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{"id":3256,"date":"2024-06-11T13:15:06","date_gmt":"2024-06-11T16:15:06","guid":{"rendered":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/?p=3256"},"modified":"2024-06-11T13:15:06","modified_gmt":"2024-06-11T16:15:06","slug":"theologie-morale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/?p=3256","title":{"rendered":"Th\u00e9ologie morale"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Sommaire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1 Le\u00e7ons de l&#8217;histoire<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2 \u00c9thique humaine ou morale religieuse?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3 Une double approche de la morale actuelle<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4 L&#8217;urgence d&#8217;une approche scientifique<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5 La qu\u00eate du bien sup\u00e9rieur<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">6 La conscience comme th\u00e8me central<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">7 P\u00e9ch\u00e9 et culpabilit\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">8 Le p\u00e9ch\u00e9 collectif<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">9 R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1 Le\u00e7ons de l&#8217;histoire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne fait aucun doute que la th\u00e9ologie morale a subi une d\u00e9valuation significative dans notre monde contemporain. Beaucoup de personnes, \u00e9duqu\u00e9es dans un environnement chr\u00e9tien, ont cess\u00e9 de croire aux enseignements \u00e9thiques re\u00e7us. Pendant longtemps, cependant, ces enseignements \u00e9thiques ont eu une forte influence parmi les croyants et guidaient la vie concr\u00e8te. Le pouvoir de l&#8217;\u00c9glise d&#8217;interpr\u00e9ter et d&#8217;appliquer ces enseignements \u00e9thiques \u00e0 diff\u00e9rentes situations \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une expression explicite de la volont\u00e9 de Dieu. La promesse de l&#8217;Esprit lui donnait une garantie ferme contre l&#8217;erreur dans ses enseignements. Les fid\u00e8les n&#8217;avaient pas d&#8217;autres alternatives que l&#8217;ob\u00e9issance et la soumission.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si l&#8217;\u00e9tude de la th\u00e9ologie morale a \u00e9t\u00e9 promue dans de bonnes universit\u00e9s, sous l&#8217;enseignement de grands th\u00e9ologiens, il est \u00e9galement vrai que cette discipline n&#8217;a jamais perdu son principal int\u00e9r\u00eat tout au long de l&#8217;histoire, qui \u00e9tait d&#8217;aider les confesseurs dans le minist\u00e8re de la r\u00e9conciliation, qui \u00e9tait son centre. Le pr\u00eatre exprimait le pardon et la mis\u00e9ricorde de Dieu ; cependant, en tant que juge, il \u00e9tait \u00e9galement n\u00e9cessaire qu&#8217;il ait une connaissance exacte de la gravit\u00e9 et de l&#8217;importance de l&#8217;acte commis. La plupart des textes moraux, jusqu&#8217;\u00e0 r\u00e9cemment, \u00e9taient devenus de v\u00e9ritables \u201cp\u00e9com\u00e8tres\u201d, mesurant, avec pr\u00e9cision et imagination, toutes les possibilit\u00e9s (casuistique).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette orientation prioritaire n&#8217;a pas emp\u00each\u00e9, cependant, de nombreuses discussions qui ont eu lieu tout au long de l&#8217;histoire sur des sujets li\u00e9s \u00e0 certaines questions \u00e9thiques. Rappelez-vous simplement, par exemple, les diff\u00e9rentes fa\u00e7ons d&#8217;harmoniser les exigences de la loi avec les d\u00e9cisions de conscience. Les soi-disant <em>syst\u00e8mes moraux<\/em> ne se r\u00e9f\u00e9raient pas, comme il peut sembler, aux grands fondements de la moralit\u00e9, mais aux diff\u00e9rentes proportions d\u00e9fendues entre l&#8217;obligation l\u00e9gale et la libert\u00e9 de chaque personne de d\u00e9terminer son choix dans diff\u00e9rentes circonstances. Bien que les revendications pass\u00e9es puissent sembler d\u00e9pass\u00e9es aujourd&#8217;hui, elles sont sans aucun doute encore suffisamment influentes pour \u00e9viter ou induire une vision plus ou moins rigoureuse (rigorisme).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame avec le noyau fondamental de la moralit\u00e9. C&#8217;est-\u00e0-dire en ce qui concerne ces limites fondamentales qui ne pouvaient jamais \u00eatre d\u00e9pass\u00e9es (loi naturelle). Son existence a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e \u00e0 de nombreuses occasions pour imposer certains comportements. Ce qui appartient \u00e0 ce domaine a une plus grande consistance ; cependant, le risque d&#8217;\u00e9largir ses fronti\u00e8res a n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 une r\u00e9alit\u00e9 historique. La question de savoir jusqu&#8217;o\u00f9 vont ses exigences reste un point moins \u00e9vident. Surtout lorsqu&#8217;on per\u00e7oit que parmi les auteurs classiques, il n&#8217;y a pas de consensus ou d&#8217;h\u00e9g\u00e9monie quant \u00e0 l&#8217;explication.