nouvelles branches du christianisme se voyaient garantir la croyance en la foi comme moyen de justification, et les catholiques se r\u00e9servaient le droit d&#8217;ajouter les \u0153uvres comme n\u00e9cessaires au salut. L&#8217;action des p\u00e8res j\u00e9suites Diego Laynez, qui succ\u00e9derait \u00e0 Ignace de Loyola \u00e0 la t\u00eate de la Compagnie de J\u00e9sus, et Alfonso Salm\u00e9ron, grand \u00e9rudit et ex\u00e9g\u00e8te, a contribu\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9cisive \u00e0 la distinction doctrinale marqu\u00e9e dans le texte final du concile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Outre cette question centrale, les p\u00e8res conciliaires \u00e0 Trente ont cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir avec la plus grande clart\u00e9 les savoirs et les pratiques li\u00e9s \u00e0 chacun des sacrements. Non seulement parce que ceux-ci \u00e9taient remis en question par le mouvement r\u00e9formateur, mais aussi parce qu&#8217;on consid\u00e9rait que c&#8217;est d&#8217;eux que na\u00eet la v\u00e9ritable saintet\u00e9, et que si celle-ci est perdue, c&#8217;est par eux qu&#8217;on la recouvre ou qu&#8217;on l&#8217;augmente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>4.4 Nouveaux et anciens ordres et congr\u00e9gations<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mouvement \u00e0 caract\u00e8re spirituel qui a \u00e9merg\u00e9 \u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge, connu dans sa totalit\u00e9 sous le nom de <em>Devotio Moderna<\/em>, repose sur l&#8217;\u00e9mergence de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&#8217;individu dans diverses sph\u00e8res de la vie quotidienne, y compris la sph\u00e8re religieuse. Erwin Iserloh, se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge, affirme que<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">(&#8230;) un processus d&#8217;individualisation s&#8217;\u00e9tait mis en marche, qui d\u00e9couvrait le particulier dans l&#8217;universel, et d&#8217;\u00e9normes forces spirituelles, artistiques et religieuses furent lib\u00e9r\u00e9es. En lien avec ce mouvement se trouve l&#8217;\u00e9veil d&#8217;un la\u00efcat conscient de sa responsabilit\u00e9, l&#8217;\u00e9volution des villes et la formation des \u00c9tats nationaux (HUBERT, 1973, p.573)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">indiquant que le m\u00eame facteur est \u00e0 la racine de diff\u00e9rents ph\u00e9nom\u00e8nes. Il s&#8217;agit de l&#8217;\u00e9mergence progressive de l&#8217;individu comme r\u00e9f\u00e9rence, qui aboutit autant au la\u00efcisme croissant sur la sc\u00e8ne religieuse europ\u00e9enne des si\u00e8cles suivants qu&#8217;elle fonde les nouvelles formes de relation avec le divin qui s&#8217;instaurent au sein m\u00eame de l&#8217;\u00c9glise. Si ce n&#8217;est pas en fonction de ce nouveau mod\u00e8le de pi\u00e9t\u00e9, du moins \u00e0 partir de celui-ci, la r\u00e9forme catholique mettra en marche une r\u00e9forme des ordres religieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce qui concerne les r\u00e9formes des ordres religieux, il faut distinguer celle entreprise en Espagne par le cardinal Cisneros, \u00e0 la demande du pape Alexandre VI et avec le soutien de la monarchie catholique. Cette distinction doit \u00eatre faite non seulement pour son importance interne, mais aussi pour les r\u00e9percussions que cette r\u00e9forme aura en Am\u00e9rique, avec l&#8217;arriv\u00e9e de missionnaires d&#8217;ordres d\u00e9j\u00e0 r\u00e9form\u00e9s pour le travail cat\u00e9ch\u00e9tique et missionnaire. Sous l&#8217;influence de Cisneros, les franciscains et les b\u00e9n\u00e9dictins espagnols furent r\u00e9form\u00e9s, revenant \u00e0 la rigueur dans