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour \u00e9viter un pluralisme qui pourrait \u00eatre dangereux pour la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale, l&#8217;\u00c9glise a trouv\u00e9 un soutien tr\u00e8s important dans son magist\u00e8re. La diff\u00e9rence classique entre l&#8217;\u00e9thique et la morale a trouv\u00e9 son point de d\u00e9part ici. La moralit\u00e9 avait son origine dans la parole de Dieu que l&#8217;\u00c9glise, avec l&#8217;aide sp\u00e9ciale de l&#8217;Esprit, doit interpr\u00e9ter et imposer avec son autorit\u00e9, selon diverses situations historiques et personnelles. \u00c0 son tour, l&#8217;\u00e9thique \u00e9tait bas\u00e9e sur les exigences de la raison, qui n&#8217;offrait pas de plus grande s\u00e9curit\u00e9, \u00e9tant sujette aux erreurs humaines. Il a m\u00eame \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9 que ses propres conclusions devaient \u00eatre subordonn\u00e9es au contenu de la moralit\u00e9. La philosophie a \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9e pendant longtemps \u00e0 n&#8217;\u00eatre plus qu&#8217;une simple aide \u00e0 la foi. Pas en vain, elle en est venue \u00e0 \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme l&#8217;esclave de la th\u00e9ologie. Il n&#8217;y avait pas d&#8217;autre option que l&#8217;ob\u00e9issance et la soumission, car le remords et la menace de condamnation constituaient une source extraordinairement efficace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par cons\u00e9quent, l&#8217;approche d&#8217;un nouveau probl\u00e8me se pose in\u00e9vitablement. En tant qu&#8217;\u00eatres rationnels, nous devons agir avec une conviction int\u00e9rieure qui justifie le comportement que nous adoptons. Un effort d&#8217;explication rationnelle pour que notre comportement r\u00e9sultant soit sens\u00e9 et compr\u00e9hensible. Mais en tant que croyants, nous ne pouvons pas \u00e9liminer notre dimension transcendante, qui nous fait trouver en Dieu l&#8217;explication fondamentale de notre vie. \u00c9couter et \u00eatre docile \u00e0 sa parole fait \u00e9galement partie de notre horizon \u00e9thique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2 \u00c9thique humaine ou morale religieuse?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le probl\u00e8me m\u00e9thodologique qui \u00e9merge est de savoir quel doit \u00eatre notre point de d\u00e9part. Que nous partions de la raison pour construire une \u00e9thique humaine, raisonnable, valable et universelle pour tous, ou que ce soit la r\u00e9v\u00e9lation qui doit nous garantir, en tant que croyants, la fermet\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 totale de notre conduite. Nous devons \u00e9viter les opinions extr\u00e9mistes, \u00e0 la fois de ceux qui, d&#8217;une part, nient la r\u00e9f\u00e9rence de la foi en d\u00e9fense de l&#8217;autonomie humaine totale, et, d&#8217;autre part, la vision de ceux qui souhaitent recourir uniquement \u00e0 la parole litt\u00e9rale des \u00c9critures. L&#8217;\u00e9thique la\u00efque serait un bon repr\u00e9sentant de la premi\u00e8re option. Elle proclame et d\u00e9fend la coh\u00e9rence humaine des r\u00e8gles et des obligations, sans recourir \u00e0 des justifications externes. Dans la divinit\u00e9 se trouvait la r\u00e9ponse \u00e0 l&#8217;ignorance qui emp\u00eachait de d\u00e9couvrir un fondement rationnel. L&#8217;hypoth\u00e8se d&#8217;un Dieu qui se r\u00e9v\u00e8le ou d&#8217;une \u00e9glise qui enseigne avec autorit\u00e9 est pass\u00e9e au mus\u00e9e de l&#8217;histoire. Le progr\u00e8s scientifique a certifi\u00e9 sa mort d\u00e9finitive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9ponse protestante, en revanche, d\u00e9fend un radicalisme antagonique. Pour le chr\u00e9tien, il n&#8217;y a pas d&#8217;autre option que celle d&#8217;une \u00e9thique purement religieuse. On ne peut agir honn\u00eatement que lorsqu&#8217;on \u00e9coute la parole et qu&#8217;on se laisse diriger par le message de la r\u00e9v\u00e9lation. Toute autre tentative de guider la vie par des valeurs humaines conduit \u00e0 un \u00e9chec complet, car l&#8217;\u00eatre humain n&#8217;a pas la capacit\u00e9 de d\u00e9couvrir le bien \u00e0 partir de lui-m\u00eame. Aucun moraliste ne peut usurper le tr\u00f4ne de Dieu pour d\u00e9terminer ce qui est bon et ce qui est inacceptable, comme s&#8217;il poss\u00e9dait une comp\u00e9tence qui n&#8217;appartient qu&#8217;\u00e0 Dieu. Ensuite, une contradiction manifeste surgit entre les imp\u00e9ratifs \u00e9thiques et les exigences religieuses. Dans l&#8217;horizon religieux, la seule cat\u00e9gorie \u00e9thique existante est celle de l&#8217;absurde, comme la posture intrigante d&#8217;Abraham, qui, pour ob\u00e9ir \u00e0 Dieu, est pr\u00eat \u00e0 sacrifier son propre fils.