l&#8217;observation de leurs r\u00e8gles, alors perdue. De m\u00eame, sous la direction de sainte Th\u00e9r\u00e8se d&#8217;Avila, les carm\u00e9lites le furent. Pour les fr\u00e8res carmes, c&#8217;est saint Jean de la Croix qui \u00e9tend le m\u00eame esprit r\u00e9formiste. \u00c0 ces mystiques s&#8217;ajoutent saint Jean d&#8217;Avila, l&#8217;ap\u00f4tre de l&#8217;Andalousie, qui pr\u00eachait la r\u00e9forme du clerg\u00e9 et l&#8217;approfondissement spirituel, et saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de J\u00e9sus, auteur des Exercices Spirituels. Curieusement, l&#8217;esprit anti-r\u00e9formiste se faisait \u00e9galement sentir ; il suffit de dire que les quatre saints \u00e0 l&#8217;esprit mystique et r\u00e9formateur ont d\u00fb, d&#8217;une mani\u00e8re ou d&#8217;une autre, avoir affaire \u00e0 l&#8217;Inquisition espagnole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Compagnie de J\u00e9sus a adopt\u00e9 des caract\u00e9ristiques singuli\u00e8res par rapport aux ordres mendiants et aux autres. Parmi celles-ci, la plus distinctive fut l&#8217;instauration du quatri\u00e8me v\u0153u : celui d&#8217;ob\u00e9issance sp\u00e9ciale au pape concernant les missions. De plus, ils n&#8217;habitaient pas dans des monast\u00e8res et ne se fixaient pas en un seul lieu, \u00e9tant fondamentalement des missionnaires d&#8217;inspiration paulinienne. Il suffit de consid\u00e9rer que beaucoup des coll\u00e8ges et missions fond\u00e9s dans les premi\u00e8res ann\u00e9es \u00e9taient d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la m\u00e9moire de saint Paul : Piratininga, Luanda, Goa, etc. Peu apr\u00e8s la fondation, les premi\u00e8res missions furent envoy\u00e9es \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur m\u00eame de l&#8217;Europe, cherchant \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer les catholiques qui avaient migr\u00e9 vers les doctrines r\u00e9form\u00e9es. Peu de temps apr\u00e8s, des missionnaires j\u00e9suites furent envoy\u00e9s pour christianiser les coins les plus recul\u00e9s de la plan\u00e8te : de l&#8217;Am\u00e9rique au Japon. Un grand exemple de missionnaire j\u00e9suite fut saint Fran\u00e7ois Xavier, l&#8217;un des compagnons d&#8217;Ignace de Loyola lors de la fondation de la Compagnie, envoy\u00e9 en Inde et au Japon apr\u00e8s un accord entre les j\u00e9suites et la Couronne portugaise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&#8217;autres ordres furent fond\u00e9s dans cet esprit de r\u00e9forme du clerg\u00e9 r\u00e9gulier : saint Antoine-Marie Zaccaria (1502-1537) fonda les Clercs r\u00e9guliers de Saint-Paul, appel\u00e9s barnabites, d&#8217;apr\u00e8s leur monast\u00e8re de Saint-Barnab\u00e9 ; l&#8217;Ordre des Clercs r\u00e9guliers de Somasque, les somasques, fut fond\u00e9 par saint J\u00e9r\u00f4me Emilien, un la\u00efc consacr\u00e9 qui se d\u00e9dia au soin des orphelins. Saint J\u00e9r\u00f4me \u00e9tait tr\u00e8s proche de saint Ga\u00e9tan de Thiene, qui fonda l&#8217;ordre des th\u00e9atins. Le saint de la joie, saint Philippe N\u00e9ri, fonda une communaut\u00e9 de clercs s\u00e9culiers connue sous le nom de Congr\u00e9gation de l&#8217;Oratoire, ou oratoriens. Certaines femmes cr\u00e9\u00e8rent \u00e9galement des ordres r\u00e9guliers dans ce mouvement, comme sainte Ang\u00e8le Merici (1474-1540), qui fut la fondatrice de la <em>Compagnia delle dimesse di Santa Orsola<\/em> (les ursulines), destin\u00e9e \u00e0 l&#8217;accueil et \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation des jeunes filles abandonn\u00e9es. Il est important de noter que l&#8217;\u00c9tat ne remplissait pas les fonctions de soin, de subsistance et d&#8217;\u00e9ducation des sujets. Il incombait aux institutions caritatives, g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9es aux initiatives du clerg\u00e9 catholique, de jouer ce r\u00f4le.