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je n&#8217;ai pas l&#8217;intention d&#8217;expliquer maintenant les nuances existantes dans les deux positions. Je veux seulement souligner que, dans le catholicisme, une position interm\u00e9diaire a toujours \u00e9t\u00e9 d\u00e9fendue. Les dimensions humaines et religieuses ne sont pas deux r\u00e9alit\u00e9s mutuellement exclusives ou contradictoires. Entre foi et raison, il existe une harmonie compl\u00e9mentaire, sans que l&#8217;une ou l&#8217;autre ne perde sa valeur et son utilit\u00e9. On cherche une \u00e9thique profond\u00e9ment religieuse, surnaturelle et transcendante, mais qui ne cesse pas d&#8217;\u00eatre, en m\u00eame temps, v\u00e9ritablement humaine, rationnelle et compr\u00e9hensible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3 Une double approche de la morale actuelle<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les auteurs catholiques, la similitude de pens\u00e9e sur ce pr\u00e9suppos\u00e9 de base atteint son unanimit\u00e9. Cependant, l&#8217;insistance et l&#8217;accent mis sur chacun d&#8217;eux conduisent \u00e0 une double approche qui soul\u00e8ve des controverses au sein de la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale. Il s&#8217;agit de l&#8217;inclination soit vers une \u00e9thique autonome, qui met plus l&#8217;accent sur la rationalit\u00e9 des contenus \u00e9thiques, soit vers une morale de la foi, qui met plus l&#8217;accent sur les donn\u00e9es de la r\u00e9v\u00e9lation. Le probl\u00e8me n&#8217;est pas seulement une question sp\u00e9culative, mais il devrait nous pr\u00e9occuper en raison de ses implications pastorales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9sum\u00e9, nous pourrions dire que l&#8217;\u00e9thique autonome a plus de confiance dans la capacit\u00e9 de la raison humaine, malgr\u00e9 ses limites et restrictions. Elle cherche \u00e0 rendre les valeurs \u00e9thiques compr\u00e9hensibles dans un monde s\u00e9culier et adulte, qui exige une explication rationnelle pour sa propre conviction. L&#8217;homme de foi sait que cette capacit\u00e9 lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e comme un don de Dieu (<em>autonomie th\u00e9onome<\/em>), cependant, sans d\u00e9truire sa justification ou son autonomie humaine. La morale de la foi manifeste certaines r\u00e9serves sur cette approche, croyant qu&#8217;elle est assez na\u00efve et optimiste, car sans l&#8217;aide de la r\u00e9v\u00e9lation, nous tomberions dans de nombreuses erreurs. Il faut dire que Jean-Paul II \u00e9tait un d\u00e9fenseur enthousiaste de la primaut\u00e9 et de la n\u00e9cessit\u00e9 de la foi sur toute tentative de fondement purement rationnel de la morale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question essentielle est de savoir si la moralit\u00e9 est possible sans l&#8217;aide de la foi, si elle ne nous fournit pas des contenus \u00e9thiques impossibles \u00e0 d\u00e9couvrir sans l&#8217;aide de la r\u00e9v\u00e9lation. En d&#8217;autres termes, il s&#8217;agit de savoir si les valeurs qui nous humanisent peuvent ou non \u00eatre d\u00e9couvertes sans l&#8217;aide du surnaturel. De la d\u00e9cision prise face \u00e0 cette alternative, on peut pr\u00e9voir l&#8217;\u00e9panouissement d&#8217;une moralit\u00e9 sp\u00e9cifiquement chr\u00e9tienne, dont les contenus ne pourront \u00eatre connus d&#8217;une autre perspective. Ou, d&#8217;autre part, on reconna\u00eet que, m\u00eame sans tenir compte de la dimension surnaturelle du croyant, nous pouvons trouver une plateforme commune, patrimoine de tous les \u00eatres humains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les divergences in\u00e9vitables ne sont pas seulement bas\u00e9es sur ces diff\u00e9rents points de vue. Chaque valeur \u00e9thique est un appel que nous ressentons pour nous r\u00e9aliser en tant que personnes. Nous naissons inachev\u00e9s, et il n&#8217;est pas possible d&#8217;atteindre cet objectif (celui de l&#8217;humanisation<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>) en nous laissant emporter par les impulsions primaires que nous \u00e9prouvons. L&#8217;\u00eatre humain, par les renoncements et les compensations qu&#8217;il exp\u00e9rimente dans son \u00e9ducation, a la t\u00e2che de d\u00e9couvrir quelle configuration il souhaite donner \u00e0 tous les \u00e9l\u00e9ments trouv\u00e9s dans sa nature. L&#8217;\u00e9thique n&#8217;est rien d&#8217;autre que le style de vie que chaque personne d\u00e9cide de donner \u00e0 son existence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est int\u00e9ressant de noter que Saint Thomas, en expliquant ce qui constitue une offense \u00e0 Dieu, le fait d&#8217;un point de vue profond\u00e9ment humaniste : &#8220;Dieu n&#8217;est offens\u00e9 par nous que dans la mesure o\u00f9 nous agissons contre notre propre bien&#8221; (Summa Contra Gentiles, III, 122).