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5<\/strong>\u00a0<strong>La religiosit\u00e9 populaire latino-am\u00e9ricaine<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le terme \u00ab religiosit\u00e9 populaire \u00bb se r\u00e9f\u00e8re en soi aux lectures et interpr\u00e9tations du peuple et \u00e0 la relation que celui-ci \u00e9tablit avec le sacr\u00e9 (NASCIMENTO, 2009, p.119-30). Fr\u00e9quemment, elle se constitue de l&#8217;amalgame de traditions et de croyances d&#8217;origines diverses avec la doctrine et la liturgie catholiques, aboutissant \u00e0 des formes de culte, des croyances et des d\u00e9votions similaires aux catholiques, mais avec des significations d\u00e9plac\u00e9es par les savoirs populaires. Sans l&#8217;ombre d&#8217;un doute, les pratiques religieuses populaires du Portugal et de l&#8217;Espagne, transmises presque toujours par la voie maternelle, ont donn\u00e9 naissance, lors de la rencontre avec les rites locaux am\u00e9rindiens et ceux import\u00e9s d&#8217;Afrique, au catholicisme populaire latino-am\u00e9ricain (DUSSEL, 1983, p.200).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour une meilleure compr\u00e9hension de cette symbiose de formes et de contenus religieux, il faut consid\u00e9rer que, du point de vue de l&#8217;anthropologie culturelle, la religiosit\u00e9 est la mani\u00e8re dont les soci\u00e9t\u00e9s font face \u00e0 l&#8217;inattendu et \u00e0 ce qui \u00e9chappe \u00e0 leur contr\u00f4le \u2013 comme le r\u00e9sultat des r\u00e9coltes, le r\u00e9gime des pluies, les probl\u00e8mes de sant\u00e9 et la mort. Le christianisme, en tant que religion r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, transcende ce premier aspect, mais finit par dialoguer avec lui, dans la mesure o\u00f9 il se propage par la pr\u00e9dication de ses v\u00e9rit\u00e9s. Au fur et \u00e0 mesure qu&#8217;il atteignait des groupes de plus en plus \u00e9loign\u00e9s en termes de mod\u00e8les culturels, le contenu de la pr\u00e9dication passait par des filtres de plus en plus vari\u00e9s et \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 des mani\u00e8res de croire et de voir le monde de plus en plus distinctes du mod\u00e8le jud\u00e9o-europ\u00e9en, d&#8217;o\u00f9 est issu le mod\u00e8le catholique qui arrive \u00e0 l&#8217;\u00e2ge moderne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&#8217;autre part, les missionnaires catholiques, soucieux d&#8217;assurer le salut des moins lettr\u00e9s, ont entrepris d&#8217;\u00e9normes efforts cat\u00e9ch\u00e9tiques. Cependant, dans ce contexte de confrontation religieuse avec les r\u00e9formateurs, le peuple catholique illettr\u00e9 et les peuples sans \u00e9criture ont \u00e9t\u00e9, le plus souvent, sous-\u00e9valu\u00e9s dans leur capacit\u00e9 d&#8217;apprentissage et de compr\u00e9hension doctrinale. Aux XVIe et XVIIe si\u00e8cles, la chr\u00e9tient\u00e9 abondait en cat\u00e9chismes r\u00e9sum\u00e9s pour les enfants, les ignorants, les brutes et tous ceux consid\u00e9r\u00e9s comme ayant une intelligence limit\u00e9e (MU\u00d1OZ, 2006, p.417). Dans chaque partie du globe, il y avait des ignorants et des brutes sp\u00e9cifiques, mais en g\u00e9n\u00e9ral, c&#8217;\u00e9taient les paysans, les pauvres, les Indiens et les Africains, dans ce dernier cas tant ceux qui y vivaient que ceux qui furent amen\u00e9s en Am\u00e9rique et leurs descendants. C&#8217;est au milieu de ce peuple de <em>rudes et brutos<\/em> (ignorants et brutes) qu&#8217;un mod\u00e8le tr\u00e8s particulier de catholicisme va se d\u00e9velopper en Am\u00e9rique latine. Il est possible de consid\u00e9rer que dans ce processus d&#8217;\u00e9vang\u00e9lisation dans des conditions tr\u00e8s sp\u00e9cifiques, c&#8217;est-\u00e0-dire dans un contexte de colonisation et de conqu\u00eate, un catholicisme m\u00e9tiss\u00e9 s&#8217;est construit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le fait est que la culture populaire et sa religiosit\u00e9 ont trouv\u00e9, dans les formes catholiques de culte ou d&#8217;expression de leurs valeurs, des m\u00e9canismes pour rendre viables leurs croyances ancestrales, ainsi que leurs besoins imm\u00e9diats. C&#8217;est pourquoi, avant les derni\u00e8res d\u00e9cennies du XXe si\u00e8cle, il y avait une grande distance entre la d\u00e9votion catholique aux saints et la demande de leur intercession, et la croyance populaire au pouvoir attribu\u00e9 aux saints de faire des miracles, avec des pouvoirs qui leur seraient propres \u2013 pour ne citer qu&#8217;un exemple. De m\u00eame, la doctrine catholique telle qu&#8217;exprim\u00e9e \u00e0 Trente sur les sacrements est tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de l&#8217;interpr\u00e9tation qui en \u00e9tait faite dans les couches les plus populaires \u2013 des ignorants et des brutes \u2013 moins habitu\u00e9es aux concepts th\u00e9ologiques complexes. M\u00eame les confr\u00e9ries de la\u00efcs, lieu du catholicisme non cl\u00e9rical par excellence, \u00e9taient souvent utilis\u00e9es bien plus comme des lieux de visibilit\u00e9 et de statut social que comme des lieux effectifs de culte et d&#8217;adoration (BOSCHI, 1986, p.14).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La popularisation de la doctrine et les mouvements de la\u00efcs encourag\u00e9s par le Concile Vatican II ont eu tendance \u00e0 r\u00e9duire la distance entre ce que l&#8217;\u00c9glise enseigne et ce que croient les personnes les plus engag\u00e9es dans le catholicisme. Cependant, en dehors des cercles strictement catholiques, les croyances impr\u00e9gn\u00e9es de figurations catholiques persistent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<em>Carlos Engemann, <\/em>Br\u00e9sil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>6 R\u00e9f\u00e9rences <\/strong><strong>bibliographiques<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ALBERIGO, Giuseppe (org.). <em>Hist\u00f3ria dos Conc\u00edlios Ecum\u00eanicos<\/em>. S\u00e3o Paulo: Paulus, 1995.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ANDR\u00c9S-GALLEGO, Jos\u00e9. <em>Por qu\u00e9 los jesuitas<\/em>: raz\u00f3n y sinraz\u00f3n de una decisi\u00f3n capital.\u00a0 Disponible sur : <a href=\"http:\/\/www.larramendi.es\/i18n\/consulta\/registro.cmd?id=1221\">www.larramendi.es\/i18n\/consulta\/registro.cmd?id=1221<\/a>. Consult\u00e9 le 6 oct. 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BENCI, Jorge. <em>Economia Crist\u00e3 dos Senhores no Governo dos Escravos<\/em>. S\u00e3o Paulo: Grijalbo, 1977.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BOSCHI, Caio C\u00e9sar. <em>Os leigos e o poder<\/em> \u2013 irmandades leigas e pol\u00edtica colonizadora em Minas Gerais. S\u00e3o Paulo: \u00c1tica, 1986.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CASTELNAU-L\u2019ESTOILE, Charlotte de<em>. Oper\u00e1rios de uma vinha est\u00e9ril<\/em>: os jesu\u00edtas e a convers\u00e3o dos \u00edndios no Brasil 1580-1620. Bauru: Edusc, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">COXITO, Am\u00e2ndio A. Luis de Molina e a escravatura. In: <em>Revista Filos\u00f3fica de Coimbra<\/em>. n.15, p.117-36. 1999.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DELUMEAU, Jean. <em>Nascimento e afirma\u00e7\u00e3o da Reforma<\/em>. S\u00e3o Paulo: Pioneira, 1989.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DIXON, C. Scott.