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4 L&#8217;urgence d&#8217;une approche scientifique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je veux dire que tout ce qui est moralement consid\u00e9r\u00e9 comme inacceptable ou, du point de vue religieux, class\u00e9 comme p\u00e9ch\u00e9, n&#8217;est \u00e9galement pas, du point de vue humain, la meilleure fa\u00e7on de se r\u00e9aliser en tant que personne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout cela signifie qu&#8217;une moralit\u00e9 authentique n&#8217;est pas possible sans \u00eatre bas\u00e9e sur des fondements scientifiques, sinon, nous supposerions la d\u00e9fense d&#8217;une moralit\u00e9 sans fondement. La difficult\u00e9 r\u00e9side dans le fait que la science n&#8217;a pas toujours des conclusions unanimes qui permettent l&#8217;\u00e9valuation du comportement. Le domaine de la bio\u00e9thique est un exemple clair de cette difficult\u00e9. Il est \u00e9galement \u00e0 noter qu&#8217;avec les progr\u00e8s et les nouvelles d\u00e9couvertes de la science, les solutions pr\u00e9c\u00e9demment prises doivent \u00eatre reconsid\u00e9r\u00e9es ou r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9es diff\u00e9remment pour int\u00e9grer les nouvelles possibilit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce contexte, il y a un danger que la moralit\u00e9 devienne un obstacle au progr\u00e8s en condamnant imm\u00e9diatement toute nouvelle possibilit\u00e9 qui ne se conforme pas enti\u00e8rement aux normes et enseignements pr\u00e9c\u00e9dents. Le conflit surgit alors entre la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 une valeur, telle que pr\u00e9sent\u00e9e dans la tradition, et la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 une nouvelle v\u00e9rit\u00e9 qui peut enrichir la perspective pr\u00e9c\u00e9dente. La culture elle-m\u00eame, qui se d\u00e9veloppe au fil du temps, offre diff\u00e9rentes perspectives qui permettent de valoriser toute r\u00e9alit\u00e9. M\u00eame au sein du m\u00eame cadre culturel, comme c&#8217;est le cas de l&#8217;\u00c9glise, des changements significatifs ont eu lieu qui affectent la formulation de l&#8217;\u00e9thique concr\u00e8te. Pendant des si\u00e8cles, le ph\u00e9nom\u00e8ne de l&#8217;esclavage \u00e9tait naturellement accept\u00e9 ; et peu de gens \u00e9taient scandalis\u00e9s par le fait que les h\u00e9r\u00e9tiques \u00e9taient br\u00fbl\u00e9s sur le b\u00fbcher.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, il existe aujourd&#8217;hui une double mani\u00e8re d&#8217;appliquer certains valeurs \u00e9thiques \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Tout ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 en th\u00e9orie comme un principe valable et acceptable ne peut pas \u00eatre appliqu\u00e9 dans des situations concr\u00e8tes. Les valeurs \u00e9videntes et acceptables telles que ne pas mentir, respecter la vie, payer chacun selon ses m\u00e9rites, etc., doivent \u00eatre analys\u00e9es pour v\u00e9rifier s&#8217;il vaut la peine de les respecter dans l&#8217;\u00e9ventualit\u00e9 possible que leur ex\u00e9cution provoque un plus grand mal. La m\u00eame moralit\u00e9 traditionnelle affirme que lorsqu&#8217;une action implique des cons\u00e9quences bonnes et n\u00e9gatives, en cas de perplexit\u00e9, chacun doit choisir le mal qui semble le moindre. Le soi-disant principe du double effet, la loi de la gradualit\u00e9, la distinction entre la coop\u00e9ration formelle et mat\u00e9rielle, et la vertu de l&#8217;\u00e9quit\u00e9 indiquent qu&#8217;une action ne peut \u00eatre jug\u00e9e tant qu&#8217;elle n&#8217;est pas sp\u00e9cifiquement consid\u00e9r\u00e9e comment elle est concr\u00e8tement r\u00e9alis\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5 La qu\u00eate d&#8217;un bien sup\u00e9rieur<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous devons donc d\u00e9couvrir quelle est la valeur la plus \u00e9lev\u00e9e que nous devons rechercher et placer au-dessus de tout. Ou si, pour \u00e9viter des cons\u00e9quences n\u00e9gatives pires, nous devons opter pour l&#8217;\u00e9limination de quelque bien. Cette moralit\u00e9 concr\u00e8te est recherch\u00e9e aujourd&#8217;hui par une double voie, par une argumentation d\u00e9ontologique ou par un raisonnement t\u00e9l\u00e9ologique. La diff\u00e9rence entre les deux positions peut \u00eatre r\u00e9sum\u00e9e comme suit. Une th\u00e9orie normative sera d\u00e9ontologique lorsque la moralit\u00e9 d&#8217;un comportement donn\u00e9 est d\u00e9duite par l&#8217;analyse de sa nature, sans donner d&#8217;importance aux cons\u00e9quences ou aux effets n\u00e9gatifs qui peuvent r\u00e9sulter de ce comportement (d\u00e9ontologie). Une th\u00e9orie normative dans la dimension t\u00e9l\u00e9ologique, en revanche, m\u00eame si elle consid\u00e8re \u00e9galement la nature de l&#8217;action, n&#8217;ose pas la valoriser sans d&#8217;abord consid\u00e9rer les cons\u00e9quences qu&#8217;elle peut produire (t\u00e9l\u00e9ologie).