\u00a0<em>Protestants: A History from Wittenberg to Pennsylvania, 1517-1740<\/em>. Oxford: Wiley-Blackwell, 2010.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DUSSEL, Enrique. <em>Historia general de la iglesia en Am\u00e9rica Latina<\/em>: introducci\u00f3n general a la historia de la iglesia en Am\u00e9rica Latina. Tomo I. Salamanca: CEHILA, 1983.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">JEDIN, Hubert. <em>Breve historia de los conc\u00edlios<\/em>. Barcelona: Herder, 1960.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">______ (org.). <em>Manual de Historia de la Iglesia<\/em> \u2013 Reforma, Reforma Cat\u00f3lica y Contrarreforma. v. V. Barcelona: Herder, 1972.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">JOSAPHAT, Carlos. <em>Las Casas, todos os direitos para todos<\/em>. S\u00e3o Paulo: Loyola, 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LOVEJOY, Paul E. <em>Transformations in Slavery<\/em>: a history of slavery in Africa. 3ed. Cambridge: Cambridge University Press, 2011. p. 24-32.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MAHN-LOT, Marianne.\u00a0<em>A conquista da Am\u00e9rica Espanhola<\/em>. Campinas: Papirus, 1990.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MARCOS, Jes\u00fas Varela; SHENEIDER, Cristina Seibert. A Pol\u00edtica Atl\u00e2ntica dos Pa\u00edses Ib\u00e9ricos e o Descobrimento do Brasil. In:\u00a0<em>Revista del Semin\u00e1rio Iberoamericano de Descubrimientos y Cartografia<\/em> \u2013 Semin\u00e1rios Tem\u00e1ticos. Valladolid: Seminario Iberoamericano de Descubrimentos y Cartografia Instituto Interuniversitario de Estudios de Iberoam\u00e9rica y Portugal, 2001.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MARTINEZ, Jos\u00e9 Luis.\u00a0<em>Pasajeros de Indias:<\/em> Viajes trasatl\u00e1nticos en el siglo XVI. Ciudad de M\u00e9xico: Fondo de Cultura Econ\u00f3mica, 1999.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MART\u00cdNEZ-HIDALGO, Jos\u00e9 Maria.<em>\u00a0Las naves del Descubrimiento e sus hombres.<\/em> Madrid: Mapfre, 1991.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MU\u00d1OZ, Miguel Luis L\u00f3pez-Guadalupe<em>. <\/em>Religiosidad institucional y religiosidad popular. In: PE\u00d1A, Antonio Luis Cort\u00e9s (org). <em>Historia del cristianismo<\/em>. v. III &#8211; El mundo moderno. Granada: \u00a0Trotta \u2013 Universidad de Granada, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">NASCIMENTO, Mara Regina do. Religiosidade e cultura popular: catolicismo, irmandades e tradi\u00e7\u00f5es em movimento. In: <em>Revista da Cat\u00f3lica<\/em>. Uberl\u00e2ndia, v.1, n.2. 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">P\u00c9REZ, Demetrio Ramos. Colombo e os seus descobrimentos. In:\u00a0ALBUQUERQUE, Lu\u00eds de (dir.).\u00a0<em>Portugal no Mundo<\/em> \u2013 s\u00e9culos XII-XV. Lisboa: Publica\u00e7\u00f5es Alfa, 1989.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">REIS, Jo\u00e3o Jos\u00e9; SILVA, Eduardo (orgs.). <em>Negocia\u00e7\u00e3o e conflito.<\/em> Rio de Janeiro: Cia. das Letras, 1989.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ROMANO, Ruggiero.\u00a0<em>Os conquistadores da Am\u00e9rica.<\/em> Lisboa: Publica\u00e7\u00f5es D. Quixote, 1972.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SANDOVAL, Alonso. <em>Um Tratado sobre la Esclavitud<\/em>. Madrid: Alianza Editorial, 1987.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SANTOS, Vanicl\u00e9ia Silva. Bexerins e jesu\u00edtas: religi\u00e3o e com\u00e9rcio na costa da Guin\u00e9 (s\u00e9culo XVII). In: <em>M\u00c9TIS: hist\u00f3ria &amp; cultura<\/em>. v.10, n.19, p. 187-213. jan\/jun 2011.