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne me semble pas que cette derni\u00e8re perspective, \u00e0 laquelle la plupart des moralistes actuels s&#8217;inclinent, soit contraire aux enseignements fondamentaux de l&#8217;\u00c9glise, bien que la doctrine officielle critique bon nombre de ses formulations. Je ne pense pas non plus qu&#8217;avec cette approche nous entrions dans une moralit\u00e9 de pure efficacit\u00e9 ou de b\u00e9n\u00e9fices imm\u00e9diats. L&#8217;existence des soi-disant actions intrins\u00e8quement p\u00e9cheresses n&#8217;est \u00e9galement pas ni\u00e9e lorsqu&#8217;il n&#8217;existe aucune raison ou motif qui pourrait justifier leur non-observation. Cependant, il est vrai qu&#8217;elles ne co\u00efncident pas toujours dans la m\u00eame \u00e9valuation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>6 La conscience comme th\u00e8me central<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 partir de sa compr\u00e9hension comme le <em>nucleus secretissimus atque sacrarium hominis, in quo solus est cum Deo<\/em> (Saint Augustin), le Concile Vatican II d\u00e9finit la doctrine de la conscience : \u201cAu fond de sa conscience, l&#8217;homme d\u00e9couvre une loi qu&#8217;il ne s&#8217;est pas donn\u00e9e \u00e0 lui-m\u00eame, mais \u00e0 laquelle il doit ob\u00e9ir. Cette voix, toujours en train de l&#8217;appeler \u00e0 aimer et \u00e0 faire le bien et \u00e0 \u00e9viter le mal, retentit dans son c\u0153ur au moment opportun. Car l&#8217;homme a dans son c\u0153ur une loi \u00e9crite par Dieu ; ob\u00e9ir \u00e0 elle est la dignit\u00e9 m\u00eame de l&#8217;homme ; c&#8217;est selon elle qu&#8217;il sera jug\u00e9. La conscience est le centre le plus secret et le sanctuaire d&#8217;un homme. L\u00e0, il est seul avec Dieu, dont la voix r\u00e9sonne dans ses profondeurs. Par la conscience, de mani\u00e8re merveilleuse, cette loi se fait conna\u00eetre qui s&#8217;accomplit dans l&#8217;amour de Dieu et du prochain\u201d (<em>Gaudium et spes<\/em>, n. 16).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Appel\u00e9 \u00e0 la communion avec Dieu, l&#8217;\u00eatre humain est en \u00e9coute continue de sa Parole et la conserve dans son c\u0153ur (Jer 17,1 ; 31,31-34 ; Ez 14,1-5 ; 36,26), dont le seul habitant est Dieu (Jer 11,20). L&#8217;\u00c9vangile de J\u00e9sus, doux et humble de c\u0153ur (Mt 11,28-30), germe dans la partie la plus intime de la personne (Mt 13,19). De ce noyau jaillissent les paroles, attitudes et comportements humains (Mc 7,18-23). L&#8217;ap\u00f4tre Paul interpr\u00e8te la tradition s\u00e9mitique du c\u0153ur et la traduit dans la notion grecque de conscience (<em>syneidesis<\/em>) comme expression intime de la nouvelle cr\u00e9ature et de son existence en Christ (Hb 9,12).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La cl\u00e9 de compr\u00e9hension de la morale chr\u00e9tienne est le discernement (<em>dokim\u00e1zein<\/em>) : la capacit\u00e9 de prendre, dans une situation donn\u00e9e, la d\u00e9cision morale conforme \u00e0 l&#8217;\u00c9vangile et avec connaissance des implications de l&#8217;histoire du salut. Le discernement pointe vers le caract\u00e8re pneumatologique de la conscience. Le contenu primaire du discernement chr\u00e9tien est la volont\u00e9 de Dieu en J\u00e9sus-Christ (Rom 12,2 ; Eph 5,17). Le discernement est l&#8217;exercice m\u00eame de la conscience ; c&#8217;est la conscience morale adulte en action (Hb 5,14). L&#8217;\u00c9glise se pr\u00e9sente comme une communaut\u00e9 de <em>discernement<\/em> : \u201cafin que vous puissiez discerner ce qui est meilleur ou ce qui est bon, ce qui est plus important ou ce qui pla\u00eet le plus \u00e0 Dieu\u201d (Rom 2,18 ; 12,2 ; Phil 1,10 ; Eph 5,10). Cette perspective est le fondement du <em>sensus fidelium<\/em>. \u201cLes la\u00efcs doivent avoir une conscience toujours plus claire non seulement d&#8217;appartenir \u00e0 l&#8217;\u00c9glise mais d&#8217;\u00eatre l&#8217;\u00c9glise&#8221; (Cat\u00e9chisme de l&#8217;\u00c9glise catholique n. 899). Chaque baptis\u00e9 a le droit, en vertu de sa connaissance, comp\u00e9tence et reconnaissance, d&#8217;exprimer \u00e0 la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale son opinion sur ce qui concerne le bien de l&#8217;\u00c9glise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La libert\u00e9 de conscience a le dernier mot en ce qui concerne les prescriptions morales concr\u00e8tes de l&#8217;\u00c9glise. Chaque fid\u00e8le, en se laissant interpeller par sa conscience, par la Parole de Dieu et par la Tradition, est appel\u00e9 \u00e0 faire le choix \u00e9thique de mani\u00e8re responsable. Nul ne peut \u00eatre contraint d&#8217;agir contre sa propre conscience, m\u00eame en mati\u00e8re de religion (Code de droit canonique, 748, 2) : \u201cLa conscience est le premier de tous les vicaires du Christ\u201d (Cat\u00e9chisme de l&#8217;\u00c9glise catholique, 1778 &#8211; citation du Cardinal Newman). La d\u00e9cision personnelle acquiert donc une importance extraordinaire (d\u00e9cision morale). Seule sa propre (conscience) a le dernier et d\u00e9finitif mot pour la moralit\u00e9 de nos actions, sans oublier la validit\u00e9 et l&#8217;obligatorit\u00e9 des normes \u00e9thiques (norme morale).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut dire que, pour le l\u00e9galiste, la r\u00e8gle conserve toujours sa validit\u00e9 comme le chemin le plus s\u00fbr pour \u00e9viter les erreurs. L&#8217;antinomiste, au contraire, annule sa validit\u00e9 afin de suivre les dictats de sa d\u00e9cision personnelle (\u00e9thique situationnelle). La personne mature, cependant, accepte, d&#8217;une part, l&#8217;obligatorit\u00e9 des exigences \u00e9thiques mais sait aussi les relativiser lorsqu&#8217;elle est confront\u00e9e \u00e0 d&#8217;autres valeurs importantes, \u00e0 condition que ces actions ne soient pas consid\u00e9r\u00e9es comme intrins\u00e8quement p\u00e9cheresses, comme nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 dit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette vision personnaliste de la conscience int\u00e8gre harmonieusement la dialectique entre les dimensions objectives et subjectives de la morale, sans tomber dans les extr\u00eames d&#8217;une morale l\u00e9galiste ou d&#8217;une \u00e9thique subjectiviste. Une p\u00e9dagogie de la morale devrait consister \u00e0 \u00e9veiller des consciences libres et responsables, toujours guid\u00e9es par l&#8217;appel ou l&#8217;appel \u00e0 un plus grand bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>7 P\u00e9ch\u00e9 et culpabilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme cela s&#8217;est \u00e9galement produit avec d&#8217;autres questions, l&#8217;image du p\u00e9ch\u00e9 a subi un changement profond dans notre soci\u00e9t\u00e9. L&#8217;\u00c9glise elle-m\u00eame, dans certains de ses documents, a exprim\u00e9 sa pr\u00e9occupation. Ici aussi, il y a de nombreux facteurs qui ont caus\u00e9 cette situation, comme l&#8217;a soulign\u00e9 le Pape Jean-Paul II dans l&#8217;Exhortation Apostolique sur la R\u00e9conciliation et la P\u00e9nitence. Je cite bri\u00e8vement trois aspects que je consid\u00e8re importants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier, sans aucun doute, est la perte de la vision surnaturelle. Ce qui est terrible dans un accident ne r\u00e9side pas dans le fait que la voiture ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite, mais dans la vie perdue parmi ses d\u00e9bris. Le p\u00e9ch\u00e9 n&#8217;est pas simplement enfreindre une loi ou ne pas remplir une obligation, mais il implique la rupture d&#8217;une amiti\u00e9 avec le Dieu qui nous sauve. Lorsque cette dimension transcendante s&#8217;estompe, comme c&#8217;est le cas dans nos soci\u00e9t\u00e9s s\u00e9cularis\u00e9es, l&#8217;image du p\u00e9ch\u00e9 dispara\u00eet \u00e9galement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Beaucoup de gens ne veulent pas reconna\u00eetre leur propre culpabilit\u00e9, comme si c&#8217;\u00e9tait une d\u00e9cision qui en d\u00e9coule. L&#8217;erreur et l&#8217;\u00e9quivoque font partie de notre patrimoine, comme une cons\u00e9quence in\u00e9vitable de notre finitude. La faute, cependant, n&#8217;est pas due \u00e0 la libert\u00e9 de celui qui agit ainsi, mais elle constitue un \u00e9chec pour lequel personne ne peut se sentir responsable. C&#8217;est un \u00e9v\u00e9nement qui nous laisse boulevers\u00e9s et bless\u00e9s, qui nous \u00e9meut, car il affecte les fibres les plus intimes de la personnalit\u00e9, mais sur l&#8217;\u00eatre humain, m\u00eame s&#8217;il commet le mal, aucune condamnation accusatoire ne peut \u00eatre lanc\u00e9e. Personne ne choisit quelque chose contre lui-m\u00eame, et par cons\u00e9quent, lorsqu&#8217;il rejette Dieu ou refuse une valeur \u00e9thique, c&#8217;est parce qu&#8217;il a trouv\u00e9 une autre attraction pour laquelle il se sent in\u00e9vitablement s\u00e9duit sans autre possibilit\u00e9 de choix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que cela puisse para\u00eetre \u00e9trange, une preuve \u00e9vidente de notre libert\u00e9 n&#8217;est pas facile. Celui qui insiste pour la nier verra, derri\u00e8re chaque choix, un monde de certaines exp\u00e9riences, pressions, souvenirs, int\u00e9r\u00eats, attentes, etc., qui inclinent la balance d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 de mani\u00e8re in\u00e9vitable. L&#8217;hypoth\u00e8se de son existence, cependant, n&#8217;est pas un fait antiscientifique. Les multiples m\u00e9canismes qui la menacent ne d\u00e9truisent pas n\u00e9cessairement la capacit\u00e9 de base d&#8217;autod\u00e9termination. Cependant, nous ne devrions pas la d\u00e9fendre avec une na\u00efvet\u00e9 excessive. Il y a de nombreux facteurs qui la conditionnent, bien qu&#8217;ils ne l&#8217;\u00e9liminent pas. Il est possible que, parfois, nous voulions et ne puissions pas, mais plus fr\u00e9quemment, c&#8217;est la situation dans laquelle nous pouvons et ne voulons pas. La