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SOARES, Mariza de Carvalho. Descobrindo a Guin\u00e9 no Brasil colonial. In: <em>Revista do Instituto Hist\u00f3rico e Geogr\u00e1fico Brasileiro<\/em>. Rio de Janeiro, n. 161 (407), p.71-94. abr\/jun 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SOUZA, Marina de Mello e. Evangeliza\u00e7\u00e3o e poder na regi\u00e3o do Congo e Angola: a incorpora\u00e7\u00e3o dos crucifixos por alguns chefes centro-africanos, s\u00e9culos XVI e XVII. In: <em>Actas do Congresso Internacional Espa\u00e7o Atl\u00e2ntico de Antigo Regime: poderes e sociedades<\/em>. 2005.\u00a0 Disponible sur : <a href=\"http:\/\/cvc.instituto-camoes.pt\/eaar\/coloquio\/comunicacoes\/marina_mello_souza.pdf\">cvc.instituto-camoes.pt\/eaar\/coloquio\/comunicacoes\/marina_mello_souza.pdf<\/a>. Consult\u00e9 le 15 d\u00e9c. 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SPLENDIANI, A.; ARISTIZABAL, T. <em>Processo de beatificaci\u00f3n y canonizaci\u00f3n de san Pedro Claver<\/em>. Bogot\u00e1: CEJA, 2002.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ZERON, Carlos Alberto de Moura Ribeiro. <em>Linha de f\u00e9<\/em> \u2013 a Companhia de Jesus e a escravid\u00e3o no processo de forma\u00e7\u00e3o da sociedade colonial (Brasil, s\u00e9culos XVI e XVII). S\u00e3o Paulo: EDUSP, 2011.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cette bulle a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par le pape Paul III apr\u00e8s avoir re\u00e7u une lettre du dominicain Juli\u00e1n Garc\u00e9s. Dans cette lettre, l&#8217;\u00e9v\u00eaque de Tlaxcala (aujourd&#8217;hui l&#8217;un des \u00c9tats qui composent le Mexique), d\u00e9nonce l&#8217;extr\u00eame cruaut\u00e9 avec laquelle les conquistadors traitaient les habitants de l&#8217;Am\u00e9rique, sous pr\u00e9texte que ceux-ci ne connaissaient pas la foi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Il \u00e9tait fr\u00e9quent qu&#8217;un bapt\u00eame soit consid\u00e9r\u00e9 comme invalide s&#8217;il n&#8217;avait pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d&#8217;une cat\u00e9ch\u00e8se, de l&#8217;acceptation de la foi et du d\u00e9sir du bapt\u00eame. Au d\u00e9but du XVIIe si\u00e8cle, l&#8217;archev\u00eaque de S\u00e9ville, D. Pedro de Castro y Qui\u00f1ones, a publi\u00e9 une instruction qui est devenue un mod\u00e8le pour la cat\u00e9ch\u00e8se des Africains. Il y recommandait de demander si l&#8217;individu avait suivi la cat\u00e9ch\u00e8se, s&#8217;il l&#8217;avait comprise, s&#8217;il l&#8217;avait accept\u00e9e et s&#8217;il avait d\u00e9sir\u00e9 \u00eatre baptis\u00e9. Claver utilisait cette instruction dans son travail.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sommaire 1 La p\u00e9riode moderne 2 Les d\u00e9couvertes et l&#8217;expansion de la chr\u00e9tient\u00e9 3 L&#8217;\u00e9vang\u00e9lisation des populations non chr\u00e9tiennes 3.1 Les Am\u00e9rindiens 3.2 Les peuples d&#8217;Afrique 3.3 L&#8217;esclavage colonial et le catholicisme 4 Les R\u00e9formes 4.1 Les r\u00e9formes protestantes 4.2 Les \u00c9glises Chr\u00e9tiennes 4.3 La R\u00e9forme catholique 4.4 Nouveaux et anciens ordres et congr\u00e9gations 5 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1131],"tags":[],"class_list":["post-3434","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire-de-la-theologie-et-du-christianisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3434","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3434"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3434\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3435,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3434\/revisions\/3435"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3434"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3434"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3434"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}