libert\u00e9 est \u00e9galement une r\u00e9alisation que chaque personne doit r\u00e9aliser avec son effort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est logique que la personne qui n&#8217;a pas voulu r\u00e9pondre \u00e0 l&#8217;appel d&#8217;une valeur qui le d\u00e9shumanise, ou en tant que croyant se trouve ferm\u00e9 \u00e0 l&#8217;amiti\u00e9 avec Dieu, ressente un certain inconfort interne. L&#8217;\u00e9chec d&#8217;un projet humain ou religieux, bien que non absolu et d\u00e9finitif, doit produire certaines r\u00e9actions internes qui ne nous laissent pas calmes et immuables, comme si rien ne s&#8217;\u00e9tait pass\u00e9. La culpabilit\u00e9, comme la douleur ou la fi\u00e8vre dans les m\u00e9canismes biologiques, nous fait ressentir le dysfonctionnement de la personne et le d\u00e9sir d&#8217;une gu\u00e9rison efficace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sentiment de culpabilit\u00e9 pourrait \u00eatre caus\u00e9 par diff\u00e9rents facteurs. Un sentiment d&#8217;angoisse par peur de la perte, ou par peur d&#8217;une punition. Ce qui fait mal, ce n&#8217;est pas le mal fait, mais les mauvaises cons\u00e9quences qui en r\u00e9sultent. \u00c0 d&#8217;autres occasions, c&#8217;est la blessure caus\u00e9e par son propre narcissisme. C&#8217;est un fait qui d\u00e9truit le Moi id\u00e9al, qui humilie et corrode, avec un remords qui devient un compagnon constant de la marche. Lorsque, dans sa nature la plus profonde, il est enracin\u00e9 dans la honte d&#8217;avoir attent\u00e9 \u00e0 mon propre bien, caus\u00e9 du tort aux autres et, surtout, rompu mon amiti\u00e9 avec Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>8 Le p\u00e9ch\u00e9 collectif<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le concept de p\u00e9ch\u00e9 a toujours \u00e9t\u00e9 analys\u00e9 d&#8217;un point de vue trop individualiste. L&#8217;important \u00e9tait de ne pas se sentir coupable de la performance individuelle. Si, malgr\u00e9 son honn\u00eatet\u00e9, le p\u00e9ch\u00e9 existe toujours, une telle situation sera alors le produit d&#8217;autres personnes collaborant avec le mal existant. Une telle approche devient compl\u00e8tement incompr\u00e9hensible dans notre culture actuelle, dans laquelle la dimension politique a une pertinence extraordinaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Concile Vatican II, dans la Constitution sur l&#8217;\u00c9glise dans le monde moderne, avait d\u00e9j\u00e0 clairement expos\u00e9 cette approche : &#8220;La profonde et rapide transformation de la vie exige avec une grande urgence que personne, par indiff\u00e9rence face \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 ou par pure inertie, ne se conforme \u00e0 une \u00e9thique purement individualiste&#8221; (n1 30). Le p\u00e9ch\u00e9 collectif est une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9vidente, comme l&#8217;ont soulign\u00e9 les \u00e9v\u00eaques latino-am\u00e9ricains dans les assembl\u00e9es de Medell\u00edn et Puebla.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9flexion fondamentale pourrait se concentrer autour de cette question de base : quelle devrait \u00eatre l&#8217;attitude \u00e9thique et chr\u00e9tienne de la personne consciente de son engagement, face aux injustices et p\u00e9ch\u00e9s sociaux qui ne d\u00e9pendent pas d&#8217;elle et qu&#8217;elle ne pourra pas \u00e9liminer ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em style=\"text-align: justify;\">Eduardo Lopez Azpitarte, SJ<\/em> &#8211; Facultad Teologica de Granada, Espagne. Texte original en espagnol. Traduction : Jos\u00e9 Sebasti\u00e3o Gon\u00e7alves<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>9 R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aa.Vv. Que tout soit pour l&#8217;\u00e9dification (1 Cor, 14,25). Lire le magist\u00e8re et la tradition. <em>Sal Terrae<\/em>, v.97, p.781-879. 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BRACKLEY, D. Tendances actuelles de la Th\u00e9ologie morale en Am\u00e9rique Latine. <em>Revista Latinoamericana de Teolog\u00eda<\/em>, v.19, p.95-120. 2002.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">BARCEL\u00d3, Eduardo Bonn\u00edn. P\u00e9ch\u00e9 social et structures de p\u00e9ch\u00e9 dans la Th\u00e9ologie latino-am\u00e9ricaine. <em>Efem\u00e9rides Mexicana<\/em>, v.23, p.41-9. 2005.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">DEMMER, Klaus. <em>Introduction \u00e0 la th\u00e9ologie morale<\/em>. 2e \u00e9d. S\u00e3o Paulo : Loyola, 2007.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GUARDINI, Romano. <em>La conscience<\/em>. 4e \u00e9d. Brescia : Morcelliana, 1977.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">JOSAPHAT, C. Tous seront th\u00e9odidactes (Jo 6,45) : docilit\u00e9 \u00e0 l&#8217;esprit, authenticit\u00e9 de la conscience. <em>Perspectiva Teol\u00f3gica<\/em>, v.44, p.373-98. 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">JUNGES, Jos\u00e9 Roque. <em>\u00c9v\u00e9nement Christ et action humaine<\/em> : th\u00e8mes fondamentaux d&#8217;\u00e9thique th\u00e9ologique. S\u00e3o Leopoldo : UNISINOS, 2001.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u00d3PEZ AZPITARTE, E. <em>Vers une nouvelle vision de l&#8217;\u00e9thique chr\u00e9tienne<\/em>. Santander : Sal Terrae, 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">______. D\u00e9fis pour le renouveau de la morale catholique. <em>Revista Iberoamericana de Teolog\u00eda<\/em>, v.4, p.65-93. 2008.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">______. Conflits \u00e9thiques et magist\u00e8re de l&#8217;\u00c9glise. <em>Perspectiva Teol\u00f3gica<\/em>, v.44, p.353-72. 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">______. <em>Fondation de l&#8217;\u00e9thique chr\u00e9tienne<\/em>. S\u00e3o Paulo : Paulus, 1995.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LONERGAN, Bernard J. F. <em>La formation de la conscience<\/em>. Brescia : La Scuola, 2010.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MART\u00cdNEZ, J. L. ; CAMA\u00d1O, J. M. <em>Moral fondamentale<\/em>. Bases th\u00e9ologiques pour le discernement \u00e9thique. Santander : Sal Terrae, 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MIER, S. D\u00e9fis et espoirs pour une th\u00e9ologie morale depuis l&#8217;Am\u00e9rique Latine. <em>Revista Iberoamericana de Teolog\u00eda<\/em>, n.4, p.85-98. 2007.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">MU\u00d1OZ, J. Contributions de la th\u00e9ologie de la lib\u00e9ration \u00e0 la r\u00e9flexion sur l&#8217;exp\u00e9rience du p\u00e9ch\u00e9. <em>Theologica Xaveriana<\/em>, n.52 p.277-90. 2002.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">SESBO\u00dcE, B. <em>Le magist\u00e8re \u00e0 l&#8217;examen<\/em>. Autorit\u00e9, v\u00e9rit\u00e9 et magist\u00e8re dans l&#8217;\u00c9glise. Bilbao : Mensajero, 2004.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">______. Magist\u00e8re et conscience. <em>Perspectiva Teol\u00f3gica<\/em>, n.44, p.399-413. 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">THEVENOT, Xavier. <em>Compter sur Dieu<\/em> : \u00e9tudes de th\u00e9ologie morale. S\u00e3o Paulo : Loyola, 2008.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">TRIGO, T. <em>Le d\u00e9bat sur la sp\u00e9cificit\u00e9 de la morale chr\u00e9tienne<\/em>. Pampelune : Eunsa, 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">VALADIER, Paul. <em>\u00c9loge de la conscience<\/em>. S\u00e3o Leopoldo : Unisinos, 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">______. La condition chr\u00e9tienne : <em>dans le monde sans \u00eatre du monde<\/em>. Santander : Sal Terrae, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">VIDAL, M. <em>Orientations \u00e9thiques pour des temps incertains<\/em>. Bilbao : Descl\u00e9e De Brouwer, 2007.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">______. <em>Nouvelle Nouvelle Morale Fondamentale<\/em>. Le foyer th\u00e9ologique de l&#8217;\u00e9thique. Madrid : Perpetuo Socorro, 2014. (Trad. port : <em>Nouvelle morale fondamentale<\/em> : le foyer th\u00e9ologique de l&#8217;\u00e9thique. S\u00e3o Paulo : Paulinas\/Santu\u00e1rio, 2003.)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">VITALI, D. Universitas fidelium in credendo falli nequit (LG 12). Le &#8216;sensus fidelium&#8217; au Concile Vatican II. <em>Gregorianum<\/em>, v.86, p.607-28. 2005.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">ZUCCARO, Cataldo. <em>Christologie et morale<\/em> : histoire, interpr\u00e9tation, perspectives. S\u00e3o Paulo : Ave Maria, 2007.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00c9lucidation du traducteur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sommaire 1 Le\u00e7ons de l&#8217;histoire 2 \u00c9thique humaine ou morale religieuse? 3 Une double approche de la morale actuelle 4 L&#8217;urgence d&#8217;une approche scientifique 5 La qu\u00eate du bien sup\u00e9rieur 6 La conscience comme th\u00e8me central 7 P\u00e9ch\u00e9 et culpabilit\u00e9 8 Le p\u00e9ch\u00e9 collectif 9 R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques 1 Le\u00e7ons de l&#8217;histoire Il ne fait aucun [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1129],"tags":[],"class_list":["post-3256","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-theologie-moraleethique-theologique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3256","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3256"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3256\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3257,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3256\/revisions\/3257"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3256"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3256"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/teologicalatinoamericana.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3256"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}